Les curées matinales de Radio-France

Il n’est de jour où, chaque matin, les ondes de Radio France nous assaillent de leurs propos nauséeux sur un Président brocardé par tous les animateurs media. Nicolas Demorand, transfuge des Matins de Culture a reproduit sur France Inter cette ironie perverse, cultivée là-bas par Ali Badou, qui fait croire à ses auditeurs qu’ils sont intelligents, et penser qu’ils pensent bien. Le bien n’étant, naturellement, que de gauche et contre notre Président, ses tenues, ses amis, sa famille.
On peut citer, en vrac, Hélène Jouan, , sans oublier ces fous du roi qui viennent avant Patrice Drouelle, (monsieur je-sais-tout) délivrer leur petit pamphlet. Mais cet excès d’ironie putride confine à présent à l’absurde. Pire, au ridicule.

On chantait sous l’Occupation « Radio Paris ment, Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand« que dire aujourd’hui d’une radio nationale dont la plupart des animateurs (souvent bien payés par l’Etat lui-même) ne traduisent que l’opposition, le refus, la dénégation ? Qui se sentent investis d’une mission en assénant à longueur de temps conseils de prudence et de bien-pensance ? Qui s’arrogent encore le titre, pour certains, de journalistes quand il ne pratiquent, du reportage, que celui des salons !

C’est quoi, ce journalisme-là ? Ces invités que l’on charcute en pratiquant l’obstruction pour les empêcher, avec véhémence parfois, de s’exprimer au profit, toujours, du discours adverse ? Sauf s’ils sont bien évidemment de la même mouvance, auquel cas les arguments sont largement développés, affirmés, confirmés par toutes les parties. Puisque nous sommes entre nous.

A l’instar d’un Pierre Dac qui du moins avait de l’esprit, notre Radio nationale s’affiche chaque matin contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre M. Nicolas Sarkozy, Président de tous les Français, qui l’ont dûment mandaté, lui, pour mener à bien les destinées de leur pays.

L’esprit de la Fronde règne encore, comme il n’a jamais cessé de règner sur notre beau pays de contestation permanente, de refus et d’obstruction quasi stalinienne.

Ah, cette Liberté de blâmer….sans éloge !

Les douceurs de Monsieur Schmitt

M. Eric-Emmanuel Schmitt n’a sans doute pas besoin de publicité, même si, très incidemment, je cours ainsi lui en faire. Mais voilà, il m’a fait passer un moment délicieux, ce qui vaut bien qu’on le signale quand tout s’agite autour de nous. Il nous mène si loin des turpitudes humaines, même dans le crime quand celui-ci ne mène, au fond, qu’à un juste retour des choses. Il y a tant de subtilité dans sa perception des êtres, qu’il sait présenter si divers, et si souvent empreints de bonté. Il nous fait aborder aux rives d’un monde éthéré, où les troubles s’enveloppent presque naturellement d’une ouate légère où s’émoussent les chocs les plus ressentis. La vieillesse, la mort, le regret ou le soupçon qu’il nous raconte, et comme il le raconte bien, lui qui n’a pas cinquante ans !, y deviennent si doux et les pleurs si légers, qu’il semble nous porter sans crainte vers ces ténèbres lumineux qui nous attendent, au bout de notre propre chemin.

J’aurai probablement très vite oublié son livre, comme la petite centaine que « j’avale » chaque année. De quoi se souvient-on vraiment en littérature ? La poésie ne se conserve que dans son intégrité, mais la littérature ? Quelques phrases, parcequ’elles ont été fort signalées : Toute ma vie je me suis levé de bonne heure et une atmosphère, le vécu de certains personnages, une nourriture, une liberté, une science parfois qu’on a trouvées là et qui restent à jamais gravés dans nos mémoires, au degré personnel de notre histoire. Mais sa rêveuse d’Ostende, cette femme-là, non, je ne l’oublierai pas.

Retour vers la Foi, dans l’Eglise catholique

Un essai récent de Jean-Claude Guillebaud m’a littéralement séduite et bouleversée. Il y relate avec une concision extrême la progression qui l’a lentement ramené de la vie à la Foi et de la Foi à l’église. Chaque vie suit son propre chemin. Le sien représente assez bien celui de ma génération, antérieure à Vatican II, qui n’a pas perçu ou pas suivi les changements que ce grand concile a apporté à notre Eglise.
Cette église dans laquelle je suis moi aussi revenue.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Michel Onfray et autres sectateurs de l’athéologie, la voient encore pour ce qu’elle fut, en des temps aujourd’hui reculés de règne et de splendeur. Cet « opium du peuple » honni de toutes les Lumières et autres Révolutions. Ils La voient encore comme un frein à l’autonomie de l’esprit, à la liberté des consciences, à l’accomplissement de soi-même. Ils ne savent tout simplement pas de quoi ils parlent. Ils seraient bien surpris par la lecture de lettre encyclique Fides et Ratio du Pape Jean-Paul II.
Quant à la laïcité qu’ils revendiquent, elle n’est tout simplement pas conforme à nos constitutions.

