Indécence publicitaire et corruption des esprits : ING et les parrains

En ces temps de crise que la plupart des banques ont générée, mais dont elle ne cessent pourtant de tirer largement profit, la vergogne n’est pas de saison. Sans doute la plupart d’entre elles ont-elles perdu un grand nombre de leurs clients, ce qui justifie sans doute l’assaut publicitaire dont nous sommes victimes, et assurément à nos frais. Mais enfin, c’est la loi du marché. Nul n’est forcé d’y souscrire.

S’il paraît donc « normal » que la plupart des grandes enseignes bancaires matraquent les écrans de spots publicitaires, elles épargnent au moins leurs propres clients, qui les fuieraient, peut-être, s’ils étaient submergés de ces courriers « adressés » que n’arrête  plus la désormais légale mention « pas de publicité » qui soulageait  nos boîtes à lettres la plupart de ces encombrants.

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Ce n’est pas le cas d’ING, dont on a pu craindre l’an passé qu’elle ne coule, à l’instar d’un Lehman Brothers et autres créateurs de fonds suspects,  dans une crise qui, rappelons-le, était dès 2007 largement prévue.

Voilà une banque qui, malgré (ou à cause) de ce qu’elle a subi, met en jeu un budget assez considérable pour inonder ses propres clients, traités comme de vulgaires prospects, d’invitations infâmes à « parrainer » de nouveau clients.

Certes, cela n’est pas nouveau, la pratique est courante et il y a longtemps que cette banque procède de la sorte. Mais était-il pour autant indispensable d’en appeler à l’image corruptrice de « parrains » mafieux ?

Ne serait-ce pas plutôt l’annonce des risques que cette banque  envisage de faire courir à ses clients…. et une invite à en changer ?

Certains banquiers n’ont décidément rien compris. Le client est roi… de son choix.

Quels employeurs pour les « seniors » ? Quelle retraite pour les vieux demain ?

On a considéré, dans les années 80, que les « jeunes loups » étaient une denrée précieuse pour les entreprises. Ce fut la grande époque des golden boys qui, tout frais nantis de brillants diplômes et souvent d’une maigre expérience, se sont vu confier des missions importantes, risquées non seulement pour eux, mais aussi pour ceux qu’ils dirigeaient. Ce fut la grande mode aussi du « toilettage » des entreprises où l’on éliminait d’abord les plus vieux. On ne peut pas dire de ce point de vue que les années Mitterrand aient été fort charitables pour les plus de 55 ans. On a alors largement puisé, et pendant vingt ans, dans le FNE et mis au rencart toute une population active souvent compétente, toujours expérimentée, qui représentait un savoir-faire qui dans bien des cas ne s’est plus transmis.

La France a trop longtemps cultivé ce paradoxe qui a permis de voir, dans le même temps, des cadres dynamiques et autres créateurs divers effectuer des semaines de 60 heures ou même davantage, harassés par des responsabilités, des objectifs et des emplois du temps parfois insupportables, et une population active mise en situation de précarité, choisie ou non, assistée ou pas et dans tous les cas plus ou moins exclue des fruits de la croissance, fût-elle modeste.

Les premiers sont usés avant 60 ans, quand ils n’ont pas succombé, dès 50, à un cancer, une crise cardiaque ou un accident dû à la fatigue. Ils ne sont pas nécessairement enthousiastes à l’idée de prolonger le contrat. Les seconds n’ont pas toujours eu l’occasion d’améliorer leurs positions ni leurs scores, ils ont de surcroît pris de l’âge presque malgré eux et en France, les recruteurs n’aiment pas les vieux.

Cet acharnement à ne considérer l’âge productif qu’entre 25 et 45 ans est exclusivement français. Le calcul des retraites devient d’autant plus simple : un grand nombre de salariés sont donc condamnés à ne cotiser que vingt ans, 25 à trente tout au plus.

La solidarité dans le travail n’est plus depuis longtemps ce qu’elle était. Il faudra bien se résoudre, c’est déjà le cas aujourd’hui pour les moins de quarante ans, à épargner les rentes qui leur permettront, plus tard, de subsister.

A moins que l’on ne considère enfin, chez nous, que l’expérience vaut son pesant d’heures de travail et que les « jeunes retraités » d’aujourd’hui, qui se sont largement investis dans le bénévolat*, représentent à eux seuls une masse de cotisations perdues pour ceux qui les suivront bientôt. On peut d’ailleurs s’interroger sur les limites d’un bénévolat qui est peut-être, pour certains de ses prescripteurs, une autre forme de profit ?

voir étude, sous la direction de Jacques Malet « La France bénévole » http://www.associations-patrimoine.org/filemanager/files/lafrancebenevole2006.pdf