Grippe : pandemonium d’une pandémie

Voilà le monde en « état d’urgence » et nos medias plus que jamais hystériques, repus de recompter les « cas ». 236 dans le monde entier, à l’heure où j’écris.  Je ne peux m’empêcher de penser à tous ceux qui, chaque jour que Dieu fait, décèdent de causes diverses : sur 62  millions chaque année, près de la moitié (36 millions), meurent de faim. Mais pour ceux-là, où  est l’Etat d’urgence ?

On peine à  imaginer ce que serait une pandémie déclarée de peste,  de choléra ou de quoi que ce soit d’incurable et vraiment mortel. Sans doute est-il toujours trop tôt pour mourir, mais n’y a-t-il pas quelque indécence à faire ainsi résonner les tambours quand on ne cesse de nous affirmer qu’il ne faut surtout pas « paniquer », puisque ce mal, cette « grippe » se traite aisément ?

Dans tous les cas, ce seront toujours les plus pauvres, les plus éloignés des soins qui en pâtiront. Pas ceux qui en réchapperont ou, pire, en tirent déjà profit.

Le chemin de l’Enfer (économique) passe au-dessus des bonnes intentions

Etre trop riche en France n’est plus une sinécure depuis que Nicolas Fouquet commit l’insigne injure d’étaler ses richesses devant son Roi exsangue. Il en fut bien puni, mais cela ne changea guère le sort de tous les pauvres qui en France, en ce temps-là, étaient légions. Ce n’est plus, même aujourd’hui,  tout-à-fait le cas.

Si l’on veut bien exclure ici (la parenthèse mériterait bien davantage que ce simple billet) l’argent indigne de tous ces trafics divers et variés qui échappent encore au contrôle de presque tous les Etats,  pour ne s’en tenir qu’à celui que génère l’Economie aujourd’hui chancelante, (on lui a tant reproché d’être horrible) il y a tout de même lieu de s’interroger sur le comportement apparent d’un très grand nombre de Français qu’indignent à juste titre des profits scandaleux de certains mais qui donnent généreusement aux Jeux de  l’Etat qu’ils conspuent bien plus encore que ce qui lui rapporte les fortunes qu’ils rêvent pourtant d’atteindre et que de toute évidence ils envient.

Gagner sa vie est dans la plupart des cas le souci de chacun, même si un nombre croissant de gens espèrent le faire facilement et sans trop d’effort. Avoir un emploi est encore, de ce point de vue,  le premier sinon le seul moyen de le faire. Encore faut-il qu’il y en ait un.

Sauver les entreprises qui restent, encourager celles à venir et former de nouvelles compétences  me semble donc,  de ce point de vue,  la plus positive des démarches entreprises par un certain nombre d’Etats, dont le nôtre. Le bouclier fiscal en fait partie, qui limite la pression sur les créateurs, communément considérés aujourd’hui comme fournisseurs d’emplois.

Mais le quasi lynchage médiatique auxquels sont livrés aujourd’hui un grand nombre d’entrepreneurs risque à terme de les détourner de chez nous. Leur imposer en outre, et  par la loi,  une morale qui n’a déjà  plus cours ailleurs, ne palliera pas ce manque à gagner.  On ne peut à la fois tendre la carotte ET le bâton. L’argent des affaires, du travail, de l’emploi lui,  circule. Il pourrait aussi bien aller circuler ailleurs. Il y a d’autres paradis pour les entrepreneurs.  Les bonnes intentions ne sauraient seules paver ces chemins-là.

Ecrire libre pour le plaisir ou pour le profit…. des autres ?

écrire.......
écrire.......

