Et si notre nouveau Pape était………

babrbarin2_Ah, s’il était tout simplement Français ! J’ai si peu de lecteurs que je peux bien le dire sans risque d’influencer qui que ce soit. Mais que l’Esprit m’entende, et c’est mon pays qui serait en quelque sorte gracié ! De toute cette haine que voue le pouvoir en place à tout ce qui, de près ou de loin, ressemble à une religion autre que celle de l’équerre et du compas. de cette morale laïque, laïcisante et laïciste qui envahit tout l’espace mediatique de ce pays où rien ne peut plus être dit qui n’entre dans le moule préconçu de nos moralistes patentés.

Regardez, cette pauvre Véronique Genest, pour qui je n’ai aucune sympathie particulière d’ailleurs, mais qui a fait l’objet d’une ridicule cabale au motif qu’elle a avoué sa « peur de l’Islam », comme bien des gens qui n’en voient que l’aspect le plus sombre mais aussi le plus évident, celui de la terreur qu’il inspire là où il s’est imposé, comme au Mali, par exemple. Tout le monde lui est tombé dessus, à cette pauvre femme qui n’en pouvait mais. Si vous ne pensez pas exactement comme eux, si vous n’êtes pas vous-même un de ces « Enfoirés », bien pensants, vous n’êtes plus rien, qu’un sujet d’opprobre et de dérision.

Voilà pourquoi j’aimerais tant apprendre, bientôt, que notre nouveau Pape pourrait rendre un peu de dignité à ce pays qui en a tant perdu à l’aune de ce mépris érigé en système, et la mette face à elle même : France, qu’as-tu fait de tes talents ?

Un grand pape qui sera regretté : Benoît XVI, pourtant si incompris et si mal aimé

Benoit XVI: « Puisse la France respecter ses traditions morales et spirituelles »
Benoit XVI: « Puisse la France respecter ses traditions morales et spirituelles »

Comme beaucoup de croyants, mais de laïcs aussi, j’ai été assommée, hier par cette nouvelle, celle de son prochain départ. Eût-on voulu faire un coup d’éclat médiatique et focaliser l’attention du monde sur la religion catholique qu’on ne s’y serait pas pris autrement. Mais c’est bien loin d’être le cas. Je l’imagine bien, ce saint homme, dans le secret de sa prière, déchiré par cette presque incroyable décision, jamais prise depuis quatre cents ans : renoncer, quelle qu’en soit la cause,  à la mission papale.

C’est qu’il n’a pas été beaucoup aimé, le Pape Benoit. Rappelons-nous son fameux discours de Ratisbonne, comme il fut mal compris ! L’intelligence redoutable de cet homme qui n’a probablement d’égales que son humanité et sa bonté qui doivent être immenses, on le voit dans ses yeux, cette intelligence visionnaire qui n’a tendu,  durant toute sa mission, qu’à maintenir ou retisser plutôt l’Unité des Chrétiens, tout cela a été mal compris. Et d’abord de moi-même, qui m’étais alors quasiment insurgée contre ce fameux « Motu-proprio » dans lequel je n’ai d’abord perçu qu’une altération de Vatican II et un retour à des pratiques d’un autre âges auxquelles adhérait cette frange « intégriste » qui donne des catholiques la pire des images, la préférée d’ailleurs de la plupart des grands medias.

Ce n’était rien de tout cela. C’était voir loin, très loin. Beaucoup trop loin pour tous ceux qui ne voient et ne vivent que dans le présent, l’immédiat. Car c’est bien grâce à Benoit le seizième que les catholiques de France, surtout, osent aujourd’hui relever la tête,  confiants et sûrs de leur Foi, et prêts à la revendiquer. C’est grâce à lui qu’aujourd’hui, contre toute attente, nous pouvons haut et fort affirmer notre existence de catholiques, artisans  de paix, de joie  et de conciliation et non point pratiquants tristes, rétrogrades et bornés. Merci à vous, Votre Sainteté,  pour tout ce que vous avez fait pour les chrétiens mais aussi pour tous les croyants sincères qui ont su voir en vous un guide éclairé et exigeant.

