Au bonheur des ados éperdus de lectures

Il n’est de jour qu’on se lamente sur le sort de la lecture, des livres et de l’enseignement. Il n’est de jour qu’on se lamente, d’ailleurs, sur n’importe quoi. Il y a pourtant tant de sujets de réjouissance, à commencer par ce constat : les ados adorent la lecture. Du moins certains. Ceux-là, à n’en pas douter, iront plus loin que les autres.

Je pense à tous ces lycéens qui chaque année sont investis pour sélectionner leur propre Goncourt. Et ce, depuis vingt deux ans déjà. Sans doute leurs choix sont-ils limités à la production de l’année, mais du moins font-ils preuve  d’assez de finesse pour saisir ce qui fait un bon livre, ou plus sûrement un bon roman, ce cheminement intime, cette adhésion à la juste et le plus souvent belle expression de sentiments, de pensées, d’histoires et de vies dans l’histoire,  riches de cette altérité qui nous construit.

Ce Club des incorrigibles optimistes qui a fait l’an passé l’objet de leur choix fut  un véritable régal pour moi qui ai vécu ce temps de l’histoire, et pour partie, la remise en place d’un puzzle qui alors m’avait échappé.

Ils ont nous dit-on élu ce livre « pour sa richesse thématique et littéraire, le réalisme de ses personnages et leur proximité », ce qui me laisse supposer tout ce qu’ils ont pu y trouver de vérités souvent peu énoncées ailleurs et dont ils sauront profiter.

A l’instar du héros de ce livre, je pourrai presque les imaginer, ces ados d’aujourd’hui, sur le chemin du lycée, les yeux rivés sur le livre qu’il tiennent  à la main, impatients de tourner la page pour ne pas manquer la fin du chapitre avant le début du cours. De ce point de vue, il n’y a pas d’âge pour être « ado ».

La lecture et les livres ont encore de beaux jours.