J’écris depuis toujours. Cela m’a même, longtemps,  permis de vivre. C’était donc par nécessité, même si j’y prenais parfois, et même le plus souvent, le plaisir de le faire bien. Maintenant, je n’écris plus que  par plaisir, ou par cette autre forme de nécessité que m’impose les flux convergents de mon âme, mon coeur et mon cerveau. Parce que je vis et pense ; je crois d’ailleurs que je commence à penser avant de vivre. C’est ainsi. La vie de mon temps m’interroge, me questionne, me harcèle et me dérange. J’aime étrangement la Beauté, la fraîcheur, la candeur, pour ne pas citer l’Innocence.  Autant dire que je ne suis plus de ce monde si empreint de conflits, de rejets, d’intérêts,  de laideur. Mais pareil à ce qu’il fut, en somme, de toute éternité. L’Homme est entre Dieu et Diable, libre d’aller de l’un à l’autre ou même nulle part ailleurs qu’en lui-même. S’il le veut. Je serais tentée de dire : s’il le peut.

Notre esprit seul peut être vraiment libre, pourvu encore qu’il soit construit. De ce point de vue, rien n’est jamais perdu. J’ai toujours en mémoire ce Padre Padrone des frères Taviani, qui représentait assez bien tous les « possibles » pour qui n’a jamais eu la moindre chance de trouver « sa » meilleure place au départ.

J’ai déjà dit ici tout le bien que je pense d’internet et de ce libre accès à tant de connaissances. Encore faut-il qu’elles soient bien exploitées. Cela demande un minimum d’effort,  pas mal, aussi,  de réflexion et de recul et, en amont, de connaissances. J’ai derrière moi plus de cinquante ans de lectures, des années d’études, de recherches constantes sur des sujets les plus variés. Ma mémoire n’en a conservé qu’une infime substance, mais elle est concentrée. Elle fournit le support de mes billets.

Depuis plus d’un an que je « blogue », j’ai vu s’accroître mon nombre de « lectures ». j’avais dès le début indiqué sur mes pages que ce blog était bien indexé, par égard pour les professeurs qui chaque jour sont  confrontés au pillage de « devoirs » en ligne. Il est malgré tout peu problable qu’ils aient le temps de vérifier et quand bien même, ce ne serait qu’un moindre mal, eu égard à ce que l’on voit.

D’autres ont trouvé, dans cette explosion de blogs une nouvelle source de profit. C’est le cas de Paperblog, magazine en ligne qui recense les « meilleurs billets », livrés pro Deo à la lecture publique. Pourquoi pas après tout ? Je serais bien mal fondée à m’en plaindre : on y trouve les miens.

Patrimoine d’usine et triste fin de partie : pneus Englebert, Uniroyal, Continental

Ce n’est pas sans émotion que j’ai appris, comme tout le monde, la fin programmée de l’usine Continental de Clairoix . Car sans elle, je n’aurais probablement jamais vu le jour.

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Pneu arrière

Il a fallu que Georges Englebert,  le fils d’Oscar ,  fasse l’acquisition, en 1936, d’une usine de soieries près de Compiègne, qu’il  confie l’installation d’une nouvelle usine de pneus  à  celui qui avait déjà implanté celle d’Aix-la-Chapelle, que ce dernier ait  deux filles et que l’une d’elles rencontre,  parmi les nombreux ingénieurs que son père devait recruter, celui qui allait devenir le mien.

On ne trouve aujourd’hui plus aucune trace de Walthère Demarche, qui dirigea  vingt deux ans encore cette usine Englebert qu’il avait montée,   qui employait alors 1700 salariés et donnait à la ville une nouvelle prospérité. Seuls les Compiègnois très âgés s’en souviennent peut-être, tout comme certains de mes amis, plus jeunes, qu’il fascinait par sa sagesse, son savoir et sa gentillesse.

J’appris beaucoup plus tard qu’il devait une grande partie de son élégance, car mon grand père était élégant, à la gratitude d’un tailleur juif qu’il avait caché et sauvé et qui lui offrit, après guerre, la totalité de ses beaux costumes.

