Tout doit disparaître……

toutdisparC’est la formule qui me vient désormais à l’esprit chaque matin depuis quelques temps déjà et depuis mai 2012 en particulier.

Elle s’affiche sur les vitrines de tous ces magasins où « tout doit disparaître » non pas avant travaux comme c’était souvent le cas, mais bel et bien pour fermeture définitive. La France part à vau l’eau et ce n’est apparemment pas du « bashing » comme la presse se plaît à le dire aujourd’hui mais le constat en bonne et due forme d’une réalité dont les économistes dignes de ce nom nous font part chaque jour.

 

Rien n’a été fait semble-t-il de ce qui devait l’être et il est fort probable que c’est seulement quand elle aura vraiment touché le fond que la France pourra enfin se relever. Les socialistes et leurs erreurs groupées d’analyse, de calcul et de projet ne s’en remettront pas, et c’est tant mieux.  Peut-être retrouverons-nous alors de ces libertés sans lesquelles nulle entreprise ne peut se mener. Ce sera dur, car nous aurons beaucoup perdu, à cause de quelques uns seulement bien installés « à vie » dans les rares privilèges arrachés de haute lutte pour leur seul avantage. Je n’ai pas besoin de nommer ceux que chacun de mes lecteurs reconnaîtra. Ils ont pris depuis si longtemps la France en otage…… qu’elle n’en peut plus, la France.

 

Mais ce n’est pas seulement de libertés que l’on nous a privés, mais aussi, et chaque jour ou presque davantage, de ces fameux « repères » que sont pour l’être humain civilisé les valeurs qui nous ont forgés comme ils ont forgé notre société : Le mariage, la famille, la filiation, la différence, la patience, l’effort, l’initiative, le travail, l’honnêteté, la vertu, la pudeur, la discrétion, le goût, l’élégance, la beauté, l’honneur, la dignité. Jusqu’à la mort qu’il ne faut plus attendre mais qu’il faudra désormais précéder.

Oui, tout doit disparaître de ce qui fut une civilisation qui tentait de « tirer » les hommes vers le haut. La vulgarité, le clinquant, la laideur s’imposent peu à peu dans les derniers bastions de ce qui faisait « la culture » tirée chaque jour davantage vers le bas, comme l’éducation dont l’effort est proscrit au profit d’un apprentissage « ludique », accessible au plus grand nombre.

 

Tout doit disparaître de ce qui faisait un équilibre social rarement atteint il y a cinquante ans, au profit d’une soi-disant « égalité  de droits » dont chaque action de justice nous démontre le contraire. Au profit d’une assistance et d’une prise en charge inconditionnelle d’individus qui s’arrogent désormais ce droit sans contre partie mais aussi sans égard pour ceux qui les financent.

Oui , tout doit disparaître de ce qui a fait une Histoire, la nôtre, dont on s’ingénie sans cesse à vouloir effacer ce qui « fâche » pour n’en exalter que ce qui peut flatter les pouvoirs en place. Comme ces nouveaux territoires, dessinés en vitesse sur un coin de table, au mépris complet de leurs habitants et surnommés « Régions Voltaire » en mémoire d’une certaine « promo » du même nom.

Oui tout doit disparaître.

Je me demande d’ailleurs, à ce point, si je ne le devrais pas aussi.

Le FN ne doit son succès qu'au PS, son meilleur allié !

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Infographie RTL

Et cela ne date pas d’hier, mais bien de l’autre François (Mitterand) qui su si bien « ruiner» les communistes au profit d’un Front national, diabolisé, qui ne pouvait évidemment que nuire à  son opposition d’alors  (c’était il y a trente ans) : la droite et le centre droit, opposition d’aujourd’hui aussi.

Il est vrai que tous nos partis sont coupables d’avoir sans doute mieux servi les intérêts de leurs représentants que ceux du « pays réel », comme on se plaît à le dire maintenant.

Le seul a avoir envisagé de vraies réformes, mais cependant insuffisantes ou pas assez rondement menées, ce fut bien Nicolas Sarkozy, qui eut le malheur d’avoir face à lui, et pendant 5 ans, la fronde socialo-médiatique et le hochet extrémiste de Mme Le Pen orchestrés pour le perdre.

