La France de M. Hollande : un Etat escroc, vénal et soumis.

A l’heure où le président élu se prélasse en un lieu et en une compagnie tenues secrètes, par crainte sans doute, les Français qui font fonctionner ce pays reçoivent leur avis d’imposition.

Comme je viens de le faire à l’instant, ils font une fois encore le constat du mépris dans lesquels ont les tient depuis mai 2012 mais surtout de l’abus fiscal dont ils sont victimes, qui ressemble à s’y méprendre à des manœuvres de truands.

Le crédit d’impôt, par exemple, accordé depuis des lustres aux dépenses encourageant les économies d’énergie a certes connu des aléas, mais 2014 dénote de la part de l’État une véritable forfaiture, à l’instar de ces contrats rompus et de ces libéralités largement décaissées dont nous ferons aussi les frais.

M. Macron nous a en effet concocté l’an passé, sur ordre sans doute, un planning parfaitement abscons de prise en compte de ces dépenses qui permet à certains de profiter d’un crédit d’impot en fonction de la DATE de réalisation des travaux, donc pas à d’autres (avant cette date).

Il va sans dire que la fonctionnaire des finances contactée ce matin était elle-même horrifiée par ces dispositions lancées dans l’urgence. Elles ont lésé un grand nombre de personnes, dont je suis, qui évidemment ne s’attendaient pas à voir compter pour RIEN des dépenses souvent importantes qu’elles pensaient en partie déductibles, puisqu’à l’époque où les travaux se faisaient (avant le 31 août 2014) nul ne les connaissait encore !

Notre pays devient d’autant plus fragile que 80 % des Français sont opposés à la personne et au travail d’un président qui ne leur a jamais témoigné que du mépris, dont le comportement social relève d’un manque élémentaire d’éducation et de respect, qui est de surcroît la risée des journaux étrangers et des réseaux sociaux. Ajoutons à cela un taux de chômage jamais atteint dont il ferait n’importe quoi pour inverser la courbe, ce qui nous invite tout de même à nous interroger sur le sens et la valeur de cette loi organique adoptée et promulguée en novembre dernier concernant la possible destitution d’un président :

« La loi organique n° 2014-1392 du 24 novembre 2014 portant application de l’article 68 de la Constitution est paru au Journal officiel le 25.
La procédure de destitution peut être déclenchée « en cas de manquement [du chef de l’État] à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat ». Elle peut porter sur le comportement politique mais aussi privé du président, à condition que ses actes aient porté atteinte à la dignité de sa fonction. Elle pourrait être déclenchée en dehors de toute infraction pénale et constitue une sanction politique, et non pénale, du président. »

Si notre président actuel de « manque pas », nous sommes parfaitement fondés à nous demander pourquoi tout marche si mal en France aujourdhui quand tout semble aller beaucoup mieux ailleurs ?

Qui, quelle association, quel groupement de personnes (comme la loi nous y autorise)  aurait aujourd’hui le courage sinon le culot d’entamer une procédure qui, à défaut d’aboutir,  mettrait enfin en exergue et à la vue de TOUS,  ce qu’il eut été BON de faire (ou pas) pour éviter d’en arriver,  peut-être,  au pire ?

La vie des autres : un tour du malheur rédempteur

528px-frans_hals_young_man_with_a_skull_vanitas wikicommons)
Vanité (Franz Hals)

Je ne connaissais rien, nul n’est parfait, d’Emmanuel Carrère* dont j’avais pourtant abondamment fréquenté les écrits de la mère, Hélène (Carrère)- d’Encausse. J’ignorais encore (merci Google) qu’il avait scénarisé cet étonnant roman de Béatrix Beck, Léon Morin prêtre  il y a tout juste dix ans et que j’évoquais ici il y a quelques jours encore.  J’ai bien failli laisser en route ce livre qu’on m’a prêté : le malheur, auquel je n’ai pas échappé moi-même m’entoure déjà suffisamment,   et j’ai toujours évité,  en littérature,  le réel qui submerge déjà  nos magazines, nos ondes et nos écrans jusqu’à la nausée.

