Un président pour 18% seulement des Français, est-ce bien raisonnable ?

On sait bien ce que valent les sondages, c’est-à-dire pas grand chose. Mais tout de même, si un échantillon « représentatif » de plus de 2000 personnes révèle pour 82 % d’entre eux qu’une personne est impopulaire, il y a tout de même de fortes chances et de bonnes raisons pour qu’elle le soit vraiment. S’agissant d’un président de la république, c’est ahurissant. Inoui. Et en tous cas jamais vu chez nous.

image facebook
image facebook

Voilà un président qui réussit le quasi prodige de déplaire non seulement à son opposition, ce qui est après tout sa raison d’être, mais encore et surtout à ceux qui l’ont porté aux nues et du moins sur son siège, dont ils peuvent être certains qu’il fera tout pour y rester. Ce rejet, cette défiance massifs  posent à présent la question de sa légitimité.

Dans le monde réel, comme on dit aujourd’hui, celui du commerce, de la finance et de l’industrie jusque dans les partis eux-mêmes, un président peut être « débarqué » du jour au lendemain. Notre Vème République est bonne fille, qui peut s’encombrer des années durant d’un chef aussi mal accepté par une population que de toute façon il méprise, dans un pays qu’il s’acharne à ruiner. Rien n’est plus réel sans doute que son pouvoir. Et c’est bien ce que son choix de gouvernement nous laisse entendre. Mais rien n’est plus réelle non plus que la défiance dont il fait l’objet et le souhait des Français qu’il s’en aille. Vite. Et de son plein gré.

 

Remaniements, élections  : fabriquer l'opinion publique

Chomsky-Noam-La-Fabrique-De-L-opinion-Publique-La-Politique-Economique-Des-Medias-Americains-Livre-896243336_MLJe n’ai jamais cru aux sondages. Ils sont le plus souvent orientés, ce qui les prive de toute valeur. Réaliser un sondage, c’est en premier lieu définir les questions qui seront posées au « panel », mais surtout la façon dont elles seront posées. C’est cela, qui oriente.

Quand on sait qui est à l’origine d’un sondage, on connaît déjà le présupposé du résultat attendu.

Ainsi celui de Paris Match pour le premier ministrable. L’Ifop nous donne M. Valls gagnant. Mais pour quels Français ? Quels sont ceux (et celles) qui ont été consultés, et de quelle façon ?

Je ne peux croire que, sur un panel équitable, cet homme un peu trop fougueux soit le premier de la liste. Quels étaient donc ses concurrents ? A-t-on seulement évoqué la possibilité que le Premier Ministre vienne d’un autre camp ? Non, sans aucun doute. Il ne s’agit là encore que d’une manœuvre diversive sinon dilatoire, car nul ne sait après tout si et surtout quand il y aura remaniement.

Avec les Municipales puis les Européennes, les sondages ne sont pas près de manquer. Et les partis qui veulent croire au succès de leurs champions sont près à en payer le prix, qui n’est pas négligeable.
A Paris, Mme Hidalgo serait déjà donnée gagnante et le Vème arrondissement acquis pour elle. Mais qu’en sait-on ? Il se dit même que l’actuelle adjointe au Maire ne négligerait pas les moyens dont elle dispose déjà pour pousser sa campagne.

On voudrait semble-t-il nous faire croire que les Parisiens, que les Français n’ont pas encore compris d’où viennent tant de mensonges en politique ? Qu’ils ignorent tout de cette idéologie dominante qui pousse ceux qui la suivent, et pas seulement quand ils gouvernent, à exclure puis à éliminer tous ceux qui n’y croient pas ? Les exemples en sont chaque jour plus nombreux.

Loin de toutes les spéculations en vogue, dans le silence de l’isoloir, il leur reste encore, aux Français, le choix de leur votes. Et ce n’est pas forcément celui qu’ils avouent aux sondeurs, ne leur en déplaise. C’est en préparant le bulletin secret qu’il glissera dans l’urne que le citoyen responsable exprimera alors vraiment son opinion.

Un sondage qui n'est pas "gay" pour ceux qui dénoncent un triste mariage

Atlantico, ce n’est tout de même pas médiapart. On l’a étiquetteté « de droite » d’emblée, parce qu’il avait à l’origine un souffle « différent ». Peut-être est-ce d’ailleurs encore le cas. Pour ma part, je trouve qu’on y fait un peu trop dans le « people ». Mais n’est-ce pas devenu la seule manière d’attirer l’attention.

Entrée par le perron, Frigide Barjot a été priée de sortir par une porte dérobée...
Entrée par le perron, Frigide Barjot a été priée de sortir par une porte dérobée…

Si l’on en juge par la tenue extravagante de l’égérie de notre « combat », de son entrée hier à l’Elysée, mais surtout de sa sortie (par une porte dérobée) et du peu de temps qui lui fut consacré par rapport à la belle demoiselle qui devait lui succéder….. on peut se poser la question.