Voilà où nous en sommes, après que cette haine construite nous ait livré un président honni qui n’a employé et perdu ses deux premières années de mandat qu’à démolir tout ce qu’avait pu élaborer son prédécesseur abhorré pour nous sortir d’une crise dont nous serons à présent les derniers à nous relever, si toutefois nous y parvenons.

Nos voisins Italiens ont bien compris ce qu’avait voulu faire M. Sarkozy pour réformer la France : ils ont permis à M. Renzi de le faire pour l’Italie, qui deviendra peut-être bien, comme ce dernier le souhaite d’ailleurs, le nouveau leader de l’Europe aux côtés de l’Allemagne.

Nous étions devenus depuis deux ans la risée (ou la pitié) de ceux qui par le monde aimaient la France et ce qu’elle a représenté. Nous sommes devenus aujourd’hui, avec la victoire du Front National, l’image d’une perversion de l’histoire, celui du rejet de l’Europe par l’un de ses pays fondateurs. Un pays qui grâce à M. Hollande, n’est déjà plus vraiment attendu, ni entendu.

Douce France, cher pays de mon enfance………

Cette bombe sur laquelle nous sommes assis et que nous cachent ceux qui devraient nous informer

La révolte qui gronde
La révolte qui gronde

Ce n’est évidemment pas sur les plateaux télé que l’on peut apprendre quelque chose, n’en déplaise à ces animateurs pipolisés et satisfaits, bien  payés  pour organiser ces jeux du cirque où l’opposant  est confronté à leur technique d’obstruction, réduit quasiment au silence et fatalement livré à l’opprobre puisqu’il ne peut se défendre. Nos amis anglais sont de ce point de vue bien mieux lotis, avec une BBC qui s’est toujours érigée en défenseur de leurs libertés, dont l’expression est le premier stade : on y laisse parler l’interlocuteur qui a toute latitude pour s’expliquer.

On en est déjà à se demander si elle existe encore chez nous, cette liberté d’expression qui faisait l’un de nos  apanages, car il ne fait plus bon parler de réalités,  et ce n’est pas une fois encore  Alain Finkielkraut, je l’écrivais hier, qui pourra me contredire.
La vérité de son échec dérange à ce point notre pouvoir défaillant que la presse qui le soutient au trois quart s’est bien gardée de développer plus avant certaine enquête assez fouillée sur l’état des Français et dont Valeurs Actuelles a récemment repris la totalité.
Nous ne serons jamais assez nombreux à faire connaître cette situation que le sport et les tempêtes successives qui endommagent nos côtes, leurs territoires et leurs habitants ont beau jeu de faire éluder : tous les sujets  sont bons pour éviter ces vérités qui ne peuvent que nuire davantage à un dirigeant et à un pouvoir que moins d’un quart de la population approuve encore.

Sans doute n’est-il pas très raisonnable de comparer le temps présent à ce que fut, politiquement,  la très noire période des années trente, puisque la même eau ne coule dit-on jamais sous le même pont. Ceci étant, quand le mensonge se prend pour  » l’art de gouverner » et que les vérités ne se peuvent dire, alors, oui, il y a lieu de s’inquiéter. La France n’est pas « sortie de l’auberge », et n’en a pas vraiment pris le chemin.

Il reste malgré tout une bonne nouvelle (dans ce sondage) : si nous  Français  ne croyons quasiment plus en aucun de nos politiciens (à l’exception de l’ancien Président Sarkozy pour 36 % d’entre eux, et c’est le maximum),  nous demeurons fort heureusement très attachés à la démocratie (82 %). Et si  nous faisons font d’abord confiance, au même niveau,  en nos hôpitaux, en notre armée, notre  police et nos associations (nous savons bien tout ce qu’elles font pour nous) nous commençons à  considérer un peu mieux ces entreprises qui nous font vivre, et il est grand temps car elles sont la clé de notre futur.
Les medias et les politiques pourraient bien, en bons derniers, aller se faire voir !

Non anniversaire, Mister president !

La récession : nous y sommes !
La récession : nous y sommes !

