Indécence publicitaire et corruption des esprits : ING et les parrains

En ces temps de crise que la plupart des banques ont générée, mais dont elle ne cessent pourtant de tirer largement profit, la vergogne n’est pas de saison. Sans doute la plupart d’entre elles ont-elles perdu un grand nombre de leurs clients, ce qui justifie sans doute l’assaut publicitaire dont nous sommes victimes, et assurément à nos frais. Mais enfin, c’est la loi du marché. Nul n’est forcé d’y souscrire.

S’il paraît donc « normal » que la plupart des grandes enseignes bancaires matraquent les écrans de spots publicitaires, elles épargnent au moins leurs propres clients, qui les fuieraient, peut-être, s’ils étaient submergés de ces courriers « adressés » que n’arrête  plus la désormais légale mention « pas de publicité » qui soulageait  nos boîtes à lettres la plupart de ces encombrants.

No comment

Ce n’est pas le cas d’ING, dont on a pu craindre l’an passé qu’elle ne coule, à l’instar d’un Lehman Brothers et autres créateurs de fonds suspects,  dans une crise qui, rappelons-le, était dès 2007 largement prévue.

Voilà une banque qui, malgré (ou à cause) de ce qu’elle a subi, met en jeu un budget assez considérable pour inonder ses propres clients, traités comme de vulgaires prospects, d’invitations infâmes à « parrainer » de nouveau clients.

Certes, cela n’est pas nouveau, la pratique est courante et il y a longtemps que cette banque procède de la sorte. Mais était-il pour autant indispensable d’en appeler à l’image corruptrice de « parrains » mafieux ?

Ne serait-ce pas plutôt l’annonce des risques que cette banque  envisage de faire courir à ses clients…. et une invite à en changer ?

Certains banquiers n’ont décidément rien compris. Le client est roi… de son choix.

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La fin rêvée du cauchemar publicitaire ?

J’avais signé il y a quelques mois une pétition contre la publicité à Radio-France. Il était je crois question d’insérer des « spots » sur France-Culture et, pour certains, dont je suis, de s’y opposer.  Il semble que le débat se soit largement inversé, eu égard à l’enjeu financier, la rente, devrais-je dire, que la pub représente, tant pour ceux qui la vendent que pour ceux qui la font.

La publicité a pour premier rôle (par définition), celui de : rendre public, c’est-à-dire faire connaître à tout un chacun ce qu’il devrait savoir. C’est dire combien elle est utile. Et combien nécessaire. Pour autant….

Ceux qui ont adoré comme moi le film de Joseph Mankiewicz  A letter to three Wives (Chaînes conjugales), auront présent à l’esprit cette scène remarquable où Kirk Douglas, dans l’impressionnante tirade du professeur de lettres qu’il incarne, traduit avec une conviction sans faille la pensée de l’auteur et sa vision, si pertinente, du rôle à venir de la publicité, alors naissante sur les ondes, de sa dérive probable et de ses conséquences. Il ne s’agissait pourtant alors que d’une dérisoire débilité, une imagerie (radiophonique) du Rêve américain fondé en premier lieu sur l’accessible jouissance d’une généreuse prospérité.

Las, les années cinquante sont désormais bien loin, et la publicité d’alors n’a depuis longtemps plus grand chose à voir avec ce qu’elle fut. Otage d’un marketing aussi agressif que notre société elle-même (on peut d’ailleurs se demander, à l’instar de Christophe Colomb, qui, de l’oeuf ou de la poule, a commencé en ce domaine) elle en a envahi toutes les sphères et tous les horizons. Jusqu’à l’insupportable.

NO PUB
NO PUB

Passe encore pour les quelques (rares) spots parfois cocasses à première vue,  lassants dès la seconde  puis définitivement odieux à la troisième. Passe encore pour les quelques images parfois acceptables, quand elles sont encore réelles.  Passe encore pour les  minutes,  puis quarts d’heure d’attente que les écrans publicitaires rognent sur un horaire rarement respecté.

Mais non, et définitivement non à la hideur de toutes ces  images de synthèses, économiquement très rentables pour les concepteurs, où l’horreur le dispute à la vulgarité, à l’ignorance et à la violence. Non au gavage des pauvres et des enfants, tous clients du pire, par défaut.

Allons, Messieurs les parlementaires, encore un effort. Libérez-nous de ce mal inutile qui ronge les plus démunis d’entre nous, ceux qui n’ont pas, pas encore, définitivement TOURNé LE BOUTON.