Cette bombe sur laquelle nous sommes assis et que nous cachent ceux qui devraient nous informer

La révolte qui gronde
La révolte qui gronde

Ce n’est évidemment pas sur les plateaux télé que l’on peut apprendre quelque chose, n’en déplaise à ces animateurs pipolisés et satisfaits, bien  payés  pour organiser ces jeux du cirque où l’opposant  est confronté à leur technique d’obstruction, réduit quasiment au silence et fatalement livré à l’opprobre puisqu’il ne peut se défendre. Nos amis anglais sont de ce point de vue bien mieux lotis, avec une BBC qui s’est toujours érigée en défenseur de leurs libertés, dont l’expression est le premier stade : on y laisse parler l’interlocuteur qui a toute latitude pour s’expliquer.

On en est déjà à se demander si elle existe encore chez nous, cette liberté d’expression qui faisait l’un de nos  apanages, car il ne fait plus bon parler de réalités,  et ce n’est pas une fois encore  Alain Finkielkraut, je l’écrivais hier, qui pourra me contredire.
La vérité de son échec dérange à ce point notre pouvoir défaillant que la presse qui le soutient au trois quart s’est bien gardée de développer plus avant certaine enquête assez fouillée sur l’état des Français et dont Valeurs Actuelles a récemment repris la totalité.
Nous ne serons jamais assez nombreux à faire connaître cette situation que le sport et les tempêtes successives qui endommagent nos côtes, leurs territoires et leurs habitants ont beau jeu de faire éluder : tous les sujets  sont bons pour éviter ces vérités qui ne peuvent que nuire davantage à un dirigeant et à un pouvoir que moins d’un quart de la population approuve encore.

Sans doute n’est-il pas très raisonnable de comparer le temps présent à ce que fut, politiquement,  la très noire période des années trente, puisque la même eau ne coule dit-on jamais sous le même pont. Ceci étant, quand le mensonge se prend pour  » l’art de gouverner » et que les vérités ne se peuvent dire, alors, oui, il y a lieu de s’inquiéter. La France n’est pas « sortie de l’auberge », et n’en a pas vraiment pris le chemin.

Il reste malgré tout une bonne nouvelle (dans ce sondage) : si nous  Français  ne croyons quasiment plus en aucun de nos politiciens (à l’exception de l’ancien Président Sarkozy pour 36 % d’entre eux, et c’est le maximum),  nous demeurons fort heureusement très attachés à la démocratie (82 %). Et si  nous faisons font d’abord confiance, au même niveau,  en nos hôpitaux, en notre armée, notre  police et nos associations (nous savons bien tout ce qu’elles font pour nous) nous commençons à  considérer un peu mieux ces entreprises qui nous font vivre, et il est grand temps car elles sont la clé de notre futur.
Les medias et les politiques pourraient bien, en bons derniers, aller se faire voir !

Information: entre le buzz, l’émotion et la rumeur du complot, la réalité a rarement le dernier mot

Sur Arte cette semaine, la tentative de Daniel Leconte de déjouer les pièges de la désinformation n’aura guère retenu l’attention : 2% d’audience contre 27,4 pour le Dr House. C’est dire tout l’enjeu de l’information.  Un enjeu dont se « foutent »  la plupart des gens qui ne mesurent malheureusement pas les conséquences de ce qu’ils subissent et à quoi cela peut (encore)  les  mener.

David Pujadas, désormais « pure people » mais  libéré ici par le micro de Denis Jeambar,  est tout d’un coup remonté dans mon estime : j’ai bu du miel en entendant ses propos et ceux de ces journalistes  prétendument « en colère », mais surtout affligés de ne pouvoir exercer leur métier autrement que de la façon à quoi les contraint le « marché » , du moins celui des radios-télés. : au plus bas niveau de l’émotion, de la bonne conscience, du micro-trottoir, du bon conseil et du mode d’emploi, bien loin devant la rigueur de l’enquête,  la réserve et l’analyse qui restent encore les vrais critères, du moins pour une certaine presse écrite qui attire cependant de moins en moins de lecteurs. M. Pujadas devrait retourner aux écritures, moins lucratives sans doute que la télé, mais il s’y sentirait bien mieux.

