langues régionales : re-Constitution de Babel ?

Il faut croire que l’Esprit de la Pentecôte n’a pas soufflé sur nos Députés : voilà en effet qu’ils prétendent inscrire nos langues régionales dans notre Constitution.

Je trouve pour ma part cela plutôt cocasse : la Constitution de 1789 avait instauré le français langue nationale, ce qui présentait au moins l’avantage d’unifier quelque peu nos provinces autour d’un langage commun, qui n’était pas alors, et loin de là, celui de tous les français.

Sans doute ont-ils la mémoire courte, nos députés, car Il y a près de quarante déjà que notre vieil occitan et autres patois celtiques ont été remis au goût du jour, qu’ils sont enseignés comme jamais ils ne le furent et que certains s’évertuent même à les parler encore (au grand dam des gens de passages qui, eux, ne comprennent plus rien !)

Que les langues vernaculaires fassent partie de notre patrimoine, voilà qui est incontestable. Qu’elles figurent dans la Constitution les place sur un autre registre, qui peut tout simplement prêter à confusion.

Car ce ne sont là, à de rares exceptions, que langues mortes pour la plupart des gens. Leur oralité ne survit généralement qu’au travers de quelques formules utilisées localement et qui s’inscrivent tout naturellement dans une identité régionale que nul n’a jamais contestée, au même titre que les paysages, l’habitat, les cultures, les coutumes. En témoigne le succès des Cht’is.

N’y a-t-il pas, déjà, une Charte européenne, qui vise à protéger (de l’uniformité ?) nos patrimoines respectifs ?

Mais qu’on se rassure, cette Constitution qu’après tout si peu d’entre nous connaissent, précise bien (Titre premier, article 2) que : La langue de la République est le français.

Chacun est libre, chez nous, de parler chtimi, gaélique ou limousi : l’essentiel n’est-il pas après tout de s’exprimer et de se faire entendre ?

Ah, l’Esprit de la Pentecôte ! Si loin de Babel…….