Cette Europe désarmée qu'il nous faut sauver !

union_europeenneOn ne dira jamais assez tout ce que nous devons à l’Europe : 60 ans de paix. Ceux qui prétendent qu’elle nous ruine sont des imposteurs, car la paix n’a pas d’autre prix que celui de toutes les vies épargnées à l’intérieur de nos frontières et qui valent d’autant plus aujourd’hui que l’on se bat tout près de nous.

Ceci étant, nous sommes quasiment désarmés. Par l’inconscience, la candeur ou le parti pris de leurs dirigeants successifs, nos états européens ont l’un après l’autre rogné leurs budgets militaires au point de les rendre quasiment inopérants. Alors que les plus grandes nations du monde procèdent aujourd’hui en masse à leur réarmement, nous n’avons pratiquement, hors dissuasion,  plus d’autres moyen de nous protéger que ceux de nos alliés d’outre-atlantique qui ne cessent eux aussi de «réduire leur voilure». C’était hier le thème d’une passionnante émission de Christine Ockrent sur France-Culture. Et cela ne laisse pas de nous inquiéter, car (hors secteur spécialisé) on n’entend ce genre de propos nulle part ailleurs.

On peut penser que l‘Europe sociale est allée trop loin, que ses frontières sont trop poreuses et que l’euro n’est pas adapté à certains de ses membres. On peut penser, d’ailleurs, ce que l’on veut. Mais il semble pourtant évident qu’en sortir n’amènerait rien de bon à ceux qui le feraient. On peut penser que les élus qui siègent à Strasbourg comme les fonctionnaires à Bruxelles ne servent pour la plupart à rien et qu’ils profitent à nos frais d’une rentable sinécure. Il y a tant à faire, encore pour que l’Europe soit enfin ce qu’elle devrait être : un ensemble souverain d’Etats libres et prospères. Il y a devant nous encore bien du chemin pour lui trouver une réelle souveraineté et surtout un vrai pouvoir de décision ; sans oublier la protection. C’est à cela qu’il faut atteler ceux qu’il nous faut élire, car ils choisiront pour nous celui (ou celle) qui devra vraiment nous représenter.

Ne nous trompons pas d’objectif. Ni de vision. L’Europe doit redevenir un avenir. Pour nous et pour nos enfants.

Journaliste (F. Aubenas)ou philosophe (BHL) : l’expérience contre le discours

Florence Aubenas était ce matin l’invitée de Marc Voinchet, animateur des Matins. Son dernier livre « Quai de Ouistreham » en a fait d’ailleurs, depuis sa sortie,  l’invitée de tous les plateaux et colonnes.  Il n’y a pourtant rien de nouveau dans sa démarche : Simone Weil, Madeleine Delbrel et tant d’autres se sont immergés, pour les comprendre et les soulager,  dans des vies qui n’étaient pas les leurs. Aujourd’hui et pour quelques temps, Florence Aubenas devient un nouveau centre d’intérêt du microcosme médiatique. Comme le fut, il y a quelques jours encore, le jalousé  Bernard Henri-Lévy. Pensez-donc : une journaliste qui fait, honnêtement,  son métier : 6 mois d’enquête sur le terrain obscur de la réalité,  si loin du confort et du conformisme germanopratins, il n’en faut pas moins pour susciter tant de curiosité, de doute et de suspicion.

Nos éditocrates des Matins, par ailleurs chroniqueurs patentés  qui émargent dans bien d’autres rubriques,  n’en sont pas encore revenus. D’abord qu’on ne l’ait pas reconnue quand elle s’est présentée, au Pôle emploi de Caen, sous sa véritable identité.  Mais quoi d’étonnant, en vérité.  Un agent du Pôle, face à la file d’attente et aux dossiers qui s’empilent peut-il imaginer un seul instant qu’une personnalité, quelle qu’elle soit, se soit glissée dans la peau d’une chômeuse en quête de n’importe quel emploi ? C’est oublier bien vite toute l’acuité de la fameuse « Lettre cachée ». L’évidence le plus souvent nous échappe. La réalité aussi, quand elle est traduite par ceux qui la commentent de loin.