L’imposture et la manipulation  dévoilées dans cette « Théma » ont un bel avenir. Pour n’être pas nouvelles, elles ont aujourd’hui l’avantage jamais atteint de pouvoir  diffuser leur venin instantanément,  dans le monde entier et dans toutes les langues et de moduler les opinions. La théorie du complot, quel qu’en soit l’objet,  fait florès et, comme les pires rumeurs,  parvient presque toujours à déjouer toutes les manifestations factuelles de la vérité objective en s’appuyant sur des témoignages, documents ou rapports soi-disant cachés. « La vérité est ailleurs » pour les chercheurs de type  X-files, et pour quantité d’entre nous, assaillis par le doute face aux contradictions de l’information.

J’avoue avoir été sidérée en recevant dernièrement un film sur le 11 septembre. Le montage en était parfait. L’illusion  du « complot » aurait pu marcher si je n’avais pas eu la chance d’être entourée de spécialistes de résistance des matériaux pour qui la cause (de l’effondrement rapide des tours) est entendue.

Quant à la grippe et ses vaccins, vecteurs de calamiteuses  rumeurs, rien ne permettra jamais à ceux qui les ont propagées de les détromper : le discernement et l’analyse sont assez mal enseignés ou mal pris en compte.

En matière de manipulation et de fabrique d’opinion publique, tout est donc possible et malheureusement, sans limite.

journalistes et chroniqueurs : le plus aimable d’entre eux : Alain Remond

Avant de clore ces lignes, et cette fois définitivement, je voudrais rendre hommage à Alain Remond, dont l’homonymie ne cesse de me rappeler le regretté René et l’acuité de son dernier ouvrage.

Chaque matin, Alain Remond nous livre dans son huitième de page une vision réjouissante d’un quotidien où l’absurde le dispute généralement au ridicule, fût-il tragique, tant nos vies  sont aujourd’hui harcelées par une surenchère de contraintes sociales, culturelles, économiques et commerciales. Du moins avons nous le pouvoir (mais surtout le droit) d’ en rire.

Dans la paix de notre petit hexagone, où nos medias s’agitent en coeur pour dénoncer des manques ou des excès de tout ce qui ferait, dans tant de dictatures et autres théocraties, figure de grands bonheurs (nos libertés, notre justice, notre éducation, notre santé, etc..), Alain Remond présente cette vertu immense de chercher chaque jour ce qui nous replonge, avec bonheur, dans le réel de notre quotidien heureux.

Sans acidité ni acrimonie, il nous ramène à nos rassurantes limites, celles dans lesquelles nous avons le  pouvoir de pinailler sur le superflu quand l’essentiel est quasiment garanti.

Nous ne savons souvent de l’état du monde que ce que les medias nous en montrent, ce que les « experts » nous en disent, mais nous voyons ce qui autour de nous le transforme, l’améliore, le dénature ou le détruit. Nos repères évoluent dans un monde qui change, qui n’est plus tout à fait le nôtre,  où parfois nous nous sentons perdus.

Alain Remond nous offre chaque matin dans lecture de sa chronique deux minutes  d’évasion et de retour au sens, deux minutes qui n’ont pas de prix.

A lui et à mes lecteurs, je dis simplement : MERCI.

Perles (rares) du Net : le courage de la (libre) expression

Je suis encore très « jeune » dans ma pratique du Net et chaque jour m’apporte de nouveaux liens et de nouvelles surprises. Comme ce billet de Michel Garroté découvert ce matin sur la liberté (virtuelle) d’expression. L’auteur sait bien de quoi il parle. Je n’aurais pas osé aller si loin. Question d’âge sans doute.

J’ai vu monter en puissance, en trente ans, cette « correction » devenue, de mon point de vue,  « dégoulinance »,  qui interdit l’expression de tout propos hors cadre, celui-ci, parfaitement hypocrite,  étant posé comme préalable au fonctionnement même des sociétés occidentales perclues d’intenables  bonnes intentions.

Car il s’agit, du moins en apparence, d’afficher  une adhésion  quasi fondamentale au respect de tout ce qui est par ailleurs bafoué en permanence : les droits de l’homme (et du citoyen) à qui il incombe chaque jour davantage de se plier à des règles qui les obèrent et réduisent ses libertés. Il nous faut aujourd’hui avoir de « bonnes pensées », de « bons comportements » mais encore, et c’est peut-être le pire,  surtout vivre « avec précaution ».