Il n’y a vraiment rien à fêter depuis que la France a rejeté en (petite) majorité le seul homme capable de la sortir du marasme dans lequel Elle s’enfonce jour après jour. Il avait dû affronter dès 2008 cette crise qui n’en finit plus. Il avait pris pour la contrer quelques très bonnes mesures que son pitoyable successeur s’est empressé de retirer. Pis encore : la bonne conscience « de gauche » qui croit s’inspirer d’une morale chrétienne largement dévoyée domine à présent la scène politique où se joue le spectacle lamentable que nous donnons au monde : une justice qui balance toujours du même côté, une haine exacerbée pour tout ce qui symbolise peu ou prou une forme de réussite ou de succès, une reprise inconsidérée des dépenses publiques avec assommoir fiscal et  le mépris ouvertement affiché de tout ce qui s’oppose.

Non, il n’y a vraiment rien à fêter.

Pis encore : à coup de matraquage bien orchestré dans des medias aux ordres,  des relents de haine recuite émergent à présent, de façon récurrente, de ce vieux fonds d’hostilité anti-allemand qu’avaient pourtant court-circuité ces hommes immenses et justes qu’étaient Charles De Gaulle et Conrad Adenauer, acteurs d’une Réconciliation plus que cinquantenaire et que trop de gens semblent oublier.

Ce « modèle allemand » que l’on s’évertue à dénoncer à présent, parce qu’il symbolise tout ce qu’en France aujourd’hui l’on méprise et que l’on s’évertue à ignorer (sortie de crise par gestion rigoureuse et économies budgétaires), ce modèle est pourtant le seul qui fonctionne : les Grecs eux-mêmes, qui avaient sombré,   commencent à émerger. Ils  seront probablement sortis de l’eau quand nous-mêmes aurons coulé. Le risque est grand. Et grave.

Pauvre à crédit, suite : le nouveau piège des banques

J’ai eu la bonne inspiration d’aller  hier chez le coiffeur : dans ce dernier salon où l’on cause, j’ai appris que rien (et surtout pas la crise) ne pouvait freiner la rapacité des banquiers.

dangereux (wikicommons)Une de nos grandes banques (que je ne nommerai pas, mais les autres la suivent) a sorti l’été dernier, en plein focus sur les dérives du crédit renouvelable, un nouveau gadget : la carte de paiement alterné. Il faudra être vigilant en sortant sa Visa et préciser la bonne case de paiement : comptant ou à crédit. Car ce crédit (renouvelable) sera tout aussi (ou presque) ruineux que celui qui a mis l’Américain moyen par terre et avec lui tout un système.

Le scandale, car c’est véritablement un scandale, est qu’il est quasiment impossible aujourd’hui d’obtenir un prêt, beaucoup moins rentable pour ceux qui sont censés les octroyer que l’offre permanent de renouvellement.

Mon audience étant extrêmement limitée et les commentaires à mes billets presque inexistants, je gage que cette alerte, que je voudrais écrire en rouge, aura bien peu d’effets. Las ! une protestation massive serait pourtant opportune, quand de part et d’autre de l’Atlantique on cherche à coup de milliards, à renflouer une économie croulant sous la perversité.

Je n’aurai qu’un mot, un conseil : surveillez vos arrières,  vos arrierés et surtout faites vos comptes !

Le refus de croissance, un luxe impossible pour ceux qui n’ont rien

Ce qui fut,  depuis au moins quarante ans, une mode limitée à quelques groupuscules de contrôler voire  rejeter  toute forme abusive de Consommation,  serait en passe de devenir un modèle de comportement pour des tranches de plus en plus étendues de Français, et pas seulement.

Hierarchie des besoins humains, dite Pyramide de Maslow
Hierarchie des besoins humains (Pyramide de Maslow)

Il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui, en temps de crise- et celle que nous n’avons pas encore fini de vivre promet d’être assez fameuse – « l’objection de croissance » ne concerne que les mieux nantis. J’ai encore à l’esprit ce vieux souvenir, la fameuse pyramide de Maslow qui définit,  en quelque sorte, la gradation des besoins humains.

L’impact de l’Ecologie, (suivant Haeckel) indépendamment des enjeux politiques qu’elle représente et dont je me garderai bien de parler ici, a tout de même fini par se faire sentir comme en témoigne le récent rapport Mc Kinsey.  Je ne peux que m’en réjouir, n’ayant jamais été moi-meme adepte ni usager de toutes sortes de gaspillages.

