« C'est une révolte ? Non Sire, c'est une Révolution ! »

Une du Front National, journal communiste, le 9 mai 1945

C’est peut-être ainsi, en effet, qu’il faut envisager ce raz-de-marée extrémiste dont je doute pour ma part qu’il soit totalement à droite comme le rêvent nos medias et ceux qui les dirigent. Ce Front national, dont l’emblème fut aussi celui des Communistes de la Libération a recueilli depuis quarante ans toutes les voix de ceux qui ont, à juste titre, le sentiment de n’avoir jamais été entendus, sinon écoutés.

Le mépris dans lequel ce parti et ses membres ont été tenus depuis sa création justifierait à lui seul le succès qu’ils remportent aujourd’hui. S’il était en quoi ce se soit illégal, que n’a-t-il été interdit ?

J’imagine aujourd’hui la joie ressentie par son créateur, face au succès remporté par sa lignée ! Quel chemin parcouru !

Nos dirigeants actuels ont semble-t-il « TOUT FAIT » pour asseoir ce « premier parti de France » qui compte néanmoins si peu d’élus. Ils se sont donnés beaucoup de mal, avec l’aide, il est vrai particulièrement efficace, de medias totalement asservis, de sondages élaborés. Mais c’est quand même par leur mépris profond et global de toute une population, de son quotidien, de son histoire, de ses idées et de ses croyances qu’ils en ont fait aujourd’hui ce qu’il est.

L’heure est grave pour tous ceux qui vont bientôt perdre postes ou prébendes. Elle l’est aussi pour ceux qui pensent que ce parti novice n’est sans doute pas, pour la France, la solution. Il y a chez nous des volontés et des compétences plus mesurées sans doute et qui auraient déjà fait leurs preuves si l’opposition d’alors devenu pouvoir aujourd’hui ne les avait, comme il n’a jamais cessé de le faire, traînées dans la boue comme en justice, sans qu’aucune de ses plaintes n’ait jamais été avérée ni aboutie.

Pour les auteurs de cette Révolution , il s’agit à présent d’y penser. C’est aussi de leur propre avenir qu’il s’agit.

La Dette, le taux d'emprunt Bas et le Patrimoine de la France

Hôtel des Monnaies, Paris
Hôtel des Monnaies, Paris

Nous allons célébrer ce dimanche encore, toutes portes ouvertes, la grandeur, la beauté et aussi la profusion du patrimoine de notre si belle France. Il est partout notre patrimoine, riche de TOUT ce que la nature nous a donné, mais aussi de tout ce que nos ancêtres en ont fait, de ce qu’ils ont conçu, édifié, construit, fabriqué, entretenu, et conservé des années et des siècles durant, du sacré au profane en passant par la recherche, l’industrie, l’agriculture, l’horticulture, l’art et l’artisanat.

N’oublions pas le commerce, ni surtout la phynance, sans qui rien de tout cela n’eût été possible. Car la beauté n’a pas de prix.

Ils le savent bien, tous ces financiers qui sans compter prêtent à la France quasiment tout ce qu’elle veut, et toujours à taux très bas, comme s’en réjouissait hier encore, ravi, notre président de service.

Ils ont beau jeu de nous prêter sans limite, sachant tout ce que « nous » valons. Ils pourront toujours, le cas échéant, se « servir sur la bête » comme on dit vulgairement : car elle est belle, la bête, et riche encore de tout ce que d’aucuns n’hésiteraient pas à vendre, comme c’est le cas depuis longtemps déjà et pas seulement de certains biens devenus jadis nationaux que notre Etat s’empresse aujourd’hui de céder au plus offrant.

Rien d’étonnant, donc, à ce que notre dette puisse s’alourdir sans fin : la France, avec son inestimable patrimoine présente au monde la plus pérenne des garanties. Même si une grande partie d’entre elles se trouve déjà en des mains étrangères, il en reste tant d’autres que « notre » politique d’endettement n’est pas près de changer….puisqu’elle permet à nos gouvernants de continuer malgré tout à gaver le peuple avec l’argent qu’il prennent dans la poche des autres,  qui ne sont pas (encore) assez nombreux pour les faire tomber. Mais qui le seront bientôt.

La révolution n’est pas pour demain, mais elle est peut-être en train.

L’Histoire en série-télé : retour en beauté sur le Passé, composeur d’identité

Muraille de Chine (Empereur Qin)
Muraille de Chine (Empereur Qin)

J’ai beaucoup, souvent, voyagé en Chine. Il m’est arrivé, certains soirs, d’y regarder la télévision. Chinoise, bien sûr. On pouvait y suivre, par séries successives, l’histoire de la Chine dans ce qu’elle avait de plus impérial, cotoyant, comme en piqûre de rappel, celle de sa Révolution, dans ce qu’elle eut de moins délétère. J’avais été frappée alors,  cela fait tout juste dix ans, par la fierté nationale dont avaient témoignés devant moi de jeunes et brillants cadres chinois -diplômés d’universités étrangères, anglaises ou américaines-, vis à vis de leur pays à qui ils accordaient d’emblée tous les succès.

C’était à Shanghaï, où l’on venait d’inaugurer le nouvel Opéra réalisé par un architecte français. Ils s’acharnaient à prétendre que l’architecte était chinois. Je n’ai pas insisté plus longuement, lassée par leurs certitudes  et pressée par mon emploi du temps. C’est seulement  après coup- devant un autre épisode de la même série TV- que j’ai constaté combien est insidieux le spectacle (didactique) qu’un Etat veut donner de lui même  au plus grand nombre de ses ressortissants, mais parfois même au monde entier, pour forger, ou réincarner, leur identité.

Notre télévision nationale revient depuis quelque temps sur le sujet de notre Histoire avec la série « Ce jour-là, tout a changé » commencée par celle, bien menée,  de l’assassinat d’Henri IV.

Versailles
Versailles

Cette Nuit de Varennes, montrée l’autre soir, avait tout de même de quoi surprendre les spectateurs ignorants des travaux récents ou limités, pour les plus âgés,  aux leçons d’histoire déjà fort anciennes de leur lointaine jeunesse.

Qu’il était donc avenant, ce jeune Roi de trente quatre ans, pétri de culture et de modernité, d’amour pour son pays,  (pour sa femme aussi, ce que l’on savait, qui n’était même pas infidèle, ce dont on nous a longtemps fait douter), qui avait encouragé et soutenu la révolution américaine et qui ne rêvait que de science, de découvertes et de paix ! Qu’il était loin de ce portrait infâme de lâche goûlu, aboulique, apathique et quasiment obèse qu’on nous en avait si longtemps dressé !

Au moins aura-t-on pris la peine, ici, de s’inspirer des travaux d’un historien sérieux qui a pris le temps (pas moins de sept ans et près de mille pages) pour établir une biographie minutieuse du souverain tant décrié dans nos livres d’histoire et finalement martyr de la  Terreur.

Il nous aura fallu deux cents ans  pour convenir que Louis XVI et sa famille ne méritaient peut-être  pas leur sort. C’est bien long pour une Terreur qui ne dura, et heureusement,  que deux terribles années, et nous marqua du sceau indélébile de peuple révolutionnaire, libérateur mais aussi régicide. Il en a fallu moins de vingt aux Russes,  écrasés pendant soixante dix ans sous le joug soviétique et totalitaire,  pour réhabiliter leur famille impériale  si proche, dans le fond et la forme, de ce que fut notre famille Capet.

On ne parvient jamais très longtemps à « faire du passé table rase ». Il forge nos identités,  autant que nos différences et toutes nos contradictions.