Le ciel sous la tête avec Marc Dugain

Sept histoires d’hommes (et de femmes) d’aujourd’hui, qui nous livrent, non sans humour, le triste constat que Marc Dugain fait de notre monde et, en sept couleurs,  de  façons d’y vivre : en retrait, en phase, en décalage, en opposition, en ville, en province, (en France et ailleurs) et presque toujours, au bout du compte, seul.

Nuages sur la Dordogne
Nuages sur la Dordogne

Se mettre « dans la peau de » est le privilège de tout créateur, même si c’est la sienne.  Le bilan que nous en  livre ici cet auteur inspiré n’en est que plus réjouissant : au moins n’est-il dupe de rien, ni surtout de lui-même.

Le voilà bien, ce monde où nous vivons, qui a balancé au vent de la modernité ce qui longtemps lui donnait sens : réserve, pudeur, lenteur, patience et longueur de temps, en toutes choses. Mais le monde, tel qu’on le voit à cinquante ans prend toujours la couleur d’un bilan qu’à soixante, on a rangé dans un tiroir pour profiter, si on le peut, du temps qui reste.

C’est bien ce que je fais d’ailleurs, et ce genre de lecture contribue à mon bien-être et à mon bonheur de lecteur : on passe là un bon moment tout en se disant que, peut-être, de plus jeunes le liront et sauront voir, entre les lignes, l’inanité de ce que souvent ils vénèrent, à commencer par l’image ou la représentation  de comportements que l’air du temps les a contraints à adopter.

Tout cela n’est, au fond guère optimiste et ne saurait faire oublier toute  la gamme de nuances qui pour nous viennent se glisser entre les sept couleurs de cet arc en ciel. Celles de nos vies souvent ordinaires,  remplies de diversité, d’amour, de tendresse, de partage, de joies, de peines mais pas forcément de grandeur, de réussite ou de succès.

Associations : tant de richesse humaine à partager

Je ne parlerai pas ici de ces grandes enseignes, réputées d’utilité publique qui jouent pour la plupart un rôle considérable à tous les échelons de notre société, mais de celles, bien plus modestes, qui regroupent très localement des gens de tous âges et de tous horizons qui,  sans elles,  ne se seraient jamais rencontrés.

L’isolement, la solitude ne sont pas que des marronniers de l’info, mais bien une question permanente à laquelle chacun de nous  est un jour confronté.

Il n’est pourtant pas un village en France, pas  un quartier, qui ne dispose au moins d’un  lieu de rencontres et de groupes d’activités. On trouve dans le sport, la musique, le patrimoine, la religion, la tradition, le voyage, l’art culinaire, le jardinage, les beaux-arts et les belles lettres autant de sujets d’intérêt et,  chaque fois,  des gens à rencontrer.

Cela ne s’est pas fait sans rien, mais par l’initiative de quelques-uns qui souvent se démènent pour lancer un projet, le financer, le mettre en place, l’accompagner. L’offre abonde aujourd’hui, même au fond des campagnes, de  manifestations très variées, montées par toutes ces associations. La concurrence est rude,  et l’effort requis par leurs acteurs pour chaque mise en oeuvre  pas toujours récompensé à hauteur du travail fourni. Mais qu’importe à la fin : ce qui compte, et ce qu’en retiennent les membres n’est au fond que ce qui  les a, pour un temps, rassemblés.

Je tiens à saluer ici, et c’est le seul objet de ce billet, tous ceux qui fidèlement, depuis parfois bien des années, participent, adhèrent à ces associations de créateurs bénévoles qui soutiennent, animent et encouragent autant de projets,  pour tant de joie et de richesse humaine  à partager.