Catholiques (suite) : vers un nouveau Concile ?

le Vatican
le Vatican

C’est la question que je me pose après avoir entendu fortuitement, ce matin, sur les ondes de France Inter, un de ces débats  limités qui les animent régulièrement. Il faut dire que les hôtes étaient choisis : Jean-Pierre Mignard, Président de Désirs d’Avenir, et Frédéric Lenoir, philosophe dont l’Oracle della Luna ne m’avait pourtant pas déplu et qui, entre autres, dirige Le Monde des religions,  et qui en appelaient à Vatican III.

Les Catholiques font débat, à cause d’un Pape qui n’est assurément pas conforme à l’image qu’il lui conviendrait de donner aujourd’hui à un public élargi,   croyant ou non.  Jean-Paul II était populaire ; il est clair que Benoît XVI ne l’est pas. Il fut pourtant, on ne le rappellera jamais assez , l’un des artisans novateurs de Vatican II.

Décidément, ce Concile à qui je dois,  comme beaucoup, d’avoir après bien des années d’absence finalement rejoint l’Eglise, semble toujours pour certains un sujet de fracture. Une auditrice très âgée, 92 ans, s’interrogeait ce matin sur la désertion des églises après Vatican II. Mais avait-elle oublié que la guerre, déjà, s’en était chargée ?

Vatican II n’était-il pas, déjà, la réponse à une attente d’ouverture et de modernité que soulignait,  on ne peut plus intensément dix ans avant, l’étonnant ouvrage de Béatrix Beck, ce Léon Morin, prêtre que Jean-Pierre Melville nous rendit immuable sous les traits facétieux et charmants d’un Jean-Paul Belmondo tout regonflé du souffle qu’il avait perdu peu avant chez  Godard ? Il faut relire ce petit livre dont l’auteur s’est récemment éteinte : il est d’une étonnante actualité :  même si l’époque a bien changé, les chemins de la Grâce, et de la conversion, eux ne varient certainement guère. Il lui faut bien, à l’origine, quelque Beauté, qu’elle soit du corps, qu’elle soit de l’âme, puisque la Beauté,  dont le Démon imite  si bien les traits, n’est pourtant que de Dieu Lui-même.

Quant à cette mission, que le prêtre Morin va s’appliquer à mener dans la campagne en cette fin d’Occupation, elle est plus que jamais d’actualité quand on mesure la pénurie, la déshérence de nos paroisses rurales en temps ordinaire.

Ce n’était pas le cas cette année au temps de Pâques, dans nos églises, en Limousin  où l’on célèbre les 71 èmes Ostensions de nos Saints. Les fidèles y furent nombreux à témoigner de leur Foi.

Le catholicisme n’a pas à satisfaire à l’hédonisme, et il n’est pas obligatoire !

Crucifixion de Saint-Pierre, F. Lippi, Florence, 1482
Crucifixion de Saint-Pierre, F. Lippi, Florence, 1482

Je serais tentée, comme ce cher Bruno Frappat, de laisser « glisser », devant la chute de tant d’outrance. Passe encore des medias qui ont pour seul penchant la sensation, le saignant, le conforme. C’est toujours par le bas qu’ils trouvent leur audience. Quant aux laïcs, qu’ils fassent après tout ce qu’ils veulent.

Mais quand des catholiques, tels M. Juppé, qui n’a pourtant pas été,  dans sa ville, exempt de soucis ecclésiaux, s’indigne à l’instar de tant d’autres cibles médiatiques de la prétendue position du Pape, je m’insurge.

Benoît XVI est villipendé comme l’est aujourd’hui toute forme de transcendance. Sa hauteur de vue, sa connaissance et son humanité avaient, semblait-il pourtant, fait l’unanimité lors de son dernier passage chez nous. Il est vrai que la ferveur impressionne ceux qu’elle n’atteint pas, qui la méprisent, par manque, sans doute. Ils n’ont de cesse d’en infirmer le sens, pour employer cet euphémisme.