Michel Garroté  est un journaliste catholique, ce qui le rend libre et universel. Rares encore sont ceux qui revendiquent une confession sur qui repose toute notre culture et qui fait l’objet de quolibets, quand ce n’est pas de massacres. Je salue ici son engagement, et son courage.

Iaboc a fait fonctionner deux ans un excellent blog, aujourd’hui latent, faute de temps*,  où la qualité de l’expression égale celle des sujets traités. Sans concession à tous ces faux-semblants, ces mensonges institutionnalisés par des obédiences politiques et médiatiques contre lesquelles je m’insurge à longueur de temps.

Peine perdue ? Pour certains peut-être. Mais il  suffit parfois de semer un grain de curiosité, d’interrogation, de foi et d’espérance, aussi, qui poussera peut-être n’importe où. Il serait opportun pourtant qu’il pousse aussi chez nous.

* on peut retrouver les ceux auteurs sur le site  : http://www.libertepolitique.com/

« pour lire le monde avec l’intelligence de la Foi »

Le catholicisme n’a pas à satisfaire à l’hédonisme, et il n’est pas obligatoire !

Crucifixion de Saint-Pierre, F. Lippi, Florence, 1482
Crucifixion de Saint-Pierre, F. Lippi, Florence, 1482

Je serais tentée, comme ce cher Bruno Frappat, de laisser « glisser », devant la chute de tant d’outrance. Passe encore des medias qui ont pour seul penchant la sensation, le saignant, le conforme. C’est toujours par le bas qu’ils trouvent leur audience. Quant aux laïcs, qu’ils fassent après tout ce qu’ils veulent.

Mais quand des catholiques, tels M. Juppé, qui n’a pourtant pas été,  dans sa ville, exempt de soucis ecclésiaux, s’indigne à l’instar de tant d’autres cibles médiatiques de la prétendue position du Pape, je m’insurge.

Benoît XVI est villipendé comme l’est aujourd’hui toute forme de transcendance. Sa hauteur de vue, sa connaissance et son humanité avaient, semblait-il pourtant, fait l’unanimité lors de son dernier passage chez nous. Il est vrai que la ferveur impressionne ceux qu’elle n’atteint pas, qui la méprisent, par manque, sans doute. Ils n’ont de cesse d’en infirmer le sens, pour employer cet euphémisme.

C’est oublier que rien n’oblige. Rien n’est plus difficile que d’être catholique, de vivre au quotidien l’amour de l’autre, la tolérance et le pardon. Et la liberté qui va avec. Car le Chrétien, le catholique EST LIBRE, on ne le répètera jamais assez.

Le Pape est dans son rôle en rappelant sur quoi se fonde notre Eglise, sachant à qui, d’abord, il s’adresse. Ceux-là comprendront et sauront faire la part des choses. La part qu’ils font toujours.

L’hédonisme qui ravage nos sociétés se situe le plus souvent de chaque côté de la ceinture. Bien loin en tous les cas du siège de la Foi, de l’Espérance et de l’Amour qui nous transcendent  le coeur l’esprit et le corps, qui les accueille.

Il est heureux encore, qu’on nous rappelle à ces hauteurs dont tout le matérialisme ambiant nous invite sans cesse à descendre. De ce point de vue, Benoît XVI nous y invite. Libre à chacun d’y penser et de lui rendre grâce, ou pas. Mais alors, que cesse ce vacarme !

Iran: 30 ans de voile islamique pour…. des pintades ?

C’était il y a quelques mois ; je cherchais des informations sur le mode de vie actuel des femmes iraniennes, évoqué par J.C. Guillebaud dans son dernier ouvrage (voir mon billet ), mes connaissances en la matière étant réduites à ma fréquentation très lointaine des Langues O.  Google m’a donc envoyée sans détours sur le site des Pintades en Iran, puis sur celui de son auteur, Delphine Minoui.