Marc Voinchet, parangon de la culture Radio toujours si prompt à s’ imposer dans l’interview, ne parvient pas à comprendre que l’enlèvement si médiatisé dont Florence Aubenas fut victime n’ait pas fait l’objet de sa part d’un quelconque ouvrage, où elle se serait racontée. Il comprend mal, en somme, qu’elle n’en ait pas tiré profit.

Le profit que va générer ce livre, des lecteurs du Monde  ne manquent pas de s’en indigner. Comme cette Louise, prétendument auteur(e) qui livre (22/02) une critique acerbe du travail accompli. Mais l’eût-elle fait ? Peut-être, pour un bon prix ? Les bobos toujours prêts à la critique ne le sont pas nécessairement à s’engager ailleurs que dans leurs discours, de préférence dans de beaux quartiers.

S’il est vrai, et c’est probable, que 20 % de la population française connaît le même sort que  celui des travailleurs précaires,  confinés aux tâches les plus ingrates acceptées, le plus souvent,  de bonne grâce dans l’espoir qu’elles serviront peut-être de tremplin vers un emploi meilleur ou plus durable, il est tout aussi vrai que cette réalité du monde est invisible pour ceux qui le dominent. Comme demeurent invisibles les anonymes, les petits, les sans grade largement décrits et soutenus par un Victor Hugo dont le mode de vie était au demeurant fort éloigné du leur.

Mes lecteurs s’étonneront sans doute de ma réaction : oui, j’écoute France Culture, malgré tout. Il est important de savoir comment, en haut, on perçoit le monde ; de savoir dans quel prisme il est déformé et, le connaissant, d’y échapper.

Il y a dans notre pays quantité de salariés et plus encore de bénévoles qui sont confrontés chaque jour à tous les degrés de la précarité sociale, à tant de vies si modestes, invisibles.  Ils  savent mieux que personne de quelles désillusions, de quel courage, de quels espoirs, de quels bonheurs  aussi  ces vies  sont faites. On ne peut négliger une nouvelle expérience qui a au moins le mérite de les faire connaître pour ce qu’elle sont, réellement.

Syndrome clinique de la grande exclusion : où est l’Espérance ?

l'Espoir ou l'EspéranceIl y avait matière à entendre, ce matin, sur France-Culture. Dominique Voinchet recevait aux Matins les auteurs d’un livre qui n’a, malheureusement sans doute, pas vocation à devenir un best-seller : La Grande exclusion. Xavier Emmanuelli et Catherine Malabou ont réuni dans cet ouvrage les éléments qui les amènent à redéfinir l’exclusion, vocable trop malmené qui  assimile à tort les autres vocables tout aussi usités que sont la pauvreté, la très grande pauvreté dont les origines sont diverses, mais pas nécessairement les mêmes.

L’aspect médical que les auteurs confèrent à ce qui devient l’exclusion n’avait semble-t-il jamais été véritablement abordé : le cheminement qui mène de la perte de revenu, de l’environnement social puis  à celle du logement pour mener à la rue est bien connu. Mais la « mécanique » qui s’enclenche chez un individu après quelques semaines seulement de séjour à la rue dessine ici un ensemble de symptômes connus séparément mais rarement appréhendés dans leur ensemble. Ce syndrome clinique ne manquera pas d’interpeller tous ceux qui oeuvrent à l’aide, l’écoute, l’assistance, le soutien ou la réinsertion des personnes qui en sont atteintes et dont le premier critère est un traumatisme de l’âme.

S’il est intéressant de voir analyser cet aspect psychologique et psychiatrique des « sujets » exclus, et quels que soient les voies de remède apportées,  la chrétienne que je suis ne peut manquer de noter dans la présentation de cette étude l’absence totale de référence ou liens spirituels et de la « nourriture » qu’ils représentent.

Bien des gens se sont retrouvés ou se retrouveront possiblement à la rue. Tous ne sont pas ou ne deviendront pas des exclus. Parce qu’une réminiscence, ou une voix, ou un discours d’Espérance se sera pour eux fait entendre, au-delà, bien au-delà de l’aide ou du soin apporté.