C’est oublier que rien n’oblige. Rien n’est plus difficile que d’être catholique, de vivre au quotidien l’amour de l’autre, la tolérance et le pardon. Et la liberté qui va avec. Car le Chrétien, le catholique EST LIBRE, on ne le répètera jamais assez.

Le Pape est dans son rôle en rappelant sur quoi se fonde notre Eglise, sachant à qui, d’abord, il s’adresse. Ceux-là comprendront et sauront faire la part des choses. La part qu’ils font toujours.

L’hédonisme qui ravage nos sociétés se situe le plus souvent de chaque côté de la ceinture. Bien loin en tous les cas du siège de la Foi, de l’Espérance et de l’Amour qui nous transcendent  le coeur l’esprit et le corps, qui les accueille.

Il est heureux encore, qu’on nous rappelle à ces hauteurs dont tout le matérialisme ambiant nous invite sans cesse à descendre. De ce point de vue, Benoît XVI nous y invite. Libre à chacun d’y penser et de lui rendre grâce, ou pas. Mais alors, que cesse ce vacarme !

Catholiques: vers l’unité, la dissidence ou l’abandon ?

J’avais décider d’arrêter, mais là….. L’incroyable remous que provoque la décision de Benoit XVI de lever quatre excommunications,  le jour même du cinquantenaire de Vatican II, appelle à trop de questions.

L’unité des chrétiens était et demeure l’objectif du fameux Concile. Sa modernité et ses bienfaits  semblent  bien mal perçus encore dans l’opinion,  gavée par des medias toujours enclins à forger des catholiques une image archaïque et affligeante  de ce qu’ils ce qu’ils pouvaient être il y a cinquante ans.  Celle de nos intégristes d’aujourd’hui, en somme. Bornés, rétrogrades et surtout politiques.

Reste que ce  groupe dissident est pourtant bien distinct  de la majorité des catholiques de France, moins audibles sans doute.  Ceux-là  ne sont plus appelés en leurs églises que par leur Foi, l’Espérance et la Joie du partage. Sans artifices superflus. Dans des églises qui, par manque de moyens et de vocations tombent parfois en déshérence.

Tel n’est pas le cas en effet des exclus d’aujourd’hui, invités à nous rejoindre demain, qui sont puissants et si fiers, semble-t-il, d’engendrer ce tapage.  L’enjeu est néanmoins de taille : il leur faudra accepter ce que depuis toujours ils refusent : suivre le Magistère, et par conséquent se soumettre aux évolutions du Concile. Que je sache, il n’a jamais été question, à Rome,  d’en abroger l’esprit. Ou du moins pas encore.

Hors l’Eglise, il étaient schismatiques. Dans l’Eglise,  ils risquent bel et bien de d’amener des ruptures. Leur arrogance et leurs certitudes,  manifestes depuis le Motu Proprio, leur permettent de penser,  voire de dire,  qu’après avoir gagné le retour en grâce du rite tridentin ( pourtant jamais  exclus du rituel  concilaire), ils parviendront à obtenir l’abrogation du Concile lui-même.

Notre Dame d'Orcival
Notre Dame d'Orcival

Leurs évêques n’ont jamais levé là-dessus leurs réserves. Je leur dédie cette image de Notre Dame d’Orcival, invoquée pour libérer de toute sortes de carcans.  Celui de leur intolérance  est  fameux.

L’ évêque émérite d’Amiens, Mgr Jacques Noyer, exprimait librement dans sa dernière homélie le sentiment aujourd’hui partagé par un grand nombre d’entre nous.

La jeunesse catholique de France témoigne fort heureusement d’une grande clarté à l’égard de sa religion : ouverture, tolérance, charité,  joie et partage en sont la règle. Ses grands  rassemblements en sont la preuve.  Reste à espérer qu’elle parvienne à éclairer tous ceux dont la vocation  se focalise et s’étrécit  encore sur la voie passéiste des courants dissidents.

Je n’ai pour ma part aucune envie de retrouver dans mon Eglise, que j’ai  récemment retrouvée,  tout ce qui m’en avait éloignée il y a tout juste… cinquante ans. C’est, à mon âge, une arête en travers de la gorge qui dégoûte souvent du poisson.