Après lui  les pneus  ont changé, comme le reste ;  l’usine est devenue  Uniroyal puis Continental.  J’ignore ce qu’a été la vie de cette usine et de ses employés  pendant toutes ces  années, mais j’imagine le désarroi de la ville où je suis née  face à la perte de ce qui la faisait vivre depuis  soixante dix ans.

J’éprouve une grande compassion pour  tous ceux dont l’avenir est aujourd’hui si fortement assombri par la suppression annoncée . Savoir que cette usine figure déjà  au patrimoine culturel me semble presque aussi infâmant que le mépris affiché par notre époque pour le fruit de l’effort, de la patience et du labeur des hommes qui décidément ne valent plus grand chose face à la quête d’autres de profits.

On a beau dire que la roue tourne, j’ai du mal à imaginer que ce soit sans pneu.

Fraudeurs financiers : plus que la prison, c’est la Misère, qu’ils méritent

On me reprochera sans doute ma très grande candeur, mais je ne vois décidément pas, dans ce cas de figure,  d’autre solution que la CMP : la Condamnation à la Misère Perpétuelle.

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source : wikicommons

A quoi bon en effet mettre en prison des fraudeurs qu’aucun scrupule, jamais, n’étouffe dès qu’il s’agit d’engranger les  profits, souvent considérables,  de gains énormes obtenus par les voies les plus perverses et en tous cas illicites. Parfois même sur le dos de plus riches encore.  La prison, ils finissent toujours par en sortir un jour (à moins qu’ils n’y installent quelque trafic)  et l’on est jamais certain qu’ils ne trouveront pas, bien cachée quelque part, une réserve qui leur permettrait de…. recommencer.

Qu’ils soient courtiers, mafieux ou dirigeants de certains états si dénués par ailleurs, ils sont tous, de façon quasi pathologique,  obnubilés par le pouvoir de l’Argent, plus que par le Pouvoir lui-même, accumulant ici et là toutes sortes de biens ostentatoires, acquis le plus souvent, sous couvert d‘hommes de paille,  en toute légalité.

Les condamner à la Misère, celle qu’ils méprisent par dessus-tout et qu’au fond d’eux-mêmes ils redoutent, la misère où ils ont entraîné souvent tant de gens naïfs qui tentaient, au mieux,  d’améliorer leur ordinaire (posséder leur maison, placer leurs économies) ou même dans certains cas, de bénéficier d’aides internationales).

Les condamner à la Misère Perpétuelle : plus de comptes en banque occultes, plus de villas sur les Côtes, plus d’hôtels particuliers dans les capitales, de yachts surdimensionnés dans les marinas. Les moyens doivent bien exister, quand les faits sont avérés, de saisir ces biens mal acquis. Au bénéfice, bien sûr, des pays hôtes qui sont généralement, on l’aura compris, ceux où règnent la prospérité et qui, on peut du moins l’espèrer, sauraient gérer cette manne au profit…. des véritables victimes de tout cet excès de finances……

The Servant : quand le serviteur (l’Argent) est devenu un Maître irresponsable

Le goût de l’argent jusqu’à la nausée est peut-être en train de plomber toutes nos économies ; je n’ai sur le sujet qu’un avis d’usager, un peu las de ce remue-ménage autour du Veau d’Or. Du Nord au Sud et d’Est en Ouest, le monde l’a trop honorée, cette idole.

image wiki commons
Sesterce - pièce d'argent (image wiki commons)

Citant Saint-Paul, notre pape Benoît XVI avait lancé à Paris, le 13 septembre dernier, une diatribe quasiment visionnaire contre le pouvoir de l’argent et même du savoir (qui permet d’accéder au pouvoir).  Le lundi noir l’a suivi de près. Il n’a sans doute pas été noir pour tout le monde. Monsieur Buffett en sait probablement quelque chose, lui qui a su construire la plus grande fortune du monde sur l’économie réelle. Fortune dont il a d’ailleurs légué la plus grande part à des oeuvre charitables. Ces oeuvres-là ont décidément de l’avenir, si l’on pense aux conséquences prévisibles du krach actuel. Pour tout le monde. Et forcément pour les plus dénués, qui le deviendront bien plus encore.

