Redécouvrir Jack London

La rue Monsieur le Prince est un des mes lieux « incontournables » lors de mes passages à Paris. En partie à cause de ses librairies, mais plus encore de ses libraires. Celle de l’Escalier, passionnée d’Asie mais de tant d’autres sujets encore, est tout simplement délicieuse. Et aussi délicieusement simple.
L’autre jour, tout en évoquant des auteurs qui nous sont chers, mon regard s’attarde sur un petit livre posé là, parmi tant d’autres, et qui retient mon attention ; un titre de Jack London qui n’évoque pour moi rien de connu. Il me semblait pourtant avoir, il y a bien longtemps déjà, dévoré tous ses livres. Avec passion. Mais cette Fille des neiges, non, je ne la connaissais pas. Une découverte.
Je me souvenais d’un London engagé dans la lutte sociale en ce début du XXème siècle, mais n’avais pas noté alors cet occidentalisme exacerbé qui suinte de cette « ode à la race », terme qu’il place à maintes reprises dans le discours ou les propos de la famille Welse, père et fille. Par delà cet aspect aujourd’hui étrange, on retiendra surtout ces magnifiques portraits d’hommes et de femmes forts, libres, avides ou mesurés, couards ou courageux qui vinrent pendant dix ans prospecter l’or du Canada, aux confins du monde habitable. La Fille des neiges, deuxième roman de Jack London, est le premier de ceux écrits sur le Grand Nord.