Harem, XVIIIème siècle
Harem, XVIIIème siècle

Ce livre avait semblait-il, à sa sortie,  pas mal agité le bocal. Interpellée d’emblée par ce titre grotesque, mais découvrant du même coup que l’auteur en était une charmante jeune femme,  titulaire  depuis deux ou trois ans du prix Albert Londres, qu’elle était depuis depuis dix ans correspondante du Figaro à Téhéran, je lui adresse ma question : Pourquoi des pintades ? Contre toute attente, je reçois sa réponse, circonstanciée, chaleureuse, mais pour moi peu convaincante. Des dindes aux pintades, il y a plutôt réduction. Un bref échange s’ensuit et son offre de me faire parvenir son livre que je reçois effectivement dans les 48 heures de son éditeur.

L’aurais-je acheté, ce livre ? Probablement pas. Avec une autre titre et une autre couverture, sans doute. Je ne suis guère cliente des guides pratiques et des « noms d’oiseaux ».Mais enfin, puisque je l’ai eu entre les mains…

Difficile, pour une femme de ma génération (mais pour celles qui suivent aussi sans doute) d’imaginer vivre dans de telles conditions, la première étant la non-mixité qu’imposent à sa jeunesse un Etat religieux, la seconde de devoir y vivre cachée; mais si l’on y songe, ces conditions ne sont  cependant que le fruit d’une longue tradition, un temps (trop court) interrompu, celle du harem. A l’aune de notre culture occidentale, cela semble insensé. Tant de chemin parcouru, chez nous depuis les gynécées si chers aux Athéniens, même si, par ailleurs, nos octogénaires d’aujourd’hui se promenaient encore dans leur jeune temps, dûment gantées, coiffées et chapeautées….

Ceci étant, quand féminité rime à ce point avec frivolité, on en vient à se demander si…..la basse-cour n’est pas tout indiquée, car de  frivolité, il est beaucoup question dans cet opuscule : celle d’un monde féminin qui m’est pour ma part presque étranger, mais moins encore, sans aucun doute, que celui, si matérialiste qui nous est présenté ici : voilà bien le comble d’un Etat prétendûment religieux, où l’Esprit semble si largement dominé par la Matière.

On fête donc aujourd’hui les trente ans de cette révolution islamique préparée sans secret à Paris,  où Le Monde d’alors tirait chaque jour ou presque à boulets rouges sur un Shah de Perse trop inspiré sans doute par des valeurs jugées par trop occidentales et matérielles,  imposées de surcroît à ses opposants par une violente répression.

Les révolutions ont cet inconvénient de faire croire à l’arrivée d’un monde meilleur. Ce n’est qu’après coup (après les coups ?) que les yeux se désillent et regardent avec nostalgie le monde…. d’avant.

Pierre Péan, parangon de l’enquêteur « à charge »

On nous indique, chez Wikipédia, que sa « page » provoque  une controverse de neutralité. Sans doute est-ce bien le moins. Mais ce que j’y ai trouvé de plus intéressant est un article de Christine Mital, décédée brutalement voici deux ans,  publié en 2001 dans son Journal : un portrait de journaliste ….. qui est, justement, celui de ce même Pierre Péan.

No comment
No comment

Chercher la Vérité est une tâche plus qu’honorable quand elle doit servir à faire le Bien. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas. Je n’ai jamais vu, ou rarement, d’investigations tournées vers une quelconque quête du Bien, sauf dans les cas appropriés d’ agiographies,  contre-expertises,  ou réhabilitations.

Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose, écrivait Beaumarchais. Car dès lors, la chose est pour ainsi dire adjugée.

Voilà une vision du monde (du Monde ?) qui me semble bien désolante. Car en définitive, on n’en voit guère, pour seul résultat, qu’une défiance accrue pour tout ce qui, de près ou de loin, touche aux pouvoirs, quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent. Une vision qui déchaîne des passions, des plaintes, des procès, des drames mais qui n’aboutit que rarement au résultat escompté  par son auteur.

Mais sait-on jamais ce qu’il en attend ? Et si c’était au fond tout autre chose que cette quête de Vérité et de Justice, comme le moyen le plus tangible de faire parler de Soi ? Et, le tout ramené au nombre de tirages escompté, d’en tirer quelque substantiel profit ?

Dans l’article évoqué plus haut (Nouvel Obs,  mars 2001) sur les sept familles de la République des Lettres, le dernier me séduit particulièrement : il évoque l’écrivain libre et (alors) méconnu (Stéphane Zagdanski) qui ne vit que pour l’impérieuse nécessité d’écrire, dans le dédain de toute contrainte matérielle qui conduirait à l’en priver. Et l’auteur de l’article de citer Jules Vallès évoquant tous ceux qui, nourris de grec et de latin, sont morts de faim.

