Pollution (suite) : Coup de froid sur le réchauffement climatique

vague de neige

J’ai bien de la chance d’être si loin de Copenhague, dont rien de tangible n’est vraiment montré que l’agitation orchestrée des groupes (de pression) de service qui n’y cherchent, au fond, que leurs intérêts.

C’est plutôt étrange, d’ailleurs, qu’on ait choisi le Danemark, pays de « la Reine des neiges » qui transforme en glace tout ce qu’elle touche,  pour parler de réchauffement. Il ne manquait pas, dans notre hémisphère, de pays plus chauds et plus concernés par les conséquences présentes et futures des évolutions climatiques envisagées.

Il ne manquait pas non plus d’autres points de vue plus « critiques » (en anglais) que ceux qui nous sont sans cesse ressassés. Mais ceux-là (en français) ont bien du mal à se faire entendre.

N’étant pas scientifique moi-même, je n’ai guère d’opinion sur la question, mais je suis néanmoins capable de lire, comme tout un chacun, des courbes (de températures) et force est bien de constater que depuis le passage d’El Nino,  (Chaud) celles-ci auraient plutôt tendance…. à diminuer.

Tout cela n’empêche pas l’hiver de nous tomber dessus, avec quelques jours d’avance, mais comme il faut. Moins 9°c à Aurillac à l’heure ou j’écris : il ne fait jamais bien chaud l’hiver (la nuit) dans le Cantal.

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Foi, Espérance et Charité : quels prêtres pour les annoncer ?

Triomphe de la Foi sur l'Idolâtrie, J.B. Théodon, Gesu, Rome (wikics)
Triomphe de la Foi sur l'Idolâtrie, J.B. Théodon, Gesu, Rome

Je vis dans une paroisse provinciale qui ressemble peu ou prou à celle que décrit  Pietro de Paoli dans son second livre « 38 ans, célibataire et curé de campagne« , à ceci près que mon curé modérateur, qui a déjà  franchi le cap de la soixantaine, a achevé sa formation dans l’essor de Vatican II  et en applique les préceptes.

A l’instar de tant d’autres prêtres devenus de plus en plus rares, il assure au quotidien les charges de sa fonction dans un territoire étendu. Sans doute n’est-il pas seul à la tâche, puisque chez moi comme partout ailleurs,  des laïcs  actifs l’accompagnent dans toutes les équipes pastorales , et l’on ne soulignera jamais assez la richesse du lien social qu’ils entretiennent bien au-delà de leur mission chrétienne.

Sans doute, chez moi comme ailleurs la pratique n’est-elle guère étendue, et c’est pitié de voir, hors des grandes célébrations, nos églises pourtant décorées à peine occupées par une maigre poignée de fidèles. Du moins viennent-ils de tous horizons, milieux et opinions car leur Foi, seule, les réunit. Ceux-là ne sont pas sectaires.

J’ai déjà évoqué dans un de mes anciens billets un évènement déjà banalisé ailleurs qui,  survenu dans mon village, relevait de l’étrange sinon de la nouveauté. Des traditionnalistes tentaient chez nous de s’imposer.

En cette Année sacerdotale vouée aux prêtres,  et alors même que nos Evêques s’emploient à pallier le manque de vocations, j’observe qu’un certain activisme s’opère et lentement s’insinue dans les esprits. Certains paroissiens,  pourtant très concilaires,  n’ont au fond jamais cessé de regretter leurs messes d’antan. Il serait pourtant redoutable que sous l’effet de minorités très largement agissantes, notre Eglise incline à recruter son Clergé au sein de clans ouvertement politisés. C’est déjà pratiquement le cas dans certain diocèse, au grand dam de Mgr Vingt-Trois, qui tend à nous rassurer.

Les Catholiques sont suivis de longue date par Henri Tincq qui leur prédit une longue route mais le triomphe, dans 40 ans, de la religion chrétienne.  Il y a 5 ans déjà, Mgr Pietro de Paoli remettait les pendules du Vatican à l’heure  de 2035 pour arriver, après bien des détours fictifs et de réelles propositions à une conclusion assez proche. La vitalité de la Bonne Nouvelle. Mais après quel chemin !