Gaspillage est le terme le plus approprié pour définir la plupart de nos comportements pendant les cinq dernières décennies, en terme de consommation d’énergies, de matières ou d’objets et certainement plus encore de potentiels humains. Mais en revenir,  comme cela semble être en cours aujourd’hui signifie aussi en avoir déjà largemet profité.

Je ne peux donc m’empêcher de penser ici à ceux qui, au bas de l’échelle, ont toujours faim,  n’ont pas d’eau (et moins encore courante) ni même de lieu fixe  et surtout  paisible où ils pourraient tenter de vivre, fût-ce seulement sur leur propre modèle, celui d’une culture qui ne sera jamais la nôtre. Certains sont déjà dans ce cas chez nous, je les évoqués  ici. Ils ne demanderaient pas mieux, certains d’entre eux du moins, que de pouvoir  « consommer » ne fût-ce que a minima.

Comme le chantait Léo Ferré il y a si longtemps déjà, « les temps sont difficiles…. ». C’était à l’époque où la Chine, une grande partie de l’Inde dormaient encore.  Si pour elles  les temps sont devenus et deviendront encore (probablement)  meilleurs, c’est bien à leur croissance qu’elles le doivent.  C’est généralement le cas de tous les pays qui peuvent offrir à la plus grande partie de leurs habitants un certain niveau de bien-être et de prospérité qui ne s’épanouissent à terme que dans la paix et un certain nombre de libertés.

Si le tropisme exercé sur le monde par l’Orient est en voie de supplanter celui de l’Occident,  il me semble (bien modestement) beaucoup plus opportun de modifier notre type de croissance que de souscrire à son refus.  Les conséquences n’en paraissent que trop évidentes. en tous cas pour nous.

Crise, relance, investissements : Français figés dans la « negative attitude »

Ecoeurée. Je suis écoeurée par la réaction de tant de Français CONTRE. Contre tout, en somme. Contre le Pape. Contre le Président. Contre le Gouvernement. Contre les mesures. Contre le changement. Contre le mauvais temps.

Certes, il est de bonne guerre que l’on s’oppose. Il en est de meilleure encore que l’on propose. Et que propose-ton ? L’impossible, dans l’immédiat, le court terme. Sans jamais penser à demain.  Ce demain devenu aujourd’hui, il y a plus de vingt ans que la France l’a laissé passer. Le temps perdu par certains doit être rattrapé par d’autres et c’est bien maintenant ce qu’ils essaient de faire. Dans les pires conditions. Une crise qui certes est nationale, mais parce qu’elle touche aussi, plus fort encore,  le monde entier.

Que fait donc Barack Obama, adulé par ces mêmes Français  ? Il lance de grands chantiers (il était temps). Mais quelque soit l’état souvent déplorables des infrastructures aux Etats-Unis,  ce qui n’est pas le cas des nôtres,  leurs universités seront toujours les meilleures, à cause du système qui les fonde : Elles se gèrent elles-mêmes. Que  ceux qui aujourd’hui  prétendent, comme je l’ai entendu dire ce matin,  que l’esprit de compétition qui va maintenant régner dans nos universités autonomes sera un frein à la recherche, que ceux-là fassent  au moins amende honorable de leur hypocrisie.

Il n’y a que les gogos pour croire que la recherche se fait dans la sérénité d’équipes égales et solidaires. Dans ce domaine là plus qu’ailleurs, c’est la qualité des chercheurs et l’esprit de compétition  qui mènent les travaux,  et leur financement qui les fait progresser et parfois aboutir.

La prospérité, dans des sociétés comme la nôtre,  est la seule condition possible à l’indispensable prise en charge des plus faibles et des plus démunis.

Ce n’est pas en se focalisant sur la satisfaction immédiate de besoins certes légitimes que l’on peut parvenir à  retrouver l’équilibre et les emplois perdus. Les conditions d’une nouvelle prospérité passent assurément par l’ adaptation  en cours de tout ce qui chez nous s’est trop longtemps figé : Education, recherche, création, financement et innovation.

