« C'est une révolte ? Non Sire, c'est une Révolution ! »

Une du Front National, journal communiste, le 9 mai 1945

C’est peut-être ainsi, en effet, qu’il faut envisager ce raz-de-marée extrémiste dont je doute pour ma part qu’il soit totalement à droite comme le rêvent nos medias et ceux qui les dirigent. Ce Front national, dont l’emblème fut aussi celui des Communistes de la Libération a recueilli depuis quarante ans toutes les voix de ceux qui ont, à juste titre, le sentiment de n’avoir jamais été entendus, sinon écoutés.

Le mépris dans lequel ce parti et ses membres ont été tenus depuis sa création justifierait à lui seul le succès qu’ils remportent aujourd’hui. S’il était en quoi ce se soit illégal, que n’a-t-il été interdit ?

J’imagine aujourd’hui la joie ressentie par son créateur, face au succès remporté par sa lignée ! Quel chemin parcouru !

Nos dirigeants actuels ont semble-t-il « TOUT FAIT » pour asseoir ce « premier parti de France » qui compte néanmoins si peu d’élus. Ils se sont donnés beaucoup de mal, avec l’aide, il est vrai particulièrement efficace, de medias totalement asservis, de sondages élaborés. Mais c’est quand même par leur mépris profond et global de toute une population, de son quotidien, de son histoire, de ses idées et de ses croyances qu’ils en ont fait aujourd’hui ce qu’il est.

L’heure est grave pour tous ceux qui vont bientôt perdre postes ou prébendes. Elle l’est aussi pour ceux qui pensent que ce parti novice n’est sans doute pas, pour la France, la solution. Il y a chez nous des volontés et des compétences plus mesurées sans doute et qui auraient déjà fait leurs preuves si l’opposition d’alors devenu pouvoir aujourd’hui ne les avait, comme il n’a jamais cessé de le faire, traînées dans la boue comme en justice, sans qu’aucune de ses plaintes n’ait jamais été avérée ni aboutie.

Pour les auteurs de cette Révolution , il s’agit à présent d’y penser. C’est aussi de leur propre avenir qu’il s’agit.

Le FN ne doit son succès qu'au PS, son meilleur allié !

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Infographie RTL

Et cela ne date pas d’hier, mais bien de l’autre François (Mitterand) qui su si bien « ruiner» les communistes au profit d’un Front national, diabolisé, qui ne pouvait évidemment que nuire à  son opposition d’alors  (c’était il y a trente ans) : la droite et le centre droit, opposition d’aujourd’hui aussi.

Il est vrai que tous nos partis sont coupables d’avoir sans doute mieux servi les intérêts de leurs représentants que ceux du « pays réel », comme on se plaît à le dire maintenant.

Le seul a avoir envisagé de vraies réformes, mais cependant insuffisantes ou pas assez rondement menées, ce fut bien Nicolas Sarkozy, qui eut le malheur d’avoir face à lui, et pendant 5 ans, la fronde socialo-médiatique et le hochet extrémiste de Mme Le Pen orchestrés pour le perdre.

Voilà où nous en sommes, après que cette haine construite nous ait livré un président honni qui n’a employé et perdu ses deux premières années de mandat qu’à démolir tout ce qu’avait pu élaborer son prédécesseur abhorré pour nous sortir d’une crise dont nous serons à présent les derniers à nous relever, si toutefois nous y parvenons.

Nos voisins Italiens ont bien compris ce qu’avait voulu faire M. Sarkozy pour réformer la France : ils ont permis à M. Renzi de le faire pour l’Italie, qui deviendra peut-être bien, comme ce dernier le souhaite d’ailleurs, le nouveau leader de l’Europe aux côtés de l’Allemagne.

Nous étions devenus depuis deux ans la risée (ou la pitié) de ceux qui par le monde aimaient la France et ce qu’elle a représenté. Nous sommes devenus aujourd’hui, avec la victoire du Front National, l’image d’une perversion de l’histoire, celui du rejet de l’Europe par l’un de ses pays fondateurs. Un pays qui grâce à M. Hollande, n’est déjà plus vraiment attendu, ni entendu.

Douce France, cher pays de mon enfance………