Un film démoli d’avance, « vu à la télé » : Vercingétorix

Il suffit de regarder les quelques critiques (en ligne) sur les sites de cinéma ou plus simplement de se souvenir de l’épouvantable battage commercial dont ce film avait fait l’objet… il y a 6 ou 7 ans : tout ce qu’il faut pour vous en dégoûter. Le film de Jaques Dorfmann a même été doté, en mars 2002, de 3 « Bidets d’or », dévolus par dérision au « plus mauvais film de l’année ». Quant à Christophe Lambert, ses détracteurs oublient qu’il fut le héros (césarisé) du Subway de Luc Besson et un remarquable Greystoke, alias Tarzan, pour Hugh Hudson, même si la plupart du temps, on l’associe à son personnage récurrent de Highlander.

Un Celte, donc. Normal qu’il ait été choisi pour incarner Vercingétorix, ce héros arverne qui honore, encore, notre vieille Gaule. Et la bonne ville de Clermont-Ferrand.

Nous n’en savons pas grand chose d’autre, d’ailleurs, de la Gaule, non plus que de son héros, que ce que nous en a laissé Jules César dans sa superbe Guerre des Gaules, au moins effleurée par tous les latinistes.

Vercingétorix par Bartholdi, Place de jaude à Clermont-Ferrand
Vercingétorix par Bartholdi, Place de jaude à Clermont-Ferrand

N’en déplaise à tous les fans de Goscinny (et Uderzo), nous sommes là bien loin du « petit village gaulois ». D’où l’insuccès total de ce film, ni plus ni moins mauvais qu’un autre (peplum, western ou road movie), que tant d’internaute se sont attachés à conspuer.

Il ne s’agissait là, au fond, que d’une histoire, la nôtre, et d’un de nos héros. Compte tenu du peu de données dont nous disposons, le rendu était méritoire, et le travail bien fait. Quelques longueurs, peut-être, mais sans excès. Pas de pathos, ni de flux sanguins inutiles.

La fin dramatique et lamentable du héros, à Rome, nous est ici épargnée. L’auteur s’en tient à la reddition d’un seigneur, encore confiant.

Il s’agit là d’un travail honnête et sérieux qui ne méritait sans doute pas l’accueil déplorable qui lui fut fait. Sans doute le sujet n’était pas assez « porteur« , ce héros paraissant trop sage, dans un monde qui ne l’est pas.

Quant à Christophe Lambert qui semble-t-il intéresse assez peu la presse, il est devenu co-auteur d’un site d’échanges gratuits, pour DONNER (et non vendre) ces objets dont nous ne savons plus que faire et qui peuvent être si utiles à certains. Cela vaut au moins d’être souligné.

Sondages: la France comme elle est, moitié pour, moitié contre

Le Président Sarközy (de Nagy-Bocsa) a parlé. Les sondeurs on enquêté. C’est une des constantes de notre mode de vie. Le portrait que nous renvoie le dernier sondage (Opinion-way pour le Figaro) est plutôt rassurant : au fond, les Français parlent tous de la même chose, quelles que soient leurs opinions. Ou plutôt, les choix qu’on leur propose en les sondant ne reflètent jamais rien d’autre que les préoccupation des sondeurs, objet de leur contrat. C’est dire qu’on leur laisse assez peu de liberté, aux sondés !

Enfin, une bonne nouvelle : les Français, j’en suis, semblent avoir majoritairement compris la nécessité de la Réforme. C’est plutôt bon signe…. pour l’avenir de leurs enfants. Car il faudra bien sûr attendre. Il faut toujours savoir attendre. D’abord semer. Regarder pousser et, enfin, récolter. Ah, cette impatience ( des medias) à vouloir toujours cueillir ce qui n’a pas encore fleuri !

Il en est un peu de Sarko comme de Badinguet, haï par Victor Hugo puis de nos républiques. Mais nous n’avons plus de Victor Hugo. Et si nos écrivains s’exilent, ce n’est plus que par goût d’ailleurs.

Tout cela est « un peu court », et heureusement on en revient : Napoléon III a donné à la France, avec autorité, une de ses plus prospère périodes, et créé ce qui fut alors sa modernité et qui fait aujourd’hui une grande partie du charme qu’elle conserve (Garnier, Eiffel, Haussmann, Vichy, Compiègne, etc…). Il produisit avant la naissance d’Emile Durkheim, une Extinction du paupérisme qui préfigure les oeuvres à venir en matière de sociologie, tout en écrivant un certain nombre d’ouvrages sérieux.

Il voyait loin, Napoléon III, le tant décrié, et bien au-delà de Sedan. Victor Hugo quitta son exil anglais de Guernesey après 19 ans. Napoleon III faillit bien le croiser, et il y demeure encore : après 135 ans à Farnborough, il faudrait peut être songer à l’en ramener.

Nul ne sait encore ce que sera la France dans quatre ans, mais son Président sait, lui, ce qu’il fera. Les Français auront quatre ans de plus, un paquet de retraités sur les bras, de nouveaux soucis, de nouveaux besoins, de nouvelles attentes. De nouveaux espoirs. Probablement toujours les mêmes. Il leur faut toujours un moment, pour mesurer le temps perdu.

La belle actualité de Mazarin :Esprits frondeurs, étude, roman, série télé

Sans doute est-ce cet air de Fronde, qui règne sur la France depuis …. toujours, qui aura inspiré ces derniers temps pareille diversité dans l’offre : le Cardinal est décidément à la mode !

Madame Simone Bertière , historienne, nous livrait l’an passé une remarquable étude, un long travail de recherche et d’approfondissement sur la personne et l’oeuvre de Guilio Mazarin, y précisant d’emblée sa volonté urgente de « corriger auprès du grand public la déplorable réputation injustement accolée à sa mémoire » . La démarche de Simone Bertière à ceci de remarquable qu’étant devenue spécialiste du pire ennemi de Mazarin, le Cardinal de Retz, elle confesse à ce propos : »Il m’en était resté une sorte de remords envers ce dernier (Mazarin), et le sentiment que je lui devais réparation« .

J’ignore encore sous quels auspices se présente la toute récente publication du Pour l’amour de l’enfant Roi : Jules Mazarin – Anne d’Autriche, d’ Alain-Gilles Minella paru le 13 mars aux éditions Perrin.

Présenté avantageusement par l’éditeur (et les revendeurs) comme : « La biographie d’un couple uni dans le pouvoir et dans l’adversité, par un véritable amour et par l’ambition de faire de Louis XIV le plus grand roi du monde. » cet ouvrage a toute les chances de rencontrer un large succès, puisque déjà renommé, sur un site commercial : La Reine et le Cardinal

C’est avec ce titre, donc, que le succès pourrait être au rendez-vous en 2009 sur notre écran avec la diffusion qu’on nous annonce (tournage en cours), d’un téléfilm porté par l’acteur Philippe Torreton qu’il n’est plus nul besoin de présenter. Il est précisé sur les fiches disponibles que le scénario n’est pas l’oeuvre de M. Minella, historien, mais bien celle de Jacques Santamaria, scénariste.

J’ignore, vu de ma petite lorgnette, ce qu’il adviendra de la vision nouvelle que les Français pourront avoir sur ce Cardinal italien qui mena si bien, au final, notre pays, et dont quelques rares auteurs, aujourd’hui, tentent de réhabiliter la vie et l’oeuvre. Espérons que leur tâche n’aura pas été vaine.