Ce vain mot de « LAÏCITÉ FRANÇAISE »

Docu de Nadia El Fani, 2011
Affiche du documentaire de Nadia El Fani, Fr/Tun, 2011

Comme tant d’autres sans doute, je bouts littéralement de voir ce vieux mot grec, « laïcité » encensé par les Lumières et pilier de notre Constitution, aussi curieusement interprété chez nous. Notre 5ème République est réputée laïque, ce qui écarte a priori de la conduite de l’État tout influence religieuse, quelle qu’elle soit. Force est de constater aujourd’hui qu’il n’en est rien, ou plutôt que certaines religions y pèsent plus que d’autres.

C’est le cas de la plupart des formes de l’Islam, le terme même de Musulman et de tout ce qui y renvoie étant désormais inclus dans l’espace public, comme nous le rappelle le port du voile et du niqab interdits mais cependant tolérés, des régimes halal des cantines de nos enfants et des horaires adaptés des piscines, centre sportifs et d’activités aménagés pour que les femmes n’y rencontrent pas les hommes. Toutes choses contraires à nos lois et coutumes, jour après jour transgressés pour ne pas nous dit-on « stigmatiser » ces populations qui sont pour la plus grande part de nationalité française.

Ce n’est pas le cas de toutes les formes du Christianisme, le terme même de Chrétien comme de tout ce qui y renvoie étant désormais exclus de l’espace public, comme nous le rappelle, après la célébration très médiatique du « Ramadan », la suppression des fêtes calendaires et de toute terminologie chrétienne (à l’exclusion du Noël mercantile) et plus récemment la triste affaire des « Prêtres » qui occupe aujourd’hui un certain nombre de medias. Le chrétien, en France, semble à proscrire, ce qui est faire bien peu de cas de notre histoire et surtout de notre culture françaises, fondées sur et par cette religion.

Commentateurs et politiciens dénoncent aujourd’hui, non sans étonnement, un courant islamophobe qui gagnerait nos territoires, comme il a déjà gagné d’ailleurs ceux de nos voisins. Ils prétendent, les yeux grand fermés, que cette « religion de paix » doit être accueillie chez nous avec la générosité qui nous caractérise. Ils n’hésitent pas à récuser vertement toute idée même de soumission à ce que ses courants plus radicaux induisent, parce que dans la plupart des cas, il n’en connaissent rien.

Ceux là-mêmes qui pratiquent une « religion de paix » sont les premiers à se soumettre, parce qu’ils n’ont pas d’autre choix face aux radicaux rêvant d’instaurer leur Califat sur le monde en réduisant d’abord à néant tous les chrétiens d’Orient et les valeurs de l’Occident.

Faire appliquer nos lois chez nous serait aussi, ici, pour eux, une façon, non pas de les stigmatiser, mais plutôt de les défendre. Et de nous respecter.

Cette laïcité française qui vise avant tout les Chrétiens, d'ici et d'ailleurs.

écrit en 2005 et plus que jamais d'actualité....
écrit en 2005 et plus que jamais d’actualité….

Alors que nos instances gouvernementales, abondamment relayées par nos medias, ne cessent de rappeler à l’envi la laïcité de notre République, certains faits religieux s’imposent plus que d’autres à leur attention et par conséquent à la nôtre.

Je voudrais simplement rappeler, pour mémoire, que sur les 64.2millions d’individus que compte aujourd’hui notre métropole, près 6 millions seulement sont de confession musulmane, 500.000 de confession juive, le reste, considérable, englobant les athées (francs-maçons ou pas,) d’autres religions orientales et pour la plus grande part restante, des chrétiens en majorité catholiques.

C’est dire dans quel mépris est tenue aujourd’hui la très grande majorité de notre population métropolitaine, celle qui de surcroît est par essence laïque, puisque, pour les Chrétiens, « le Royaume de Dieu n’est pas de ce monde », comme l’a dit Jésus Christ, Juif de Nazareth.

En France, jadis considérée comme « Fille aînée de l’Église », la religion « culturelle », fût-elle séparée plus tard de l’État, était « judéo-chrétienne ». et d’abord catholique pour le plus grand nombre. A l’instar de toute l’Europe occidentale, c’est la culture chrétienne qui nous a fait ce que nous sommes, a planté dans nos villes et villages ces cathédrales, églises, chapelles, a inspiré cet art d’abord sacré,  (architectural, sculptural, musical, pictural et littéraire) qui a construit toute notre culture européenne. Ses plus grands fondateurs sont catholiques, protestants ou juifs et les brèves incursions de l’Empire ottoman n’en ont jamais modifié l’essence.