Que m’importe qu’un Péan ou un autre extirpe de dossiers, d’archives ou de poubelles ce qui peut ressembler à une vérité. L’enquête est ici obstruée par l’obsession de son auteur d’instruire uniquement à charge. Ce n’est pas une voie loyale mais la forme, assez dévoyée, de l’image de justicier qu’il se fait de soi.

Autant dire que je n’ai aucune envie de savoir ce que pourrait être « Le monde selon K. »

Arte Info : Elections, chômage : L’information réformée par des chiffres inexacts, mensongers, ou non vérifiés

Alors là, je ne me retiens plus : fidèle de la chaîne (sans publicité), et  n’en demeurant pas moins très circonspecte quant à son objectivité, je constate depuis quelques jours que l’on nous « balance » des chiffres furieusement érronés, sortis d’on ne sait où. Ce furent d’abord, cette semaine,  ceux de la campagne électorale des candidats à la Présidence des Etats-Unis, oh, trois fois rien, quelques dizaines de millions pour l’un et l’autre, genre 60 et 80. Pour mémoire, on est parvenu a plusieurs CENTAINES, ce qui n’est pas exactement la même chose. (voir mon billet précédent)

Le chômage en France le 30/10/2008 vu par Arte-Info
Le chômage en France le 30/10/2008 vu par Arte-Info

La tendance hier était inverse et plutôt haussière dans le triste domaine, cette fois, du chômage : la charmante présentatrice allemande n’hésita pas un instant à nous présenter un tableau (qui donc a bien pu l’établir, celui-là ?) présentant l’accroissement du chômage en France : + 8000, (ce qui est exact) soit 3.869.400 !. Quand on sait que le même jour, le chiffre officiel (1.957.600) était disponible dans tous les autres medias, on ne peut que s’interroger sur la validité du reste des informations fournies par la chaîne…..

Devant l’énormité de la chose, j’ai bien sûr attendu un démenti, ou à tout le moins des excuses. Mais j’ai attendu en vain.

Allons, messieurs d’Arte Info, si prompts souvent à la pose, contrôlez vos sources, c’est le b.a. ba du métier !

Journalisme : la tête haute et bien faite de Memona Hintermann

Je n’aurais jamais pensé lire les confessions de Memona Hintermann si elles n’avaient figuré au programme de mon abonnement à la Bibliothèque Orange, qui a l’inestimable avantage de m’assurer un complément de lectures nécessaire pour combler mes propres acquisitions.

J’ai tout simplement dévoré son livre, la nuit dernière. Dévoré, parce que dès les premières pages, j’ai été saisie par son histoire, il est vrai peu banale. Et ce, malgré un a priori contre.

On devrait toujours se méfier des a priori. Mais FR3 m’a toujours semblé si marquée, au plan de l’information, que je ne suis toujours pas vraiment sûre que l’idéologie communiste, dont Mme Hintermann décrit au demeurant très bien le processus d’infiltration (voir plus bas), en soit définitivement exfiltrée.

Ceci étant, sortir d’une déroute familiale, de la misère et pis encore de l’exclusion sociale n’est pas le moindre défi. Memona l’a relevé dignement, avec courage, ténacité, et le verbe très haut encore.

Etre grand reporteur n’est pas un métier facile ; il est même dangereux. Rien à voir avec l’animation de plateaux, auxquels se consacrent tant de journalistes plus ou moins patentés. Mme Hintermann n’a d’ailleurs rien obtenu facilement, ce qui rend d’autant plus appréciable sa liberté de ton et l’engagement qu’elle a pris très tôt d’informer les autres de la vérité de choses souvent occultées. Surtout en France où l’on s’entend si bien à s’auto-flageller, à s’excuser, se repentir d’avoir été.