 

 

Esprits troublés, corps malades et âmes errantes : le juteux marché des sectes et autres « coaches »

On peut se réjouir qu’un nouveau procès mette en cause, à Paris, les méfaits de la scientologie, espérant qu’il sanctionnera certains des abus manifestes que cause, depuis cinquante ans, la théorie oiseuse d’un auteur de science fiction mais, bien plus encore, la gigantesque et si prospère organisation qui la représente.

Ron Hubbard fit ses débuts dans les pulps,  magazines bon marché alors dédiés au genre (la SF), puis imposa une théorie, la dianétique, bientôt qualifiée par un de ses pairs de « révision lunatique de la théorie freudienne »,  ressemblant à une « superbe escroquerie rémunératrice ».

Pour autant, les victimes sont  souvent consentantes.

Dans « La pitié dangereuse », Stephan Zweig évoque  le passé du père de l’héroïne. Alors petit affairiste sans scrupules, il fut confronté à une employée de maison devenue héritière d’une fortune qu’elle n’avait ni souhaité ni espéré. Il la trouve désemparée par cet héritage  contesté,  la manipule habilement, non sans componction,  pour racheter à très bon compte la totalité de ses biens.  Mais une fois parvenu à ses fins, prévoyant  jusqu’au versement d’une rente modeste à la jeune femme qu’il a grugée et  l’organisation de son départ, elle lui témoigne une reconnaissance si sincère d’avoir ainsi réglé ses affaires qu’il en est d’abord stupéfait puis ému, si ému qu’il refuse enfin qu’elle s’en aille, soudain séduit par la fragilité mais surtout  l’intégrité de sa personne.  Profondément épris, il l’épousera peu après et ils s’aimeront jusqu’à sa mort.

Ce n’est malheureusement pas ainsi, ou pas souvent, que se terminent les histoires de manipulations. Et les rentes servies ne le sont pas aux victimes, mais bien par les victimes elles-mêmes, à ceux qui les exploitent.

Il y aura toujours des affligés de toute sorte prêts à  croire à n’importe quoi. La plupart des sectateurs n’en ont pas vraiment fait le choix. Ils veulent d’abord  trouver la force,   le courage ou seulement une raison de vivre leur vie, bien ou mieux, sans plus attendre,  à l’instar, croient-ils,  de ceux qui les y « invitent ». Tout,  dans notre société les contraint à cette impatience. Ils ne trouvent la plupart du temps que des illusions de croyances, de recettes ou de procédés qui ne visent à terme qu’à les déposséder non seulement de leurs biens mais pire encore d’eux-mêmes.

La plupart des sectes ne sont souvent que des réseaux sociaux, commerciaux, financiers (voire militaires) et même « religieux ». Certaines revendiquent, comme la scientologie, le nom d’église, relevant ainsi de cette imposture que permet, dans un grand nombre de Constitutions, leur assimilation à des associations ou organismes cultuels, et partant  assortis de certains « avantages », dont la protection de l’Etat. On comprend mieux, dès lors, leur insistance dans cette voie.

Quelle que soit l’issue du procès, un parmi d’autres, le glas ne sonnera pas encore sur cette puissante organisation. Son bruit médiatique n’aura lui-même que peu d’effet sur de potentiels adeptes. Moins sans doute, et c’est plutôt réjouissant, que l’incroyable et tardive  « success story » de Susan Boyle, sublime contre-pied à l’offre sectaire.

A relire d’urgence pour éclairer la crise d’aujourd’hui : »Un testament à l’anglaise » de Jonathan Coe

No comment
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Jonathan Coe est décidément un grand écrivain, (pourvu de l’excellent traducteur Jean Pavans) mais ce n’est pas son très émouvant dernier roman que j’évoquerai ici. Comme tout écrivain (véritable), J. Coe est un visionnaire. Et tout était dit, déjà, dans ce qu’il écrivait à trente ans, il y en  quinze déjà, sur ce qui ne pouvait qu’engendrer la « vraie crise » que nous vivons aujourd’hui : la parfaite déliquescence d’une société exclusivement guidée par le souci de sa propre satisfaction, et une économie dominée par une offre qui désormais précède la demande.

