Le ciel sous la tête avec Marc Dugain

Sept histoires d’hommes (et de femmes) d’aujourd’hui, qui nous livrent, non sans humour, le triste constat que Marc Dugain fait de notre monde et, en sept couleurs,  de  façons d’y vivre : en retrait, en phase, en décalage, en opposition, en ville, en province, (en France et ailleurs) et presque toujours, au bout du compte, seul.

Nuages sur la Dordogne
Nuages sur la Dordogne

Se mettre « dans la peau de » est le privilège de tout créateur, même si c’est la sienne.  Le bilan que nous en  livre ici cet auteur inspiré n’en est que plus réjouissant : au moins n’est-il dupe de rien, ni surtout de lui-même.

Le voilà bien, ce monde où nous vivons, qui a balancé au vent de la modernité ce qui longtemps lui donnait sens : réserve, pudeur, lenteur, patience et longueur de temps, en toutes choses. Mais le monde, tel qu’on le voit à cinquante ans prend toujours la couleur d’un bilan qu’à soixante, on a rangé dans un tiroir pour profiter, si on le peut, du temps qui reste.

C’est bien ce que je fais d’ailleurs, et ce genre de lecture contribue à mon bien-être et à mon bonheur de lecteur : on passe là un bon moment tout en se disant que, peut-être, de plus jeunes le liront et sauront voir, entre les lignes, l’inanité de ce que souvent ils vénèrent, à commencer par l’image ou la représentation  de comportements que l’air du temps les a contraints à adopter.

Tout cela n’est, au fond guère optimiste et ne saurait faire oublier toute  la gamme de nuances qui pour nous viennent se glisser entre les sept couleurs de cet arc en ciel. Celles de nos vies souvent ordinaires,  remplies de diversité, d’amour, de tendresse, de partage, de joies, de peines mais pas forcément de grandeur, de réussite ou de succès.

La fin rêvée du cauchemar publicitaire ?

J’avais signé il y a quelques mois une pétition contre la publicité à Radio-France. Il était je crois question d’insérer des « spots » sur France-Culture et, pour certains, dont je suis, de s’y opposer.  Il semble que le débat se soit largement inversé, eu égard à l’enjeu financier, la rente, devrais-je dire, que la pub représente, tant pour ceux qui la vendent que pour ceux qui la font.

La publicité a pour premier rôle (par définition), celui de : rendre public, c’est-à-dire faire connaître à tout un chacun ce qu’il devrait savoir. C’est dire combien elle est utile. Et combien nécessaire. Pour autant….

Ceux qui ont adoré comme moi le film de Joseph Mankiewicz  A letter to three Wives (Chaînes conjugales), auront présent à l’esprit cette scène remarquable où Kirk Douglas, dans l’impressionnante tirade du professeur de lettres qu’il incarne, traduit avec une conviction sans faille la pensée de l’auteur et sa vision, si pertinente, du rôle à venir de la publicité, alors naissante sur les ondes, de sa dérive probable et de ses conséquences. Il ne s’agissait pourtant alors que d’une dérisoire débilité, une imagerie (radiophonique) du Rêve américain fondé en premier lieu sur l’accessible jouissance d’une généreuse prospérité.

Las, les années cinquante sont désormais bien loin, et la publicité d’alors n’a depuis longtemps plus grand chose à voir avec ce qu’elle fut. Otage d’un marketing aussi agressif que notre société elle-même (on peut d’ailleurs se demander, à l’instar de Christophe Colomb, qui, de l’oeuf ou de la poule, a commencé en ce domaine) elle en a envahi toutes les sphères et tous les horizons. Jusqu’à l’insupportable.

NO PUB
NO PUB

Passe encore pour les quelques (rares) spots parfois cocasses à première vue,  lassants dès la seconde  puis définitivement odieux à la troisième. Passe encore pour les quelques images parfois acceptables, quand elles sont encore réelles.  Passe encore pour les  minutes,  puis quarts d’heure d’attente que les écrans publicitaires rognent sur un horaire rarement respecté.

Mais non, et définitivement non à la hideur de toutes ces  images de synthèses, économiquement très rentables pour les concepteurs, où l’horreur le dispute à la vulgarité, à l’ignorance et à la violence. Non au gavage des pauvres et des enfants, tous clients du pire, par défaut.

Allons, Messieurs les parlementaires, encore un effort. Libérez-nous de ce mal inutile qui ronge les plus démunis d’entre nous, ceux qui n’ont pas, pas encore, définitivement TOURNé LE BOUTON.