Reste que le vent de l’Esprit pourrait à nouveau souffler sur tous ceux qu’a un jour saisis la fièvre du profit. S’ils en réchappent. Le culte du Soi a ses limites, comme la futilité. Elles sont aujourd’hui atteintes pour ceux qui s’y sont adonnés. Selon ce en quoi l’on investit, on a après tout le retour que l’on mérite.

De ce point de vue, la Foi en l’Amour présente, avec l’Espérance,  un ratio sans limite.

PS: on pourra me contester l’usage de mon titre : c’est que le film de Losey, quoiqu’en pensent la plupart des cinéphiles, illustre à mon avis plutôt bien la situation actuelle du monde de la finance, asservi à (ou terrassé par) ce qu’il était censé dominer : l’Argent.

Quels employeurs pour les « seniors » ? Quelle retraite pour les vieux demain ?

On a considéré, dans les années 80, que les « jeunes loups » étaient une denrée précieuse pour les entreprises. Ce fut la grande époque des golden boys qui, tout frais nantis de brillants diplômes et souvent d’une maigre expérience, se sont vu confier des missions importantes, risquées non seulement pour eux, mais aussi pour ceux qu’ils dirigeaient. Ce fut la grande mode aussi du « toilettage » des entreprises où l’on éliminait d’abord les plus vieux. On ne peut pas dire de ce point de vue que les années Mitterrand aient été fort charitables pour les plus de 55 ans. On a alors largement puisé, et pendant vingt ans, dans le FNE et mis au rencart toute une population active souvent compétente, toujours expérimentée, qui représentait un savoir-faire qui dans bien des cas ne s’est plus transmis.

La France a trop longtemps cultivé ce paradoxe qui a permis de voir, dans le même temps, des cadres dynamiques et autres créateurs divers effectuer des semaines de 60 heures ou même davantage, harassés par des responsabilités, des objectifs et des emplois du temps parfois insupportables, et une population active mise en situation de précarité, choisie ou non, assistée ou pas et dans tous les cas plus ou moins exclue des fruits de la croissance, fût-elle modeste.

Les premiers sont usés avant 60 ans, quand ils n’ont pas succombé, dès 50, à un cancer, une crise cardiaque ou un accident dû à la fatigue. Ils ne sont pas nécessairement enthousiastes à l’idée de prolonger le contrat. Les seconds n’ont pas toujours eu l’occasion d’améliorer leurs positions ni leurs scores, ils ont de surcroît pris de l’âge presque malgré eux et en France, les recruteurs n’aiment pas les vieux.

Cet acharnement à ne considérer l’âge productif qu’entre 25 et 45 ans est exclusivement français. Le calcul des retraites devient d’autant plus simple : un grand nombre de salariés sont donc condamnés à ne cotiser que vingt ans, 25 à trente tout au plus.

La solidarité dans le travail n’est plus depuis longtemps ce qu’elle était. Il faudra bien se résoudre, c’est déjà le cas aujourd’hui pour les moins de quarante ans, à épargner les rentes qui leur permettront, plus tard, de subsister.

A moins que l’on ne considère enfin, chez nous, que l’expérience vaut son pesant d’heures de travail et que les « jeunes retraités » d’aujourd’hui, qui se sont largement investis dans le bénévolat*, représentent à eux seuls une masse de cotisations perdues pour ceux qui les suivront bientôt. On peut d’ailleurs s’interroger sur les limites d’un bénévolat qui est peut-être, pour certains de ses prescripteurs, une autre forme de profit ?

voir étude, sous la direction de Jacques Malet « La France bénévole » http://www.associations-patrimoine.org/filemanager/files/lafrancebenevole2006.pdf