On devrait plutôt mesurer la chance de n’être pas, chez nous, au Zimbabwé. De disposer d’une (grosse) poignée d’hommes, de femmes attelés à ce travail  immense qui consiste à gérer, relever et maintenir en bon état de marche un pays assailli par tant de tempêtes, et tant d’acrimonie. Certes, on leur connaît des privilèges, mais ils sont assortis à l’ampleur d’une tâche qui les rend corvéables… à merci.

Oui, je suis écoeurée par tant de dédain, de rejet, de refus quand ce n’est pas tout bonnement de la haine. Cette haine qui n’engendre jamais que le pire, ce pire dont j’aimerais  être sûre qu’il n’est jamais certain.

Pauvre à crédit ou pauvre tout court : quand les lendemains déchantent

Depuis quarante ans et plus, notre économie aura en grande partie reposé sur le crédit. Les octogénaires d’aujourd’hui ont à ce titre largement bénéficié de ses largesses : ils ont pu, sans douleur, devenir propriétaires de leur logement à une époque où les taux d’intérêt étaient largement rattrapés par ceux de l’inflation. Ceci étant, ils étaient encore rares, dans ces années grasses, à y consentir : on imaginait alors assez mal, au début des années soixante, que l’endettement (le crédit sollicité) pouvait signifier un quelconque enrichissement (la propriété). On avait encore présent à l’esprit cette approche « morale » : vivre selon ses moyens. Pour le moins chez nous. Car déjà, outre-Atlantique, la pratique du crédit se développait. On y vivait déjà au-dessus de ses moyens avec l’argent des autres.

Elle s’étendit peu à peu à tous les « marchés ». Emprunter devint rapidement, en quelques années, une quasi norme pour la plupart des gens contraints par le même « marché », à assouvir sans le moindre délai des besoins, sans cesse sollicités par les « études de marché »,  de produits toujours plus « nouveaux », et sans cesse améliorés, (Nouveau! indiquait la pub), rendus chaque jour plus indispensables par le matraquage constant d’une communication publicitaire de plus en plus élaborée, assez sans doute pour être perçue et reçue par les esprits les plus démunis et les moins structurés comme une véritable « culture ». Celle de la CONSOMMATION.

Il y a peu encore, tout était devenu, chez nous, matière consommable : rien, pas même le « religieux » n’échappe plus aujourd’hui à l’approche mercantile, aux lois immondes de la communication commerciale, à cette prise en otage des individus pas les tous ces sbires du « marché » ,  les « écrans publicitaires » et ceux qui les font,  à très grand prix et très grands bénéfices.

Un cercle vient de s’ouvrir qui pourrait être vertueux s’il ne pouvait, à terme, mener de manière vicieuse au désespoir : le surendettement des uns, le manque de crédit pour d’autres, la pauvreté pour un grand nombre mais, plus lourd encore : la prise de conscience à venir, par les uns et les autres,  de l’inanité d’une certaine forme de « consommation ».

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Avis de décès des 129 morts de la rue, La Croix 19/11/2008

Que pourra-t-il rester alors d’un monde (le nôtre) qui ne reposait,  pour la plus grande part,  que sur l’assouvissement immédiat d’un désir « fabriqué » de biens ou services, quand ce désir lui-même sera bloqué non seulement par le manque, bien réel cette fois de moyens, mais encore par un sursaut de conscience invitant à le modérer ? Le prix peut-être de notre difficile liberté , ou peut-être la rançon d’une éducation où, pour emprunter à Emmanuel Lévinas,  les enfants sont « éduqués dans la confusion morale sans distinction du bien et du mal (..), sans savoir reconnaître la misère dans les illusions du bonheur et dans le pauvre bonheur des contents et des repus » ?

Peut-être nous faudra-t-il alors reconsidérer notre notion de pauvreté. Elle est encore bien large face à ce qui s’annonce. Si l’on est considéré comme pauvre en France avec 800 euros par mois, que dire des retraités qui, dans nos campagnes en touchent moins de 500.

La Croix publiait dernièrement, à la demande de diverses associations, la liste des 129 « morts de la rue » de la saison d’été (avril à octobre 2008). Quelle est donc leur histoire, aujourd’hui achevée  ? Celle du Malheur sans doute.  Pour autant, rien n’est jamais certain ni définif. Un homme à terre arrive parfois à se relever : c’est à chacun de nous  de lui tendre la main.