Il semble qu’aujourd’hui, par peur de représailles auxquelles nous n’échapperons pas de toute manière, il soit considéré comme indécent par ceux qui nous gouvernent et partant ceux qui nous informent, d’évoquer seulement ce qui fut il y a si peu de temps encore, le terreau de notre culture et de notre civilisation : le Judéo-Christianisme, mais plus spécifiquement, en général, le mot « chrétien ».

Quand le Président du CRIF, M. Cukierman, dénonce le plus honnêtement du monde que « tous les djihado-terroristes sont musulmans » il ne n’énonce rien d’autre qu’un fait hélas avéré. Il n’a jamais dit, comme certains auraient voulu le faire croire, que tous les musulmans sont des terroristes, et loin s’en faut. Il n’en demeure pas moins que les plus dangereux des terroristes auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés se revendiquent d’abord et avant tout musulmans, en guerre contre l’Occident pour y instaurer un Islam de conquête.

Dans l’immédiat, ils s’acharnent vigoureusement sur tous ces Chrétiens d’origine que sont nos frères d’Orient, qu’ils soient Egyptiens (Coptes) ou Assyriens, ou ceux plus récents d’Afrique, mais que notre chef d’état se se garde bien, lui,  d’appeler « Chrétiens ». Car si nos gouvernants n’hésitent pas un instant à en appeler à l’Unité nationale et à « lutter contre » l’islamophobie qui règnerait soi-disant dans ce pays, on ne les entend guère dès qu’il s’agit de l’évidente christianophobie qui a progressivement envahi toutes la sphère politico-médiatique largement dévolue à l’anticléricalisme maçonnique.

Il aurait été heureux de rappeler à ceux qui en douteraient encore que la plupart des étrangers, souvent musulmans,  qui viennent en nos pays (judéo-chrétiens) n’aspirent pour la plupart qu’à y trouver la paix et la liberté qui y règnent encore, et non à y porter la guerre et l’oppression qui les ont chassés de chez eux.

Il est d’autant plus dangereux de faire croire à une opinion constamment manipulée qu’il faut se garder de « stigmatiser » une communauté, elle-même victime des excès de certains de ses membres : la France n’avait jamais été jusqu’alors l’adjonction de communautés, ce que certains voudraient qu’elle devienne pour d’évidentes raisons politiques, mais bien le terreau généreux d’une population diverse et variée, liée- mais pour combien de temps encore- par un même sentiment d’appartenance à une terre de  création et de liberté.

Chrétiens et Musulmans peuvent-ils être également démocrates ?

Image Sud-Ouest
Image Sud-Ouest

J’apprenais il y a quelques jours qu’un parti dont j’ignorais l’existence comptait présenter des candidats aux prochaines élections départementales : celui de l’Union des Musulmans démocrates de France (UDMDF). Sortant à peine de ma lecture de Soumission, le dernier livre de Michel Houellebeck, je ne pouvais évidemment que m’interroger sur le sens profond de cet évènement.

On nous bassine depuis des lustres avec la laïcité de la France qui, après avoir tranché dans le vif d’une Foi chrétienne encore ardente, a séparé de l’État le pouvoir de l’Église catholique, squatté ses maisons, spolié ses biens et relégué ses chapelles tout comme le fait religieux aux confins de la sphère privée. C’était déjà en partie le cas du Christianisme, qui distingue d’emblée le pouvoir d’ici-bas du Royaume des Cieux. Ce n’est hélas pas celui de l’Islam, qui fait Loi ici-bas.

Un parti politique démocrate qui se revendique chrétien ne cherchera jamais, par nature, à imposer une « loi religieuse » à une communauté d’hommes et de femmes qui seront toujours considérés également, quelles que soient leur sexe, leurs croyances ou leurs origines.

Un parti politique démocrate qui se revendique musulman subira fatalement l’influence des différents courants de cette religion qui tendront tous, à court terme, vers l’application de la Loi islamique, ou Charia, qui impose la reconnaissance et la préférence exclusives de ses propres fidèles et dont nous connaissons déjà tous les débordements dans notre sphère publique.

Il suffit de lire son programme pour en être assuré.