Il y a pourtant,  dans ce petit livre, autre chose qu’un poignant récit qui vaut pour certains de le lire, et d’en sortit, peut-être,  éclairés.  Le chapitre consacré à la Justice,  de la formation  à la fonction des juges et à leurs comportements contrastés est de ce point de vue  particulièrement édifiant et cru, comme la mise en lumière des dégâts causés par les crédits renouvelables,  producteurs d’une évitable misère souvent soulignée ici.

A l’instar d’un Thierry Bizot qui redécouvrait, par-delà  l’Eglise, l’amour divin, ou de ces hommes de lettres, de spectacle ou de medias  dont les vies semblent si éloignées de celle des gens ordinaires, qu’ils relatent ou exhibent pourtant abondamment, notre auteur  est confronté, dans son entourage, à ces malheurs inéluctables que provoquent les cataclysmes,  le cancer, la dégradation,  la mort et, par relation interposée, la misère quasiment programmée. Mais au-delà de cette confrontation, c’est à la demande d’en faire le récit, par les protagonistes eux-mêmes, qu’il doit faire face.

De l’ analyse dans laquelle il doit se plonger pour relater ces histoires tragiquement vraies jaillit,  pour l’homme qui les raconte, la mesure  de ses propres limites,  une nouvelle perception du sentiment, et en quelque sorte, sa propre rédemption.

Rien n’est à négliger de ce qui peut rendre meilleur. Porter le nom d’Emmanuel aurait pu l’y mener plus tôt.

* d’autres vies que la mienne, P.O.L., Paris, 2009 ; 310p

voir aussi :

http://www.republique-des-lettres.fr/10724-emmanuel-carrere.php

Pauvre à crédit, suite : le nouveau piège des banques

J’ai eu la bonne inspiration d’aller  hier chez le coiffeur : dans ce dernier salon où l’on cause, j’ai appris que rien (et surtout pas la crise) ne pouvait freiner la rapacité des banquiers.

dangereux (wikicommons)Une de nos grandes banques (que je ne nommerai pas, mais les autres la suivent) a sorti l’été dernier, en plein focus sur les dérives du crédit renouvelable, un nouveau gadget : la carte de paiement alterné. Il faudra être vigilant en sortant sa Visa et préciser la bonne case de paiement : comptant ou à crédit. Car ce crédit (renouvelable) sera tout aussi (ou presque) ruineux que celui qui a mis l’Américain moyen par terre et avec lui tout un système.

Le scandale, car c’est véritablement un scandale, est qu’il est quasiment impossible aujourd’hui d’obtenir un prêt, beaucoup moins rentable pour ceux qui sont censés les octroyer que l’offre permanent de renouvellement.

Mon audience étant extrêmement limitée et les commentaires à mes billets presque inexistants, je gage que cette alerte, que je voudrais écrire en rouge, aura bien peu d’effets. Las ! une protestation massive serait pourtant opportune, quand de part et d’autre de l’Atlantique on cherche à coup de milliards, à renflouer une économie croulant sous la perversité.

Je n’aurai qu’un mot, un conseil : surveillez vos arrières,  vos arrierés et surtout faites vos comptes !

Réforme des crédits renouvelables : fin d’une grande illusion ?

L’illusion bien entretenue que le plus modeste peut dépenser sans compter, qu’il peut, s’il est prudent, reconstituer sa « réserve », d’autant plus étroite d’ailleurs que la capacité de remboursement est ténue. Une chaîne d’esclave que posent un jour ou l’autre les organismes de crédit aux chevilles de consommateurs captivés, ou réceptifs, ou impatients. Mais une chaîne, oui, qui finit pour certains par obérer leur existence.

usurierLe crédit se renouvelle, en continu, à un taux qui avoisine parfois  les 20% d’intérêts, ce qui n’est pas rien. L’organisme financier, tel l’usurier des temps passés, engrange les bénéfices pendant que des familles s’endettent, se sur-endettent puis se détruisent. Le marché n’a pas de morale, que celle de l’Economie. Produire, vendre, acheter. En chinois, d’ailleurs, on utilise le même verbe : acheter et vendre, c’est au fond la même chose, inversée dans un même circuit.