J’ignore ce qu’est devenu ce M. Hervé Guibert, homonyme sans doute de l’écrivain défunt, qui fut un temps Directeur de l’Information de FR3 et qu’elle ne porte pas dans son coeur. Et pour cause : « En 1981, quand la gauche unie arrive au pouvoir, derrière François Mitterand, le parti communiste infiltre plusieurs de ses journalistes, notamment de l »Humanité, à des postes de commande. (…) A la rédaction nationale de FR3, les communistes font tout ce qu’ils peuvent pour démoraliser ceux qui ne sont pas sur la même longueur d’onde qu’eux. Hervé Guibert, ex-syndicaliste reconverti dans le rôle de directeur de l’information, devient, sans vergogne, un véritable patron de combat, et menace les indisciplinés » (page 177)

C’est pourtant au sein de cette chaîne que Mme Hintermann a passé sa carrière. Ce qui prouve que les choses peuvent, quand même, changer. C’est là toute la force de notre République, qu’elle défend si bien. Elle sait ce qu’elle lui doit : une école et ses hussards, qui sont la chance des plus malchanceux. a condition qu’ils s’en donnent la peine. Et de la peine, elle en a eu et s’en est donné : elle sait de quoi elle parle, quand elle parle d’immigration, de misère, d’exclusion, d’intégration …. et de religion. Chez elle, on est musulman ET catholique. Indien ET Breton (de la Réunion). Et d’abord Français.

J’ignore ce qu’en pense M. J.C. Guillebaud (prix Albert Londres) que j’admire particulièrement : j’espère seulement qu’il apprécie une consoeur aussi impliquée que lui dans sa foi et son espérance, sa recherche de la vérité et sa quête de justice. Cela n’est sans doute pas le cas de bien d’autres, qui n’honorent guère la profession.

Mémona Hintermann, déjà médaillée de la Légion d’Honneur en 2001, vient d’être décrétée, le 16 mai dernier, officier de l’ordre national du Mérite, une distinction qu’elle méritait bien.

Stieg Larson : « Millenium » ou la fascination du Mal

Les critiques se sont abondamment chargés de commenter ce « pavé » auquel j’ai moi-même fini par « succomber », comme je succombe depuis cinquante ans à ce « vice impuni, la lecture »…..Mais j’en ai gardé un goût amer et, en quelque sorte, de temps perdu.

M. Larson nous a livré là une oeuvre unique, intense et passablement cynique dont on peine à croire, non seulement qu’elle est réellement fictive, mais encore qu’elle ne lui fut pas tout bonnement fatale.

M. Larson était journaliste. Comme Carl Bernstein et Bob Woodward, qui sans aucun doute l’ont inspiré, même si son Millenium a peu à voir avec le Washington Post, et les crapuleries suédoises qu’il y dénonce avec le Watergate.

Il semble même que ses personnages soient assez largement inspirés de ces héros de séries américaines récurrentes qui envahissent avec succès les écrans de tous les téléviseurs.

Les « affaires » d’argent sont souvent sordides, et l’investigation requise par l’enquêteur pour les déjouer (sans pour autant qu’une morale y soit implicitement revendiquée) le met souvent face à de véritables horreurs, tant morales que physiques. M. Larson se complaît ici à les décrire avec minutie, en vertu semble-t-il d’une évidente fascination.

Cette fascination du Mal n’a rien de nouveau, qui date de l’humanité. Mais son étalage, lui, est récent. La multiplication des media de communication nous l’inflige à longueur de temps sur les écrans, les ondes, les éventaires, les lieux d’exposition. La pornographie la plus abjecte est accessible à qui veut la trouver. Les photographes de presse nous repaissent d’images infâmes et inutiles qui banalisent ce mal qu’ils prétendent dénoncer. La littérature s’en était depuis fort longtemps emparée, mais du moins servait-elle incidemment à valoriser la Vertu.

La société que M. Larson nous dépeint ressemble à ce que pourrait être la nôtre si elle devait se conformer aux préceptes d’un Michel Onfray, détracteur inlassable de la pratique religieuse et guru patenté de ses contempteurs. Une société centrée sur la seule satisfaction du soi, libre et seul au sein de la multitude. Une société sans partage, sans âme, sans joie. Où tout est permis, sans limite. Une société où, paradoxalement, tout est mis en oeuvre pour culpabiliser ceux et celles qui ne se conformeraient pas aux usages d’une morale compassionnelle et mercantile, trop prosaïquement rédemptrice.

C’est donc avec stupeur que j’ai trouvé, dans le dernier numéro de Croire, un avis plutôt favorable à s’y plonger, car les eaux de ce Millenium sont troubles, et, pour un chrétien, vraiment troublantes.