Sans doute faut-il « faire avec » le monde tel qu’il va. La propagande du « vivre ensemble » qui se répand depuis plus de trente ans dans tout l’Occident assurera probablement la chute de ce qu’il fut, mais il semble évident que les jeunes générations s’accommodent déjà fort bien de ce communautarisme qui vient, à l’instar de ce que certains ont déjà connu dans les pays anglo-saxons.

La France ne sera plus jamais ce qu’elle fut, il faut s’en faire une raison. Le succès époustoufflant du livre de Houellebeck en est une vision, hélas, assez probable.

Retour vers la Foi, dans l’Eglise catholique

Un essai récent de Jean-Claude Guillebaud m’a littéralement séduite et bouleversée. Il y relate avec une concision extrême la progression qui l’a lentement ramené de la vie à la Foi et de la Foi à l’église. Chaque vie suit son propre chemin. Le sien représente assez bien celui de ma génération, antérieure à Vatican II, qui n’a pas perçu ou pas suivi les changements que ce grand concile a apporté à notre Eglise.
Cette église dans laquelle je suis moi aussi revenue.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Michel Onfray et autres sectateurs de l’athéologie, la voient encore pour ce qu’elle fut, en des temps aujourd’hui reculés de règne et de splendeur. Cet « opium du peuple » honni de toutes les Lumières et autres Révolutions. Ils La voient encore comme un frein à l’autonomie de l’esprit, à la liberté des consciences, à l’accomplissement de soi-même. Ils ne savent tout simplement pas de quoi ils parlent. Ils seraient bien surpris par la lecture de lettre encyclique Fides et Ratio du Pape Jean-Paul II.
Quant à la laïcité qu’ils revendiquent, elle n’est tout simplement pas conforme à nos constitutions.

Ce retour du religieux chrétien qui aujourd’hui les inquiète ou pire les scandalise ne répond pourtant qu’à l’évidence millénaire de ce que nous sommes : matière, esprit et espérance.

Cette Espérance, ce mystère de la Foi chrétienne fascine les plus sceptiques, interroge philosophes, historiens, sémiologues et romanciers. Car les ouvrages abondent, qui font retour sur le Mystère chrétien, son histoire, son Eglise, ses martyrs et ses saints. De Régis Debray à Régine Desforges en passant par Max Gallo, Alain Decaux ou Julia Kristeva, ils nous ont tous livrés leurs études, leurs réflexions ou leur fantasmes sur ce Mystère chrétien qui se perpétue depuis deux mille ans.

Car c’est l’Espérance qui fait Joie pour les catholiques de France et d’ailleurs et pour tous les chrétiens. Espérance de paix, ici, maintenant, toujours. Cette espérance, il nous appartient de la communiquer.

Il y a aujourd’hui plus d’un milliard de catholiques dans le monde, témoins d’une Eglise rénovée, qui, depuis les quarante ans de Vatican II, a retrouvé avec Jean XXIII et ses successeurs le message universel de ses origines : « Aimez-vous les uns les autres ». Un message unique au sein de toutes les religions.

Ce message, c’est dans la liberté de leur Foi que les fidèles aujourd’hui essaient de le vivre et de le mettre oeuvre. Au quotidien.

Cette liberté, ils ne l’ont pas acquise sans quelque souffrance : 1905 fut pour l’ Eglise de France une année terrible, mais ce fut aussi l’occasion pour elle d’un nouveau départ, d’une nouvelle mission dont Vatican II achèvera la mise en place et qui depuis se perpétue et s’élargit.

C’est dans la plus totale liberté qu’aujourd’hui – et depuis plus de cinquante ans- les catholiques de France se rendent dans leurs églises, parfois nombreux, aux Rameaux, à Pâques, à Noêl, parfois plus rares aux offices ordinaires. Pour y partager, dans la communauté qu’ils constituent, un moment de Joie et d’Espérance qui les nourrit et les abreuve, comme ils ont été nourris et abreuvés depuis deux mille ans de cet Amour divin total et universel prodigué par le Crucifié.

Mais c’est de plus en plus dans le dénuement des paroisses de France, leur manque patent de prêtres, et avec l’engagement de laïcs de plus en plus nombreux pour les seconder.

Vivre sa Foi chrétienne aujourd’hui exige non seulement de la rendre visible en l’affirmant par ses actes, mais encore de maintenir la viabilité de notre Eglise en assumant l’entretien de ceux qui la font vivre, qui ne vivent pas de l’air de temps, mais bien de ce Denier de l’Eglise que tant de chrétiens catholiques rechignent si souvent encore à lui verser.

Continuer la lecture de Retour vers la Foi, dans l’Eglise catholique