La maladie de la mort, pour emprunter à Mme Duras, c’est d’abord un manque d’espérance. Etre exclus, c’est d’abord être mort à soi-même, à sa propre humanité et à toute forme de Foi, et d’Espérance.

N’en déplaise à tous les athéologues et autres déicitaires, comme les nomme judicieusement « Monseigneur » Piero de Paoli, déjà évoqué ici.

Les buzz fonctionnent, tout va bien….

No comment
No comment

… Enfin, c’est ce que j’essaie de me dire tous les matins, puisqu’il y a, encore, des abeilles dans mon jardin. Pour mes (trop rares) lecteurs qui ignorent peut-être ce qu’est un buzz, je les renvoie à un lien qui leur explique. J’utilise beaucoup de liens. Je me demande si c’est utile, mais cela peut servir à certains. Le dernier en date (le dernier buzz) qui fait l’actualité ce matin dans un grand nombre de journaux (je ne lis pas que La Croix, à laquelle je suis abonnée), est affligeant et, à suscite ce qu’on dit, une polémique.

Affligeant, en effet, parce que des images montrent dans la réalité, cette violence que les fictions présentent à longueur de temps sur tous les écrans : des bandes se livrant à une scène d’agression banalisée par ces mêmes images. Que cette réalité engendre la polémique est une tout autre histoire. Il est en effet probable que toutes les caméras qui déjà nous surveillent regorgent, hélas,  de ces incidents que les medias nous relatent à l’envi dès lors qu’ils en ont connaissance, que les délinquants y sont identifiables,  donc identifiés,  et que la Justice, un jour ou l’autre,  s’en chargera. Mais là encore, c’est affaire de Droit, celui qu’on a, aussi, de revenir ad libitum ou peu s’en faut sur la chose déjà  jugée.

Dans une société, la nôtre, qui tente désespérément de faire la morale dans la dégoulinance médiatique des conseils de prudence et autres bonnes intentions, dont les plus élémentaires valeurs humaines ont été progressivement éradiquées par l’extension des « libertés » et le pouvoir de l’opinion très largement fabriquée, quoi d’étonnant  ? On ne souhaite en général récolter que ce que l’on a semé, mais aucun jardinier n’ignore que s’il n’y prend garde,  le chiendent finit par remplacer le gazon.

Ce midi encore, sur les ondes de France Culture, des critiques de services encensaient Jerk, une pièce de Dennis Cooper qui se donne au théâtre de la Bastille où le divin Marquis, longtemps, séjourna. C’est dire combien, chez nous comme ailleurs, la violence et le Mal fascinent, je l’ai déjà écrit ailleurs.

Ce soir de Jeudi Saint pourtant,  j’irai, avec quelques autres, prier le Seigneur pour qu’il nous garde de ce Mal qui veut cacher la Beauté du monde qui, autant que lui est partout et qu’il faut s’acharner à voir, pour ne pas devenir fou.

Certains Matins sur France-Culture … on part écouter RTL

On l’aura compris, il y a longtemps que j’écoute France-Culture. Pour une bonne et simple raison :  pas de publicité commerciale et nombreux centres d’intérêt.

L’éloge du savoir, par exemple, qui permet aux plus isolés de suivre, comme s’ils y étaient, des cours du Collège de France ou de telle Université  où un Maître de son domaine aura professé.

Les enjeux internationaux, dont  Thierry Garcin, autre maître du genre, rend pour nous presque lumineux les méandres obscurs.

730px-microphone_studio (wikicommons)Et toujours, ces Matins, autrefois animés par Jean Lebrun qui avait tant d’égards pour nos campagnes et ceux qui vivent bien loin de tous ces petits feux parisiens.

Las, que ces Matins m’agacent, qui ont pris avec ses successeurs d’autres couleurs, trop vives et parfois si acides.

Ces chroniqueurs, dont on se demande parfois s’ils sont là par pure estime (les petits copains) ou parce qu’ils ont vraiment quelque chose à dire qui ne concerne pas qu’eux-mêmes.  Du fiel, le plus souvent répandu sur d’autres. Certains, la plupart même, rêvent encore au « Grand Soir », comme cette Clémentine Autain qui vient tous les jeudis déverser sa bile amère sur ce qu’ont pu faire, pendant la semaine, les gouvernants. Quoi qu’ils aient pu faire d’ailleurs, qui ne soit pas conforme au rêve stalinien.

