C’est logiciel, c’est libre et c’est à Limoges : Linux à la BFM

Je me dois tout de même d’en parler ici, puisque je suis après tout un usager actif de tous ces logiciels libres mis fort gracieusement à la disposition du public,  par la communauté GNU.

A moi donc, comme à tant d’autres, les Firefox, Thunderbird, Openoffice et autres logiciels libres qui fonctionnent en dehors du géant américain (que je ne nommerai pas ici), sans s’imposer.

Pour la quatrième fois consécutive, Limoges est en novembre un pôle de liberté cybernétique, si je puis dire, dans l’antre lumineuse de sa belle Bibliothèque.

A tous ceux qui douteraient encore des charmes de cette ville, je renvoie à quelques belles images d’une cité trop longtemps décriée à plus d’un titre, et d’abord celui de ses garnisons appelées maintenant à disparaître, mais qui demeure, au-delà du temps, celle du Feu et de ses Arts, celle aussi d’Auguste Renoir.

Google Book Search : le fabuleux destin des livres

Le monde est devenu en 10 ans une gigantesque base de données où se cotoient le pire (dont on parle le plus) et aussi le meilleur, souvent plus discret. L’entreprise Google, dont, je le précise, je ne touche aucun dividende, a entrepris un projet fabuleux que j’ai découvert récemment et qui vaut qu’on en parle.

La numérisation est, certes, en train de se banaliser, puisque la plupart des organisations, publiques ou privées, y ont désormais recours pour enregistrer, diffuser ou conserver des documents. Mais ce sont LEURS documents.

L’originalité du projet de Google Book réside dans le fait que ses équipes interviennent dans différents lieux pour globaliser l’offre disponible d’ouvrages le plus souvent introuvables ou d’accès difficile.

C’est ainsi que, à partir de mot-clés bien ciblés, on peut en quelques instants, sans quitter sa table de travail et sa maison, accéder à de très vieux ouvrages disséminés dans de nombreuses bibliothèques ou à tout le moins à leur référence précise, car tous ne sont pas totalement lisibles.

Mais quel prodige !

Je me souviens de cette vieille bibliothèque universitaire où, il y a un peu plus de dix ans seulement, on ne pouvait encore accéder à aucun ouvrage sans passer par un fichier rustique, manuel, la queue au guichet avec ses références (pas plus de 3 à la fois) et l’attente qui semblait interminable pour un ouvrage qui venait directement du « magasin » et qui n’était souvent pas le plus pertinent. Des heures perdues, et l’insatisfaction permanente de ne pouvoir consulter sur place que des dictionnaires, annuaires ou autres compilations sans intérêt immédiat. Il faut dire que cette bibliothèque, quasiment unique en France, avait le statut bien particulier d’être à la fois « Municipale » ET « Universitaire ». Le lecteur y était accueilli comme suspect (de salir, d’être ignare, bruyant mais surtout dérangeant). Je crois que tout cela a changé, je l’espère pour cette ville et pour ses habitants. Il y a en France de merveilleuses bibliothèques où l’on se sent attendu, accueilli, où les livres abondent, et plus seulement les livres, où l’on peut les consulter directement sur les rayons et où les systèmes de recherche, de localisation et de réservation sont performants.

Ceci étant, le prodige de Google Book est de permettre à l’amateur de trouver sans autre effort que celui d’une recherche bien définie, l’ouvrage le plus approprié, dans le délai le plus court. Mais bien plus encore, de découvrir des trésors souvent insoupçonnés.

Je fus ainsi assez époustoufflée de découvrir sur mon écran, en quelques secondes, les pages de vieux Bulletins archéologiques de ma région, bien trop anciens pour être exposés ; que j’aurais pu , certes, consulter sur place, dans le silence et le recueillement des salles spécialisées de nos Archives, mais en y passant une demi-journée. Ces pages-là ne venaient pas de chez moi, mais du bout du monde, d’une université lointaine dans laquelle on pouvait trouver, comme à Uppsala, les publications du monde entier.

Voilà donc un projet qui, parmi d’autres, est réjouissant. Rendre accessible à chacun le fonds commun des connaissances. Les bonnes, il est vrai, comme les mauvaises. Mais c’est un autre sujet.