Ce livre est simplement jubilatoire. La traversée du demi-siècle d’histoire anglaise où nous emmènent les tribulations de Michael Owen, écrivain solitaire et désinspiré,  est un parcours terriblement excitant, tragique et drôle qui replace dans leur contexte tous les ingrédients sociétaux de l’Occident d’aujourd’hui. Certes, nous sommes ici en Angleterre, mais au fond, nous sommes partout.

L’Establishment , dont il est ici largement question,  aura eu beau jeu de faire prospérer, à l’instar de ce qui s’est passé  ailleurs, une consommation de masse érigée en système. L’austérité n’enchante pas les peuples qui demandent toujours plus de pain et de jeux. Le portrait caustique de quelques puissants nous invite dans les coulisses  du Pouvoir où le mépris obcène du peuple n’a d’égal que l’inépuisable source de profit qu’il représente pour eux. Cette comédie humaine qui couvre trois générations ne peut manquer d’interpeller ceux qui, en somme,  ont connu la  relative douceur de vivre dans un monde encore limité à la satisfaction de ses besoins, mais dont ils ont pourtant contribué le plus, pendant quarante ans,  à  étendre les contours  jusqu’à les  défigurer.

Que le lecteur pour autant se rassure, tous les comptes seront finalement réglés sous le crayon de l’auteur qui, véritablement, rayonne en nous offrant en prime quelques  pages d’anthologie sur les arcanes du pouvoir, le marketing info-medias, la création littéraire et artistique et la dérive alimentaire,  jusqu’à l’apothéose d’un final inénarrablement  anglais.

Quand au thatchérisme qui est la toile de fond de cet incroyable roman, il n’aura été sans doute que la conséquence logique du déclin de l’Empire britannique et de la situation de  l’Angleterre des années 70,  désindustrialisée et de surcroît  figée dans l’inertie  d’une administration aussi gloutonne que tentaculaire et improductive. Nul ne peut nier les dégâts causés par la radicalité du changements, mais nul ne constestait pourtant, avant la crise actuelle,  qu’ils aient été finalement salutaires au redressement et à la vitalité de ce très grand pays. Comment justifier  autrement le tropisme majeur qu’exerce encore la verte Angleterre sur tant de candidats à l’exil ?

Ce n’est pas la vidéo-surveillance, qui est liberticide, mais la conduite des hommes eux-mêmes

No comment
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Si l’on doit en arriver là, ce qui peut sembler dommage, ce ne sera qu’une des conséquences logiques et raisonnables d’un triste constat :  dans notre monde sans limite, tout peut arriver, même le pire (qui  pourtant n’est jamais certain).

Le vieux poncife, redoutable, suivant lequel « la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres » n’ayant plus cours et depuis fort longtemps, on ne peut s’étonner qu’une telle mesure, qui fait par ailleurs ses preuves,  soit à l’ordre du jour. A défaut de de cette autorité qui l’aurait, peut-être, prévenu, voire empêché, aurons-nous du moins de ce délit récurrent qui empoisonne la vie de tant de citadins : l’insulte, la bousculade, voire l’agression, la preuve qui permettra de le sanctionner, de le décourager peut-être et in fine de l’éviter.

Je m’étonne que, dans ce monde  orwelien qui est peu ou prou devenu le nôtre,  l’on puisse encore s’indigner devant un procédé qui n’est qu’un parmi tous ceux qui depuis longtemps nous tracent : téléphones portables, distributeurs automatiques, caisses enregistreuses, ordinateurs, réseaux sociaux, décodeurs TV même, sans compter les nombreux fichiers dans lesquels nous nous sommes inscrits nous-mêmes et où tout de nous, déjà, est connu. C’est encore un combat d’arrière garde, une salve de désespoir tirée par des vaincus.

Le vrai combat serait ailleurs, dans une limitation de l’égo qui laisse rappeler à chacun que : non, il n’est pas seul. Il y a aussi les autres. Il faut veiller au moins à en tenir compte. Mais face à l’ampleur du désastre, il faudra veiller longtemps.

Réforme territoriale 2014 : pourquoi pas une nouvelle Province ?