Quand Atlantico nous annonce, comme aujourd’hui, qu’un sondage de sa demande à l’IFOP donne 63%  de Français favorables au mariage homosexuel, je frémis. (pas tant que les généalogistes sans doute !) Ma vieille culture gréco-latine en a le poil tout hérissé. Car enfin, de quoi s’agit-il vraiment, sinon de droits ? Mais qu’on leur accordent, ces droits, à ceux qui, dans leur marge, les revendiquent. Point n’est besoin de toucher à celui de la famille et de la filiation, que diable ! Jamais, à Athènes ou à Rome, aux pires périodes de décadence et de barbarie, on a vu pareille chose !

La décadence de l’Occident est un sujet récurrent depuis près d’un siècle, celui de la barbarie qui vient – qui est presque déjà là- est seulement un peu plus récent. J’ai porté une pancarte, lors de la « Manif pour tous », on pouvait y lire : « Je sais d’où je viens, mais je me demande où l’on va ». Je ne  suis d’ailleurs pas sûre de me le demander vraiment. La réponse est dans la question.

Européens : le bonheur dans la bulle

522px-Pieter_de_Hooch_-_Cardplayers_in_a_Sunlit_Room
Peter de Hooch, Joueurs de cartes

87 % des Européens avouent qu’ils sont heureux. C’est ce que  signale un de ces sondages dont notre opinion est friande. Les Belges, pourtant divisés,  le reconnaissent même à 94 %. Cela ressemble à une bonne nouvelle, en ces temps toujours incertains qu’agite quotidiennement l’annonce des maux du monde. Même si la notion de « bonheur », à l’échelle de ce baromètre, semble confirmer qu’il n’a rien d’éthéré et qu’il se confine plutôt dans la satisfaction de besoins souvent très matériels et de désirs plutôt concrets.

Sans doute n’est-il pas  neutre, ce sondage lancé par une marque de boisson , mais il souligne,  assez curieusement, que les jeunes (15-19 ans) sont plus heureux (96 %) que les vieux. Curieusement, parce qu’à cet âge où l’on se cherche sans nécessairement se trouver, la vie est souvent pesante, l’avenir flou,  les amours incertaines et les boutons désespérants. Du moins était-ce ainsi de mon temps où l’on ne vivait pas encore coincé dans sa « bulle », lié en permanence, avec ou sans fil,   à nos parents, amis et autres « réseaux sociaux ».

L’argent et ce qu’on peut en faire garde pour beaucoup un aspect fascinant, et le gain au Loto un rêve récurrent, même si l’amour et la famille  représentent pour la plupart  la condition première d’un bonheur qu’ils possèdent ou espèrent trouver. Si un grand nombre ne reste pas indifférent aux misères du monde,  ce que prouve une générosité  rarement prise en défaut, c’est le plus souvent sur leur propre cocon et leur épanouissement personnel, que se fixe leur attention.

Le bonheur se définit de tant de manières qu’il semble improbable à mesurer. Celles et ceux qui ont échappé à un quelconque massacre, une catastrophe, un accident, une maladie et que l’on qualifie le plus souvent de rescapés – pour ne pas dire miraculés- ceux-là vivent d’abord plus intensément que les autres, en mode aigü, le « bonheur » d’être tout simplement en vie. Cela n’est pas forcément durable, comme en témoigne le syndrome du survivant dont ils sortent souvent affectés.

Nos pays d’Europe sont libres,  accueillants, paisibles et agréables à vivre pour la plus grande partie de leurs ressortissants. La majorité d’entre eux, tous âges confondus, y coulent des jours  heureux bien abrités dans leurs cocons. A cet égard les Bulgares, Européens depuis trois ans, se montrent un peu plus exigeants : ils considèrent significativement  que le bonheur passe par la découverte (les voyages) et le don de soi (bénévolat). Voilà qui est plutôt réjouissant. Mais qu’en sera-t-il dans dix ans, et même avant ?

Pour autant nous leurrons pas : ce sondage  n’a d’autre  finalité que d’étudier plus en amont les parts d’un gigantesque marché où le partage est surtout fondé sur celui des boissons que l’on consomme, où, comment et avec qui.  Et pour la célèbre marque, d’en imposer.

Violence et destruction, immuables et diaboliques adversaires des Hommes de Bonne Volonté

Ce dimanche des Rameaux, les églises étaient pleines de paroissiens – et qu’importe qu’ils fussent seulement  de passage- venus écouter cet éprouvant récit de la Passion de Jésus-Christ par lequel commence la Semaine Sainte.  Une triste semaine où s’affichent et se réitèrent depuis deux mille ans  les constantes de notre Humanité, dans toutes les nuances qui  peuvent la mener du zèle  au reniement et à  la pire violence qui soit : le supplice et la mort.