Ce retour du religieux chrétien qui aujourd’hui les inquiète ou pire les scandalise ne répond pourtant qu’à l’évidence millénaire de ce que nous sommes : matière, esprit et espérance.

Cette Espérance, ce mystère de la Foi chrétienne fascine les plus sceptiques, interroge philosophes, historiens, sémiologues et romanciers. Car les ouvrages abondent, qui font retour sur le Mystère chrétien, son histoire, son Eglise, ses martyrs et ses saints. De Régis Debray à Régine Desforges en passant par Max Gallo, Alain Decaux ou Julia Kristeva, ils nous ont tous livrés leurs études, leurs réflexions ou leur fantasmes sur ce Mystère chrétien qui se perpétue depuis deux mille ans.

Car c’est l’Espérance qui fait Joie pour les catholiques de France et d’ailleurs et pour tous les chrétiens. Espérance de paix, ici, maintenant, toujours. Cette espérance, il nous appartient de la communiquer.

Il y a aujourd’hui plus d’un milliard de catholiques dans le monde, témoins d’une Eglise rénovée, qui, depuis les quarante ans de Vatican II, a retrouvé avec Jean XXIII et ses successeurs le message universel de ses origines : « Aimez-vous les uns les autres ». Un message unique au sein de toutes les religions.

Ce message, c’est dans la liberté de leur Foi que les fidèles aujourd’hui essaient de le vivre et de le mettre oeuvre. Au quotidien.

Cette liberté, ils ne l’ont pas acquise sans quelque souffrance : 1905 fut pour l’ Eglise de France une année terrible, mais ce fut aussi l’occasion pour elle d’un nouveau départ, d’une nouvelle mission dont Vatican II achèvera la mise en place et qui depuis se perpétue et s’élargit.

C’est dans la plus totale liberté qu’aujourd’hui – et depuis plus de cinquante ans- les catholiques de France se rendent dans leurs églises, parfois nombreux, aux Rameaux, à Pâques, à Noêl, parfois plus rares aux offices ordinaires. Pour y partager, dans la communauté qu’ils constituent, un moment de Joie et d’Espérance qui les nourrit et les abreuve, comme ils ont été nourris et abreuvés depuis deux mille ans de cet Amour divin total et universel prodigué par le Crucifié.

Mais c’est de plus en plus dans le dénuement des paroisses de France, leur manque patent de prêtres, et avec l’engagement de laïcs de plus en plus nombreux pour les seconder.

Vivre sa Foi chrétienne aujourd’hui exige non seulement de la rendre visible en l’affirmant par ses actes, mais encore de maintenir la viabilité de notre Eglise en assumant l’entretien de ceux qui la font vivre, qui ne vivent pas de l’air de temps, mais bien de ce Denier de l’Eglise que tant de chrétiens catholiques rechignent si souvent encore à lui verser.

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Redécouvrir Jack London

La rue Monsieur le Prince est un des mes lieux « incontournables » lors de mes passages à Paris. En partie à cause de ses librairies, mais plus encore de ses libraires. Celle de l’Escalier, passionnée d’Asie mais de tant d’autres sujets encore, est tout simplement délicieuse. Et aussi délicieusement simple.
L’autre jour, tout en évoquant des auteurs qui nous sont chers, mon regard s’attarde sur un petit livre posé là, parmi tant d’autres, et qui retient mon attention ; un titre de Jack London qui n’évoque pour moi rien de connu. Il me semblait pourtant avoir, il y a bien longtemps déjà, dévoré tous ses livres. Avec passion. Mais cette Fille des neiges, non, je ne la connaissais pas. Une découverte.
Je me souvenais d’un London engagé dans la lutte sociale en ce début du XXème siècle, mais n’avais pas noté alors cet occidentalisme exacerbé qui suinte de cette « ode à la race », terme qu’il place à maintes reprises dans le discours ou les propos de la famille Welse, père et fille. Par delà cet aspect aujourd’hui étrange, on retiendra surtout ces magnifiques portraits d’hommes et de femmes forts, libres, avides ou mesurés, couards ou courageux qui vinrent pendant dix ans prospecter l’or du Canada, aux confins du monde habitable. La Fille des neiges, deuxième roman de Jack London, est le premier de ceux écrits sur le Grand Nord.

Stieg Larson : « Millenium » ou la fascination du Mal

Les critiques se sont abondamment chargés de commenter ce « pavé » auquel j’ai moi-même fini par « succomber », comme je succombe depuis cinquante ans à ce « vice impuni, la lecture »…..Mais j’en ai gardé un goût amer et, en quelque sorte, de temps perdu.

M. Larson nous a livré là une oeuvre unique, intense et passablement cynique dont on peine à croire, non seulement qu’elle est réellement fictive, mais encore qu’elle ne lui fut pas tout bonnement fatale.

M. Larson était journaliste. Comme Carl Bernstein et Bob Woodward, qui sans aucun doute l’ont inspiré, même si son Millenium a peu à voir avec le Washington Post, et les crapuleries suédoises qu’il y dénonce avec le Watergate.

Il semble même que ses personnages soient assez largement inspirés de ces héros de séries américaines récurrentes qui envahissent avec succès les écrans de tous les téléviseurs.

