Jusqu'ici tout va mal….. mais nous n'avons peut-être encore rien vu !

On me pardonnera d’emprunter à Cécile Amar le titre de son livre sur François Hollande qui est à ce qu’on dit révélateur du personnage qui supporte assez mal sa « villégiature« .  S’il a vraiment, comme le dit son « ami » Julien Dray « le profil du gagnant au loto qui croit toujours qu’il va gagner la cagnotte« , comme on peut le lire dans le JDD, nous n’avons, c’est certain, encore rien vu du pire qui puisse nous arriver !

PSA-GMAvoir « sauvé » Peugeot, par exemple, voilà qui était louable, eu égard aux difficultés de ce grand constructeur français. Enfin, ce n’était pas la famille qu’il s’agissait  de sauver d’éventuels prédateurs, mais bien les emplois que l’entreprise représente : il nous a tant promis la régression du chômage, notre président. Je ne sais évidemment rien de plus sur la transaction qui s’est opérée que ce que la presse a pu en dire. Je constate simplement que nos deniers ont été engagés au même niveau que ceux de la Chine et  de ce qui reste maintenant des propriétaires… qui ne le sont plus. J’ignore où cela nous mène et crains fort que d’ici quinze ans ou même beaucoup moins, ont ait carrément oublié ces 14% (800 millions d’euros) pris sur nos impôts.

Rassurons-nous cependant, MM. Montebourg et Moscovici  ne nous ont-ils  pas affirmé que Peugeot resterait  français…..?

Je note seulement qu’au plus fort de la crise, en 2009, l’Etat fédéral nord américain avait, pour le sauver, nationalisé General Motors. Ce ne fut certes que temporaire  (un an et demi) et coûta il est vrai fort cher (10,5 milliards de $ de moins-value en 2010), mais en tous cas moins que la  faillite annoncée. Cela permit surtout à  GM de rester américain, et de redevenir le deuxième constructeur automobile du monde, tout en ayant sauvé une  partie de ses salariés… et leur retraite.

A propos de retraites, je note aussi que l’ex-furtur Pdg de Peugeot vient de renoncer à un « chapeau » de 21 millions d’euros prévus pour lui par PSA. Ce que l’on ignore toujours, c’est à quoi correspondent pareilles retraites….dans une telle situation. Mais si cela doit couvrir les trente cinq prochaines années, cela ne fait plus guère que 50000 euros par mois……Diriger ou avoir dirigé un groupe industriel, ce n’est pas à la portée du premier venu. Ce n’est pas du cinéma. Quand on pense qu’ il y a des intermittents du spectacle qui touchent bien davantage, (entre deux contrats juteux), sans parler des animateurs télé……..

 

 

 

Loto : l’ISF des pauvres

Il est devenu difficile aujourd’hui pour un Parisien d’échapper à l’ISF s’il possède depuis cinquante ans,  dans un bon quartier,  un appartement de  100 m2 souvent acheté à crédit. Cela n’en fait pas pour autant une personne fortunée, mais  il se retrouve simplement taxé à hauteur du prix du mètre carré. Sans doute sa participation à cet impôt sur la fortune est-il sans commune mesure avec ce que rapporterait la part des vraies fortunes, pour la plupart exilées à l’étranger pour y échapper.

De fait, l’ISF ne rapporte pas grand chose à l’Etat : dans les 3 milliards d’euros par an, soit à peu de choses près quasiment la même chose que… le Loto qui lui peut rapporter gros, puisqu’il touche près de 30 millions de joueurs à 6 euros par semaine en moyenne. Sans doute, cela permet-il de « financer » quelques gros gagnants, pas plus de quelques dizaines, mais surtout d’apporter à nos finances un apport presque équivalent  (2,5 milliards d’euros en 2008) à celui de l’impôt précédent.

J’imagine la stupeur de l’opinion si l’on devait lui annoncer que pour financer le chômage, les retraites ou la formation, l’Etat allait prélever à ces 30 millions de joueurs  seulement 10 euros par mois  (ce qui  lui en rapporterait au bas mot 36 milliards par an) !