Ce même dimanche, des casseurs patentés sèment  dans et autour de  Strasbourg la terreur et la  destruction, avec la dernière lâcheté,  cachés sous des capuchons et autres tenues de combat qu’ils s’empressent d’abandonner dans les buissons pour reprendre en fuyant l’allure d‘étudiants qu’ils n’ont probablement jamais été. Il est vrai que l’anomie ne peut engendrer ni  douceur ni autre consensus que celui de détruire, par tous les moyens, tout ce qui justifie pourtant la vie des autres. On finit pourtant par se demander si l’anomie n’est pas en train , pour près de la moitié des Français encouragés peut-être par l’attitude de certains leaders d’opinion, de devenir la norme : ils comprennent la violence (en temps de crise) et  approuvent la séquestration de patrons et de dirigeants nous dit un récent sondage.

Au Rwanda,  lundi, on « commémore », avec  les radios françaises  en première ligne, (avant la grève d’aujourd’hui pour nos antennes nationales) le sinistre génocide causé voici 15 ans dans ce  pays par un groupe humain sur un autre, diaboliquement exterminé. Les plaies de tels massacres ne sont, ne seront jamais refermées. La liste en est aussi longue que l’histoire de l’humanité.

Le même jour, 6 avril, la Terre se met à trembler si près de chez nous, en Italie, ce qu’elle fait couramment partout, mais qui devient une véritable tragédie humaine quand les fractures  se produisent dans les lieux habités. Ce ne sont pas les hommes qui créent ce genre de malheurs qui les dépassent.  Les Anciens  vouaient aux Dieux ce dont la Nature seule est la cause. Aujourd’hui encore certains se demandent pourtant si….le Diable s’en est réjoui.

Triste semaine pour ceux qui croient en Dieu et attendent ce troisième jour ou Christ est ressuscité, après être descendu aux Enfers pour nous livrer la Bonne Nouvelle de l’Espérance.

Ne pas se lasser d’espérer qu’enfin, un jour,  règne Sa Paix.

Sondages: la France comme elle est, moitié pour, moitié contre

Le Président Sarközy (de Nagy-Bocsa) a parlé. Les sondeurs on enquêté. C’est une des constantes de notre mode de vie. Le portrait que nous renvoie le dernier sondage (Opinion-way pour le Figaro) est plutôt rassurant : au fond, les Français parlent tous de la même chose, quelles que soient leurs opinions. Ou plutôt, les choix qu’on leur propose en les sondant ne reflètent jamais rien d’autre que les préoccupation des sondeurs, objet de leur contrat. C’est dire qu’on leur laisse assez peu de liberté, aux sondés !

Enfin, une bonne nouvelle : les Français, j’en suis, semblent avoir majoritairement compris la nécessité de la Réforme. C’est plutôt bon signe…. pour l’avenir de leurs enfants. Car il faudra bien sûr attendre. Il faut toujours savoir attendre. D’abord semer. Regarder pousser et, enfin, récolter. Ah, cette impatience ( des medias) à vouloir toujours cueillir ce qui n’a pas encore fleuri !

Il en est un peu de Sarko comme de Badinguet, haï par Victor Hugo puis de nos républiques. Mais nous n’avons plus de Victor Hugo. Et si nos écrivains s’exilent, ce n’est plus que par goût d’ailleurs.

Tout cela est « un peu court », et heureusement on en revient : Napoléon III a donné à la France, avec autorité, une de ses plus prospère périodes, et créé ce qui fut alors sa modernité et qui fait aujourd’hui une grande partie du charme qu’elle conserve (Garnier, Eiffel, Haussmann, Vichy, Compiègne, etc…). Il produisit avant la naissance d’Emile Durkheim, une Extinction du paupérisme qui préfigure les oeuvres à venir en matière de sociologie, tout en écrivant un certain nombre d’ouvrages sérieux.

Il voyait loin, Napoléon III, le tant décrié, et bien au-delà de Sedan. Victor Hugo quitta son exil anglais de Guernesey après 19 ans. Napoleon III faillit bien le croiser, et il y demeure encore : après 135 ans à Farnborough, il faudrait peut être songer à l’en ramener.

Nul ne sait encore ce que sera la France dans quatre ans, mais son Président sait, lui, ce qu’il fera. Les Français auront quatre ans de plus, un paquet de retraités sur les bras, de nouveaux soucis, de nouveaux besoins, de nouvelles attentes. De nouveaux espoirs. Probablement toujours les mêmes. Il leur faut toujours un moment, pour mesurer le temps perdu.