Le problème n’est pas au fond celui du crédit lui-même : il a permis que se réalise le Rêve américain, donc le nôtre. Celui des années cinquante,  jusques à hier encore. En payant chaque mois (mais longtemps et forcément plus cher) de petites sommes, la plupart des gens ont pu acquérir rapidement tous ces éléments de confort que nous concevons aujourd’hui comme fondamentaux :  de la petite robe noire à la machine à pain en passant par les téléviseurs ultra-plats et autres graveurs MP3.

C’est toujours l’ignorance, qui fait problème, le manque de discernement, de retenue, de bon sens aussi, cultivés avec le plus grand soin par les vendeurs d’illusion  du marketing et de la communication, celle qui laisse ou fait croire aux plus modestes qu’ils peuvent eux aussi tout consommer sans délai, sans contrainte et surtout sans effort.

Le bon sens, oui, si cher à notre vieux Descartes qui le croyait, chez nous,  si bien partagé, a depuis trop longtemps déserté nos rivages tout autant pollués par un consumérisme effreiné que par les déchets qu’il génère.

Le calcul pourrait pourtant être assez simple, fût-il lui aussi illusoire : essayer de vivre avec ses moyens et, en l’occurrence, sa capacité de remboursement devrait maintenir un équilibre souvent précaire d’ailleurs. Certains y parviennent. Ils sont ou seront, en temps de crise, de plus en plus rare. D’autant que nos Etats eux-mêmes croulent sous leur propre endettement……

Pauvre à crédit ou pauvre tout court : quand les lendemains déchantent

Depuis quarante ans et plus, notre économie aura en grande partie reposé sur le crédit. Les octogénaires d’aujourd’hui ont à ce titre largement bénéficié de ses largesses : ils ont pu, sans douleur, devenir propriétaires de leur logement à une époque où les taux d’intérêt étaient largement rattrapés par ceux de l’inflation. Ceci étant, ils étaient encore rares, dans ces années grasses, à y consentir : on imaginait alors assez mal, au début des années soixante, que l’endettement (le crédit sollicité) pouvait signifier un quelconque enrichissement (la propriété). On avait encore présent à l’esprit cette approche « morale » : vivre selon ses moyens. Pour le moins chez nous. Car déjà, outre-Atlantique, la pratique du crédit se développait. On y vivait déjà au-dessus de ses moyens avec l’argent des autres.

Elle s’étendit peu à peu à tous les « marchés ». Emprunter devint rapidement, en quelques années, une quasi norme pour la plupart des gens contraints par le même « marché », à assouvir sans le moindre délai des besoins, sans cesse sollicités par les « études de marché »,  de produits toujours plus « nouveaux », et sans cesse améliorés, (Nouveau! indiquait la pub), rendus chaque jour plus indispensables par le matraquage constant d’une communication publicitaire de plus en plus élaborée, assez sans doute pour être perçue et reçue par les esprits les plus démunis et les moins structurés comme une véritable « culture ». Celle de la CONSOMMATION.

Il y a peu encore, tout était devenu, chez nous, matière consommable : rien, pas même le « religieux » n’échappe plus aujourd’hui à l’approche mercantile, aux lois immondes de la communication commerciale, à cette prise en otage des individus pas les tous ces sbires du « marché » ,  les « écrans publicitaires » et ceux qui les font,  à très grand prix et très grands bénéfices.

Un cercle vient de s’ouvrir qui pourrait être vertueux s’il ne pouvait, à terme, mener de manière vicieuse au désespoir : le surendettement des uns, le manque de crédit pour d’autres, la pauvreté pour un grand nombre mais, plus lourd encore : la prise de conscience à venir, par les uns et les autres,  de l’inanité d’une certaine forme de « consommation ».

avis de ddécès des 129 morts de la rue, La Croix 19/11/2008
Avis de décès des 129 morts de la rue, La Croix 19/11/2008

Que pourra-t-il rester alors d’un monde (le nôtre) qui ne reposait,  pour la plus grande part,  que sur l’assouvissement immédiat d’un désir « fabriqué » de biens ou services, quand ce désir lui-même sera bloqué non seulement par le manque, bien réel cette fois de moyens, mais encore par un sursaut de conscience invitant à le modérer ? Le prix peut-être de notre difficile liberté , ou peut-être la rançon d’une éducation où, pour emprunter à Emmanuel Lévinas,  les enfants sont « éduqués dans la confusion morale sans distinction du bien et du mal (..), sans savoir reconnaître la misère dans les illusions du bonheur et dans le pauvre bonheur des contents et des repus » ?