Les « affaires » d’argent sont souvent sordides, et l’investigation requise par l’enquêteur pour les déjouer (sans pour autant qu’une morale y soit implicitement revendiquée) le met souvent face à de véritables horreurs, tant morales que physiques. M. Larson se complaît ici à les décrire avec minutie, en vertu semble-t-il d’une évidente fascination.

Cette fascination du Mal n’a rien de nouveau, qui date de l’humanité. Mais son étalage, lui, est récent. La multiplication des media de communication nous l’inflige à longueur de temps sur les écrans, les ondes, les éventaires, les lieux d’exposition. La pornographie la plus abjecte est accessible à qui veut la trouver. Les photographes de presse nous repaissent d’images infâmes et inutiles qui banalisent ce mal qu’ils prétendent dénoncer. La littérature s’en était depuis fort longtemps emparée, mais du moins servait-elle incidemment à valoriser la Vertu.

La société que M. Larson nous dépeint ressemble à ce que pourrait être la nôtre si elle devait se conformer aux préceptes d’un Michel Onfray, détracteur inlassable de la pratique religieuse et guru patenté de ses contempteurs. Une société centrée sur la seule satisfaction du soi, libre et seul au sein de la multitude. Une société sans partage, sans âme, sans joie. Où tout est permis, sans limite. Une société où, paradoxalement, tout est mis en oeuvre pour culpabiliser ceux et celles qui ne se conformeraient pas aux usages d’une morale compassionnelle et mercantile, trop prosaïquement rédemptrice.

C’est donc avec stupeur que j’ai trouvé, dans le dernier numéro de Croire, un avis plutôt favorable à s’y plonger, car les eaux de ce Millenium sont troubles, et, pour un chrétien, vraiment troublantes.


To face or not to Face Book ?

Puisqu’on en parle…. Je suis allée « y faire un tour », moi aussi. Au départ, on essaie d’y retrouver quelqu’un, perdu de vue depuis longtemps, que l’on ne retrouve pas forcément d’ailleurs. De fil en aiguille, on cherche quelqu’un d’autre, pour voir. On tombe enfin sur un nom connu de soi, la curiosité nous attise, on va voir. On a la surprise d’y trouver parfois une somme de détails intimes, ouverts ainsi à tous les vents : c’est effarant.

Quel « ego » faut-il donc pour aller se livrer ainsi en pâture ? A moins que ce ne soit qu’une affligeante solitude ? Ceux que j’ai croisés là ne sont pourtant pas seuls, ils ont une famille, des amis, une position. Quel besoin, donc, de s’exhiber ainsi si l’on est pas, a priori, un personnage public ? Il est certain que ce genre de réseaux peut être fort utile pour qui a quelque chose à vendre, car c’est un vecteur commercial de première grandeur. Mais ce prétexte d’y collecter « des amis » semble pour le moins fallacieux. L’amitié est une « denrée » trop précieuse pour être galvaudée. On communique très bien avec ses amis dans l’intimité relative du téléphone et autres courriels directs. Et si l’on a « perdu de vue » bien des gens, c’est probablement parce que nous ne souhaitions pas en rester proches.

La Vanité est le plus fin ressort de l’exploitation commerciale. Mark Zuckerberg peut donc à présent « se sucrer » d’une montagne de 15 milliards de dollars. Peut-on le blâmer ? Il n’a fait après tout qu’exploiter ce « culte du soi » érigé par une société depuis longtemps passée du confessionnal au divan, à qui il importe d’être vu, plutôt que d’être, tout simplement.

Fumées

Je fume, même si ce n’est pas bon pour moi et ce, en toute connaissance de cause.

Je suis d’ailleurs prête à le payer de quelques années de moins, car le surplus qu’on me prédit présente pour moi plus d’inquiétude que d’intérêt. J’entends simplement qu’on me laisse choisir mon mode de vie, dans un pays réputé libre. Mais l’est-il encore ?

Notre « sécu » n’est pas en rade à cause des fumeurs, des buveurs et autres « brûleurs de chandelle ». Elle est en rade à cause d’erreurs de gestion lamentables, d’un excès de demande dont on voudrait nous faire accroire que le tabac en est la cause, ce que dément l‘espérance de vie de ceux qui bien souvent en ont abusé.

Nos centenaires et leurs enfants ont connu, outre au moins deux guerres et bien des privations, ces temps presqu’heureux où l’on pouvait fumer sa Gauloise en toute liberté. Nos « quadras » eux-mêmes ne s‘en sont pas privés, et pas seulement dans les bistrots.

Las ! Nos pays d‘Occident, s’aplatissent chaque jour davantage sous le joug de cette « bien-pensance », issue pour partie du principe de précaution et de la sécurité, parangons de notre modernité et icônes des publicitaires. Rien n’est pourtant moins « sûr » que notre vie elle-même issue, pour les plus vieux, d’un aléa parfait.

Je récuse pour ma part un tel cauchemar, qui aliène nos libertés, nos choix, notre responsabilité. Et pour en sortir, quoi de meilleur que d’allumer une cigarette, et d’en aspirer goulûment la fumée… qui me détruira (peut-être ?)