J’ai toujours (ou presque) vécu en province et  n’ai jamais aimé le terme de « région ». Le découpage de nos Régions correspondait déjà assez peu à la culture de leurs territoires (le Bourbonnais est sans doute plus proche du Bourguignon que de l’ Auvergnat et l’Ardéchois   probablement assez éloigné du Savoyard  auquel il est rattaché. Question d’histoire, mais surtout de géographie.

Le Massif Central
Le Massif Central

Ce qu’on nous propose aujourd’hui représente pour certaines d’entre elles un quasi déni. Rattacher l’Auvergne à la déjà immense et puissante Rhône-Alpes, par exemple ; ou même encore, la rattacher au  Limousin, car on est encore sûr de rien. Peut-être dépecer le Poitou pour repeupler le Limousin et agrandir encore l’Aquitaine ? On n’en sait rien.

Il semble que M. Balladur (ou son comité) n’ait pas pensé un seul instant qu’il y avait, dans son projet, une opportunité, peut-être, de redistribuer des cartes jusque là assez mal données. Pourquoi pas, en rognant sur leurs alentours, créer enfin, comme une nouvelle province,  un large Massif Central qui est après tout le coeur de ce pays ?

Par les temps qui courent (et sont encore à venir), qui sait s’il ne sera pas plus agréable de vivre dans tous ces lieux aujourd’hui tranquilles et vastes où bien des gens pourraient trouver une douceur de vivre qu’ils ne trouveront jamais au sein des métropoles surpeuplées qu’on nous annonce de toute part comme l’avenir de nos sociétés ? Que savons-nous de cet avenir, d’ailleurs ?

Quoi qu’il en soit, il faudra « faire avec ».

Quant à la France, elle  est le plus souvent coupée en deux. Quel que soit le gouvernement en place, le projet, les résolutions, les dispositions qu’on leur propose, il y a toujours ches les Français, à parts quasiment égales,  ceux qui sont pour, et ceux qui sont contre. Sauf si demain, et pour de vrai, on rasait gratis. Là, tous les Français,  enfin,  seraient d’accord.

Le baptême n’est pas un simple ticket d’entrée

Quelle ne fut pas ma surprise, hier soir au Journal de France 2,  de tomber (en cours d’émission)  sur un reportage où il était question du baptême des petits-enfants, ou plutôt de sa déshérence sur le sol français.

Porte du Paradis, Baptistère de St-Jean à Florence
Porte du Paradis, Baptistère de St-Jean à Florence

Il est évident, et le reportage le montrait bien évidemment à l’extrême, que deux options s’opposent : donner le baptême sans discernement,  pourvu qu’on le demande ou bien considérer qu’il s’agit là  d’un engagement qui suppose au moins quelque préparation.

C’était la position soutenue par un prêtre dont je n’ai pas noté le nom et  qui m’est apparu comme parfaitement conforme à ce que doit être son rôle et à ce que j’ai toujours vu pratiquer.

Ce n’était apparemment pas le point de vue d’un représentant de Golias, revue ou mouvement qui s’annonce comme conciliaire et opposé à toute forme d’intégrisme, mais dont l’option du baptême à tout va,  m’a tout de même semblé décalée.

Je venais, l’après-midi même, de tomber sur un commentaire du Père Olivier de La Brosse sur le contenu de cette revue qui adresse régulièrement à l’endroit de  l’Eglise, mais surtout du Vatican, des diatribes  pour le moins virulentes et dont il se demandait, la question semblant alors (1998) encore pendante, si elle pouvait à juste titre se prétendre catholique. Je me demande  ce qu’il faut en penser aujourd’hui.

Nul n’est obligé désormais, par quelque pression sociale que se soit, de souscrire à une religion chrétienne. Afficher son athéisme demeure encore infiniment plus « tendance« , même si nos medias nous annoncent (non sans quelque inquiétude) un retour patent du religieux, là où le sacré serait le bienvenu.

Le baptême d’un nouveau-né n’est pas, comme cela semble être encore le cas pour certains parents un simple ticket, mais le premier des sacrements qui  fait, avec eux,  entrer leur enfant au sein de l’Eglise, dans la communauté des chrétiens. Cela n’est pas rien.

Certains Matins sur France-Culture … on part écouter RTL

On l’aura compris, il y a longtemps que j’écoute France-Culture. Pour une bonne et simple raison :  pas de publicité commerciale et nombreux centres d’intérêt.

