« C'est une révolte ? Non Sire, c'est une Révolution ! »

Une du Front National, journal communiste, le 9 mai 1945

C’est peut-être ainsi, en effet, qu’il faut envisager ce raz-de-marée extrémiste dont je doute pour ma part qu’il soit totalement à droite comme le rêvent nos medias et ceux qui les dirigent. Ce Front national, dont l’emblème fut aussi celui des Communistes de la Libération a recueilli depuis quarante ans toutes les voix de ceux qui ont, à juste titre, le sentiment de n’avoir jamais été entendus, sinon écoutés.

Le mépris dans lequel ce parti et ses membres ont été tenus depuis sa création justifierait à lui seul le succès qu’ils remportent aujourd’hui. S’il était en quoi ce se soit illégal, que n’a-t-il été interdit ?

J’imagine aujourd’hui la joie ressentie par son créateur, face au succès remporté par sa lignée ! Quel chemin parcouru !

Nos dirigeants actuels ont semble-t-il « TOUT FAIT » pour asseoir ce « premier parti de France » qui compte néanmoins si peu d’élus. Ils se sont donnés beaucoup de mal, avec l’aide, il est vrai particulièrement efficace, de medias totalement asservis, de sondages élaborés. Mais c’est quand même par leur mépris profond et global de toute une population, de son quotidien, de son histoire, de ses idées et de ses croyances qu’ils en ont fait aujourd’hui ce qu’il est.

L’heure est grave pour tous ceux qui vont bientôt perdre postes ou prébendes. Elle l’est aussi pour ceux qui pensent que ce parti novice n’est sans doute pas, pour la France, la solution. Il y a chez nous des volontés et des compétences plus mesurées sans doute et qui auraient déjà fait leurs preuves si l’opposition d’alors devenu pouvoir aujourd’hui ne les avait, comme il n’a jamais cessé de le faire, traînées dans la boue comme en justice, sans qu’aucune de ses plaintes n’ait jamais été avérée ni aboutie.

Pour les auteurs de cette Révolution , il s’agit à présent d’y penser. C’est aussi de leur propre avenir qu’il s’agit.

Millenium, suite : de la valeur inestimable du mariage

J’ai déjà*, dans un précédent billet, abondamment critiqué ce nouveau « block buster » de la littérature suédoise devenu international et dont chacun ou presque connaît à présent la teneur ou l’histoire. Ce frémissant thriller est donc devenu, tant pour ses éditeurs que pour les ayant-droit de son défunt auteur, un inestimable trésor, sordide objet de convoitise et de rapacité.

On nous dit qu’à Stockholm, on se déchire autour d’un prétendu « testament » de l’auteur, trouvé par sa compagne depuis trente ans, elle-même désavouant ce qui lui restait de famille qu’il avait écarté depuis bien trop longtemps. Il n’avait, à vingt ans, pas grand chose à léguer. Il n’imaginait pas non plus qu’il mourrait à cinquante en auteur à succès, sans le savoir, et sans en profiter.

J’imagine assez bien ce que coûte à sa compagne la démarche de tout créateur : de temps, de présence, de sollicitude et d’abnégation. D’amour, en somme. Car tout se fait, tout se peut, par amour. Surtout quand l’amour se partage. Mais dans ce cas précis, je doute qu’il le fut.

A vingt ans, M. Larson pensait à laisser son peu de biens à un groupe communiste. Du moins manifestait-il là ses choix, et ses volontés.

A quarante, il vivait depuis plus de quinze ans avec une femme qu’il aimait peut-être, qui l’aimait sans doute, puisqu’elle était encore à ses côtés dix ans après. Il n’a jamais pensé alors qu’il pourrait disparaître un jour en la laissant dehors, puisqu’elle vivait chez lui.

Nos lois, ici ou là, ont inventé des subterfuges pour tous ceux qui ne voient dans le mariage qu’entraves et obstacles à toutes leurs libertés. Le « pacs », testament et autres donations leur permettent a minima de protéger cet autre si fragile quand survient le départ, la mort ou l’abandon. Sans s’engager plus loin.

Ce sont paradoxalement ceux pour qui le mariage n’a pas vocation à (pro)créer qui en revendiquent le droit : sans doute ont-ils saisi quelle en est l’inestimable valeur : celle de la construction , évolutive et modulable d’un sentiment qui s’épanouit ou se flétrit au gré de la volonté et de la responsabilité de chacun. Une construction qui peut être durable, si l’on en fait le voeu. A deux.

M. Larson a eu l’honneur de ne pas demander la main de sa compagne. Les communistes suédois pourront se réjouir du cadeau qu’il leur a laissé …..si toutefois ils peuvent justifier qu’ils en sont bien destinataires. La famille, quelle qu’elle soit, a encore des droits.

* sur ce blog : Millénium : Stieg Larson ou la fascination du mal