Zemmour, toujours

destinfrançaisCe « Destin français » que je viens justement d’acheter, je n’en parlerai donc pas encore ici. Je le lirai sans doute, quand mon poignet me permettra de le tenir en main : c’est un pavé. Et son auteur en est semble-t-il un aussi dans la mare de ceux qui ne l’aiment pas, et ils sont nombreux, surtout sur les ondes radio. C’est même surtout pour cela que je l’ai acheté. Parce que Zemmour ose dire ce que les bien-pensants refusent : des vérités. Et qu’il est apparemment devenu interdit de plateaux.

J’aurais voulu parler ici du bon moment que je viens de passer avec le petit opus de Samuel Benchetrit « Reviens », plein d’humour, mais surtout très drôle en fait, et plein de tendresse aussi. Puis j’ai découvert (sur le net) qui était cet auteur pour moi inconnu (j’avais chargé son livre sur un site d’e-pub gratuits). J’ai tout de suite compris qu’il devait sans doute détester Zemmour (il a soutenu Ségolène)  ; encore que. Quand on imagine écrire sur Pline le Jeune…..Et puis, apparemment, il est très connu, M. Benchetrit. Même si çà l’ennuie. Il n’a donc pas besoin de mon pauvre petit soutien. D’autres s’en chargent très bien.

Car c’est bien de soutien qu’il s’agit, là, ce matin : celui de notre liberté d’expression qui , à l’instar de notre « Justice » ne s’opère que d’une seul côté, celui des « bons » (progressistes de tout poil) qu’on oppose désormais systématiquement aux « méchants  (infréquentables conservateurs).

Zemmour pousse parfois le bouchon un peu loin. Sur les prénoms, par exemple. Avant d’en affubler leur enfant, les parents devraient certainement penser d’abord à ce qu’il véhicule. Mais comme tout est permis en la matière, porter celui d’un parent, d’une voiture ou d’un fruit ne devrait plus déranger personne puisque chez nous, de toute façon, les saints sont bannis. Pour ce qui est de l’intégration, c’est une toute autre histoire. Ceci dit, on trouve toujours des Sophie, des Mathieu et même des Jean. Ou du moins on en trouve encore. Mais peut-être plus pour très  longtemps.

Dénigrement, amer constat ou pure vérité, qu'en est-il du «suicide français» ?

orwellLa dernière « livraison » d’Eric Zemmour semble décidément séduire de plus en plus de lecteurs, y compris parmi ses nombreux détracteurs, bien obligés de reconnaître la vérité de son propos. Ceci étant, le « suicide » dont il est question est-il proprement français ?

M. Zemmour n’invente rien : il décortique et analyse des faits. Des faits sociaux. Ils s’appliquent aussi probablement ailleurs, dans cette Europe qu’il ne craint pas de critiquer et à laquelle je demeure, moi, très attachée, même si elle est très imparfaite et surtout mal conçue.

J’ai pourtant quelque peine à souscrire à cet abord uniquement français, ayant toujours considéré l’Occident comme un tout dont la France n’est après tout qu’un élément. Un de ses plus glorieux et des plus remarquables, sans doute. Mais pas le seul. L’Amérique du Nord nous a imposé depuis longtemps des idées, des produits, des manières que nous finissons (presque) toujours par adopter (modes de vie, de consommation, code moral, judiciarisation de la société etc.. ) et l’Europe du Nord continue à nous fasciner avec ses (inimitables) modèles sociaux.

Cet Occident, dont la France fut jadis, avec l’Espagne et l’Angleterre la quintessence, représente aujourd’hui encore pour tant de migrants de tous bords le territoire des Libertés, du Progrès et de la Prospérité. Mais pour combien de temps ?

Ce n’est donc pas seulement la France ou même l’Europe, mais bien l’Occident tout entier, qui est affecté par non seulement par ces «invasions» de toutes sortes évoquées dans un précédent billet. mais surtout par la diversité des cultures qui lui sont imposées. Cet Occident en déclin depuis près d’un siècle déjà et dont un conseiller du Président annonçait déjà la fin bien avant la « naissance du monde » proposée dernièrement par un «objecteur de croissance»

J’invite mes quelques lecteurs à découvrir ce qu’il est advenu de la Suède, par exemple, depuis quarante ans : Henning Mankell, entre autres,  décrit avec alacrité l’évolution d’une société qualifiée autrefois de «presque parfaite» par tous ceux qui voulaient l’imiter. Les enquêtes de son «Homme inquiet», Kurt Wallander résument assez bien la situation d’un pays confronté à l’évolution rapide et souvent brutale de son environnement social depuis quatre décennies.

C’est aussi le cas de la France, aujourd’hui si mal préparée à la chute où l’entraîne inexorablement celui qui prétend aujourd’hui la «diriger» et qu’une écrasante majorité de Français souhaiterait voir démissionner.