Peut-être nous faudra-t-il alors reconsidérer notre notion de pauvreté. Elle est encore bien large face à ce qui s’annonce. Si l’on est considéré comme pauvre en France avec 800 euros par mois, que dire des retraités qui, dans nos campagnes en touchent moins de 500.

La Croix publiait dernièrement, à la demande de diverses associations, la liste des 129 « morts de la rue » de la saison d’été (avril à octobre 2008). Quelle est donc leur histoire, aujourd’hui achevée  ? Celle du Malheur sans doute.  Pour autant, rien n’est jamais certain ni définif. Un homme à terre arrive parfois à se relever : c’est à chacun de nous  de lui tendre la main.

Plainte pour harcèlement……. commercial ?

Il n’est déjà pas facile de lutter contre le matraquage commercial, les promotions, remises, primes de fidélité et autres bonus « offerts » en permanence à nos boîtes aux lettres, ondes radios télé et maintenant à nos écrans d’ordinateur, alors que dire du harcèlement ciblé des organismes de crédit !

Impossible (j’ai essayé) de ne plus recevoir pratiquement chaque semaine, une offre de crédit, (que l’on ne prête qu’à moi, bien sûr !), 1000 euros par-ci, 2000 euros par-là, pour succomber sans autre effort à toutes mes envies !

Le problème, c’est que je n’achète a priori que ce dont j’ai besoin. Alain Rémond * (que je ne résiste pas à citer tant je lui dois de plaisir chaque matin à la lecture de son petit billet de dernière page ) doit faire de même, lui a qui une vision si particulière de ces Choses dont Georges Perec dénonça si bien l’abus et la perversité d’usage dans son premier et percutant roman (en 1965).

Il y a ceci de commun au moins entre les gens d’esprit et les gens de foi : ils ne sont pas obnubilés par la Matière.

Je n’en dirais évidemment pas autant de cette curieuse catégorie des Bourgeois Bohêmes dans laquelle je ne reconnais qu’un mix carrément post-soixante-huitard, plus préoccupé de confort moral et en général de confort tout court que de transcendance.

Pour en revenir à l’essentiel, c’est-à-dire au besoin véritable, cela ne fait d’abord pas grand chose ; mais une fois règlé l’indispensable puis le nécessaire, devenus avec la modernité des temps de plus en plus « conséquents », puis en ajoutant un zeste de superflu, ces désirs qui nous taraudent, cela représente tout de même une belle obole à l’Economie, qui ne fonctionne, nous explique-t-on, que par la consommation.

Mais enfin, je ne peux m’empêcher de penser, chaque fois que je déchire un de ces courriers insistants, à tous ceux qui les reçoivent en même temps que moi, qui n’ont ni le même âge, ni les mêmes besoins ni, surtout, les mêmes envies. Ces envies que le marketing s’acharne, pour un coût considérable, à nous créer. Et auxquelles tant de gens ne parviennent pas à résister.

Aujourd’hui, on peut porter plainte contre le harcèlement sexuel, parce que le législateur le considère comme une atteinte à l’intégrité de la personne.

Quand on mesure l’ampleur des dégâts causés par l’abus de crédit aux Etats-Unis dans l’affaire des subprimes et, sans aller si loin, chez nous où tant de ménages sont surendettés,** on se demande s’il ne serait pas opportun de considérer, là aussi, que ces offres alléchantes et perfides ne constituent pas elles aussi une atteinte à l’intégrité de ceux qui les reçoivent.

Et si, à la fin, on portait plainte ?

* lien vers La Croix (cliquez !)

** lien vers UNAF