Le rêve n’a pas de prix,  et si l’on considère aujourd’hui l’addiction dans laquelle tombent souvent  les plus démunis qui, sans plus rien à perdre, engagent dans des mises leurs derniers liards, c’est pour mieux développer d’autres pistes pour les piéger à moindre frais.

La Française des Jeux est en quelque sorte  un des fleurons de nos entreprises. Contrôlée par l’Etat à 72 %, elle emploie 945 salariés et représente un modèle de productivité et de rentabilité, comme on peut le constater sur ce compte-rendu de commission du Sénat.

Le sens et le goût du jeu,  quel qu’il soit,  est inhérent à notre nature et contribue à nous former. Pourtant, du simple défi aux jeux de l’esprit, en passant par la compétition sous toutes ses formes, il nous ramène bien souvent à la « Case départ » comme au jeu de l’oie. Tenter sa chance est une chose à laquelle sans doute nul n’a échappé au moins une fois.  Parier peut même, comme nous l’a si bien démontré  Blaise Pascal, nous transcender. Mais c’est là une tout autre histoire.

Celle du Loto est celle de la maigre chance offerte à ceux qui n’attendent plus grand chose d’eux-mêmes ni des autres. Il n’y a dans ce  » jeu » ni compétition ni défi, qu’une attente inquiète ou se reconstitue sans cesse un rêve inabouti.

Certains gagnent, il est vrai, ce qui nourrit l’espoir des autres. Ceux-ci font à présent l’objet d’un véritable « suivi », à l’instar de tous les rescapés. Car si la fortune sourit, dit-on, aux audacieux, elle désarçonne le plus souvent ceux que rien n’y a préparés. Les plus habiles d’entre eux auront au moins la certitude de rapporter, à terme, une belle contribution à l’Etat qui, d’un bout de la chaîne à l’autre, est toujours le véritable gagnant de l’enjeu.

Le chemin de l’Enfer (économique) passe au-dessus des bonnes intentions

Etre trop riche en France n’est plus une sinécure depuis que Nicolas Fouquet commit l’insigne injure d’étaler ses richesses devant son Roi exsangue. Il en fut bien puni, mais cela ne changea guère le sort de tous les pauvres qui en France, en ce temps-là, étaient légions. Ce n’est plus, même aujourd’hui,  tout-à-fait le cas.

Si l’on veut bien exclure ici (la parenthèse mériterait bien davantage que ce simple billet) l’argent indigne de tous ces trafics divers et variés qui échappent encore au contrôle de presque tous les Etats,  pour ne s’en tenir qu’à celui que génère l’Economie aujourd’hui chancelante, (on lui a tant reproché d’être horrible) il y a tout de même lieu de s’interroger sur le comportement apparent d’un très grand nombre de Français qu’indignent à juste titre des profits scandaleux de certains mais qui donnent généreusement aux Jeux de  l’Etat qu’ils conspuent bien plus encore que ce qui lui rapporte les fortunes qu’ils rêvent pourtant d’atteindre et que de toute évidence ils envient.

Gagner sa vie est dans la plupart des cas le souci de chacun, même si un nombre croissant de gens espèrent le faire facilement et sans trop d’effort. Avoir un emploi est encore, de ce point de vue,  le premier sinon le seul moyen de le faire. Encore faut-il qu’il y en ait un.

Sauver les entreprises qui restent, encourager celles à venir et former de nouvelles compétences  me semble donc,  de ce point de vue,  la plus positive des démarches entreprises par un certain nombre d’Etats, dont le nôtre. Le bouclier fiscal en fait partie, qui limite la pression sur les créateurs, communément considérés aujourd’hui comme fournisseurs d’emplois.

Mais le quasi lynchage médiatique auxquels sont livrés aujourd’hui un grand nombre d’entrepreneurs risque à terme de les détourner de chez nous. Leur imposer en outre, et  par la loi,  une morale qui n’a déjà  plus cours ailleurs, ne palliera pas ce manque à gagner.  On ne peut à la fois tendre la carotte ET le bâton. L’argent des affaires, du travail, de l’emploi lui,  circule. Il pourrait aussi bien aller circuler ailleurs. Il y a d’autres paradis pour les entrepreneurs.  Les bonnes intentions ne sauraient seules paver ces chemins-là.