Ce qu’il y a de bien, dans ces Matins, c’est la tranche d’âge : aucune n’est laissée en chemin. Il y a les vieux camarades comme Catherine Clément,  les libres-penseurs très matures, tel A-G. Slama qui est décidément partout, ou Marc Kravetz, ce fin portraitiste dont la diction, un comble pour la radio,  devient chaque jour plus inaudible. J’allais oublier la jeunesse de Mademoiselle de Kervasdoué qui fait rarement dans la dentelle dans sa revue de presse internationale.

Ces Matins donc, autour de notre beau Normalien, allez, vous savez bien, cet Ali Badou si prisé, ces matins, donc, ressemblent de plus en plus au premier salon où l’on cause, et où l’auditeur que je suis se demande ce qu’il est venu faire ici où rien ne réjouit vraiment que la critique et la révolte mais où manque cependant l’ingrédient suprême à qui tient salon : le sens du Ridicule qu’il faut conserver pour soi-même.

Ali Badou recevait ce matin l’auteur d’un livre que Nancy Huston elle-même porte semble-t-il aux nues   : il  relate ses années de prison après un casse manqué. Voilà donc comment aujourd’hui remporter un succès, une présence sur les plateaux et sur les ondes, à commencer (peut-être) par celles de France Culture, et ses salons très parisiens où l’on s’émeut de tant d’innocence : vols, exactions meurtres qu’importe, s’il font au moins un bon livre. Affligeant.

J’ai fini par tourner le bouton pour retrouver, sur RTL, un Jean-Michel Apathie toujours  incisif mais surtout moins enclin à s’esbaudir devant les turpitudes et à passer,  comme tant d’autres,  de la rhubarbe au séné.

Les curées matinales de Radio-France

Il n’est de jour où, chaque matin, les ondes de Radio France nous assaillent de leurs propos nauséeux sur un Président brocardé par tous les animateurs media. Nicolas Demorand, transfuge des Matins de Culture a reproduit sur France Inter cette ironie perverse, cultivée là-bas par Ali Badou, qui fait croire à ses auditeurs qu’ils sont intelligents, et penser qu’ils pensent bien. Le bien n’étant, naturellement, que de gauche et contre notre Président, ses tenues, ses amis, sa famille.
On peut citer, en vrac, Hélène Jouan, , sans oublier ces fous du roi qui viennent avant Patrice Drouelle, (monsieur je-sais-tout) délivrer leur petit pamphlet. Mais cet excès d’ironie putride confine à présent à l’absurde. Pire, au ridicule.

On chantait sous l’Occupation « Radio Paris ment, Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand« que dire aujourd’hui d’une radio nationale dont la plupart des animateurs (souvent bien payés par l’Etat lui-même) ne traduisent que l’opposition, le refus, la dénégation ? Qui se sentent investis d’une mission en assénant à longueur de temps conseils de prudence et de bien-pensance ? Qui s’arrogent encore le titre, pour certains, de journalistes quand il ne pratiquent, du reportage, que celui des salons !

C’est quoi, ce journalisme-là ? Ces invités que l’on charcute en pratiquant l’obstruction pour les empêcher, avec véhémence parfois, de s’exprimer au profit, toujours, du discours adverse ? Sauf s’ils sont bien évidemment de la même mouvance, auquel cas les arguments sont largement développés, affirmés, confirmés par toutes les parties. Puisque nous sommes entre nous.

A l’instar d’un Pierre Dac qui du moins avait de l’esprit, notre Radio nationale s’affiche chaque matin contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre M. Nicolas Sarkozy, Président de tous les Français, qui l’ont dûment mandaté, lui, pour mener à bien les destinées de leur pays.

L’esprit de la Fronde règne encore, comme il n’a jamais cessé de règner sur notre beau pays de contestation permanente, de refus et d’obstruction quasi stalinienne.

Ah, cette Liberté de blâmer….sans éloge !