Moraliser la vie publique ? Ce n'est pas de morale, qu'il s'agit, mais d'honnêteté

L'Effet dominos
L’Effet dominos

Les hommes politiques n’ont aujourd’hui que ce mot à la bouche, en réponse aux  dérapages  pourtant contrôlés de quelques-uns des leurs : il faut moraliser la vie publique. Le premier d’entre eux, élu des Français, est a priori mal placé pour en parler, de morale, lui qui leur a promis « le mariage pour tous » mais l’a toujours refusé à la mère de ses quatre enfants qui n’a pendant vingt ans attendu que cela. Tout cela n’est pas une question de morale, mais plutôt, et tout  simplement,  d’honnêteté, soit, académiquement : Conformité habituelle et naturelle à la vertu, à la probité, à l’honneur.

Le second veut nous faire croire qu’il vient seulement d’apprendre, tout comme nous, ce qu’il était censé savoir depuis au moins deux mois,  puisque son Ministre de l’économieaurait diligenté une enquête suisse au mois de décembre sur la situation de J. Cahuzac , comme le prétend « Valeurs actuelles » –  un magazine des plus sérieux. Le mensonge de l’un semble se répercuter sur tous les autres, à ce qu’il semble. Il est à craindre qu’un « effet  domino » ne vienne à très court terme effondrer les parades mises en place ici et là et les démentis plus suspects les uns que les autres sur ce qui n’est, là encore, plus une question d’honnêteté ( Qualité d’une personne qui a souci de ne pas tromper, notamment en matière d’argent, d’intérêt ; qualité de ce qui est sans fraude, sans tromperie)  que de morale.

Et voilà que le Grand Rabbin de France qui avait fait jusques au Vatican  l’admiration de tous pour la pertinence des ses propos, Gilles Bernheim lui-même vient de faire preuve d’une malhonnêteté  analogue à celle de M. Cahuzac, quoique dans un autre registre : il s’est « inventé » une agrégation qu’il n’avait pas,  a même confessé des plagiats, punissant lui-même sa faute par sa démission immédiate.

Que dire face à une telle intensification du mensonge dans la vie publique   ? On reste complètement pantois. Ceux qui masquent la vérité derrière le filtre de leur malhonnêteté ou de leur incompétence , ceux-là ont semé des graines de méfiance qui peuvent à très court terme engendrer une violence qu’il s’agira de maîtriser. Le mensonge ne peut être un mode de gouvernement.

Que sont devenus les hommes (et femmes) honnêtes, qui, à l’instar de Booz peuvent être riches sans être pour autant des salauds, croyants et respectueux des « Lois » ? Sans doute y en a-t-il encore, et certainement tout près de chez nous.

Mentir à mort à la République (donc aux Français) , "les yeux dans les yeux"

"Le menteur", Pierre Corneille, 1643
« Le menteur », Pierre Corneille, 1643

Entre les promesses (non tenues) d’un futur président et sa persistance actuelle dans cette voie (des promesses…),   son déni des manifestants opposés au « Mariage pour tous » et le mensonge « les yeux dans les yeux »  que vient d’avouer le Ministre (déposé) du Budget sur un vieux compte Suisse (qui aura produit en vingt ans quelques intérêt non déclarés), sans oublier la casserole Guérini,  la situation de notre pays, donc la nôtre, devient chaque jour plus critiquable sinon définitivement ridicule. Mais surtout  de plus en plus dangereuse.

J’ai en mémoire le tapage médiatique orchestré par les adversaires du gouvernement précédent autour du Ministre du Budget d’alors, M. Eric Woerth, qui fut comme personne alors trainé chaque jour dans la boue pour plusieurs affaires « politico-médiatiques ». La première n’est pas encore jugée et l’autre, une supposée prise illégale d’intérêt a été démentie en juillet 2012, sans que cela ait fait grand bruit dans les medias.

Un de ses pires détracteurs,  mais également son successeur au même poste,  vient d’avouer lui-même le mensonge qu’il a asséné sans vergogne devant la Représentation nationale sur ses petites malversations très personnelles, dénoncées de la même manière et par la même voie que  celles (alors supposées) de son prédécesseur. Il est vrai que M. Plenel a horreur du pouvoir.

M. Cahuzac est aujourd’hui un « homme mort », politiquement, (sinon médiatiquement car son nom n’a pas fini d’alimenter le débat, les caisses des journaux et des plateaux-télé). Politiquement,  M. Woerth est, lui, toujours bien vivant. Il a  été réélu sans problème à son poste de député. Comme Ministre du Budget il avait, contre vents et marées, mené à bien une salutaire réforme. La seule parmi tant d’autres,  pourtant tout aussi salutaires au pays,  qui n’ait pas  été complètement censurée. Mais qui sait….

Veille du 24 mars : le pouvoir a déjà décidé de mentir sur le nombre : moins de 100.000 !

Grande Arche de la Fraternité (Arche de la Défense)
Grande Arche de la Fraternité (Arche de la Défense)

Surtout n’en croyez rien ! C’est encore un mensonge de plus ! Il était annoncé ce matin sur France-Info, radio d’Etat. Je ne veux même pas savoir ce que pourrait en dire Media-part, (part comme partisan indéfectible du pouvoir en place).  M. Plenel a « descendu » Jérôme Cahuzac à cause de sa bonne politique, non conforme aux promesses du candidat président (malheureusement élu en mai dernier) ;  et Nicolas Sarkozy, parce qu’il est d’abord un ennemi de classe, comme cette pauvre Mme Bettencourt qui a eu, par les temps qui courent, le malheur d’être – mais depuis longtemps – à la tête  d’une des plus grosses fortunes du monde, mais aussi, ne l’oublions pas, d’une véritable fierté nationale (L’OREAL)

Demain, il y aura je n’en doute pas énormément de monde, avenue de la Grande Armée.  Ce sera bien une véritable « Armée de Défense » de la Famille,  un défilé de citoyens libres, parents paisibles et responsables qui défileront avec leurs enfants pour être cette fois bel et bien  comptés mais aussi pris en compte, ce qui n’a jamais été le cas depuis le mois de septembre.  Je ne suis pas si sûre que, cette fois, ils chanteront.

Le mépris dans lequel le pouvoir en place tient ceux qu’il considère comme ses adversaires, soit aujourd’hui plus de la moitié des habitants de ce pays, ce mépris est inqualifiable.  Le Président élu de la République française a pour première mission d’être le Président de TOUS les Français. Le nôtre semble avoir oublié ce à quoi il s’est engagé le 6 mai dernier. Il est grand temps qu’on le lui rappelle.