L’éloge du savoir, par exemple, qui permet aux plus isolés de suivre, comme s’ils y étaient, des cours du Collège de France ou de telle Université  où un Maître de son domaine aura professé.

Les enjeux internationaux, dont  Thierry Garcin, autre maître du genre, rend pour nous presque lumineux les méandres obscurs.

730px-microphone_studio (wikicommons)Et toujours, ces Matins, autrefois animés par Jean Lebrun qui avait tant d’égards pour nos campagnes et ceux qui vivent bien loin de tous ces petits feux parisiens.

Las, que ces Matins m’agacent, qui ont pris avec ses successeurs d’autres couleurs, trop vives et parfois si acides.

Ces chroniqueurs, dont on se demande parfois s’ils sont là par pure estime (les petits copains) ou parce qu’ils ont vraiment quelque chose à dire qui ne concerne pas qu’eux-mêmes.  Du fiel, le plus souvent répandu sur d’autres. Certains, la plupart même, rêvent encore au « Grand Soir », comme cette Clémentine Autain qui vient tous les jeudis déverser sa bile amère sur ce qu’ont pu faire, pendant la semaine, les gouvernants. Quoi qu’ils aient pu faire d’ailleurs, qui ne soit pas conforme au rêve stalinien.

Ce qu’il y a de bien, dans ces Matins, c’est la tranche d’âge : aucune n’est laissée en chemin. Il y a les vieux camarades comme Catherine Clément,  les libres-penseurs très matures, tel A-G. Slama qui est décidément partout, ou Marc Kravetz, ce fin portraitiste dont la diction, un comble pour la radio,  devient chaque jour plus inaudible. J’allais oublier la jeunesse de Mademoiselle de Kervasdoué qui fait rarement dans la dentelle dans sa revue de presse internationale.

Ces Matins donc, autour de notre beau Normalien, allez, vous savez bien, cet Ali Badou si prisé, ces matins, donc, ressemblent de plus en plus au premier salon où l’on cause, et où l’auditeur que je suis se demande ce qu’il est venu faire ici où rien ne réjouit vraiment que la critique et la révolte mais où manque cependant l’ingrédient suprême à qui tient salon : le sens du Ridicule qu’il faut conserver pour soi-même.

Ali Badou recevait ce matin l’auteur d’un livre que Nancy Huston elle-même porte semble-t-il aux nues   : il  relate ses années de prison après un casse manqué. Voilà donc comment aujourd’hui remporter un succès, une présence sur les plateaux et sur les ondes, à commencer (peut-être) par celles de France Culture, et ses salons très parisiens où l’on s’émeut de tant d’innocence : vols, exactions meurtres qu’importe, s’il font au moins un bon livre. Affligeant.

J’ai fini par tourner le bouton pour retrouver, sur RTL, un Jean-Michel Apathie toujours  incisif mais surtout moins enclin à s’esbaudir devant les turpitudes et à passer,  comme tant d’autres,  de la rhubarbe au séné.

Blog readers : where are they coming from, d’où viennent-ils, les lecteurs de blogs ?

Ecrire........dire
Ecrire........dire

I have no  way to know where exactly my readers  live, nor who they are as their comments are scarcely left. However, I wish there was only one, I would enjoy keeping on blogging. Virginia Woolf  never wrote to seduce , as she said. I really like her aphorism,  that I had to comment long ago in my highschool times. Writing is to me kind of a necessity, the very  way to feature my thought,  and also to answer The question « What have you done of your talent ? », as it is about the only one thing I can do, that I am very pleased to share on here.

In that big ocean of words, it is just so amazing to be once  found.

Thank you for your visit !

Merci à tous mes lecteurs !

L’analyse sociologique du monde comme incitation au désespoir

L’analyse percutante livrée aux dernières Etudes par l’éminent sociologue Jean-Pierre Legoff sur Le fil rompu des générations m’invite tout naturellement à une sorte de réponse sur son son triste constat.

réunion de famille, 2007
quatre générations d'une belle famille réunie

Nous avons  en commun au moins notre âge et  l’histoire de notre génération. Certainement pas le même bilan. Je n’ai fait ni les mêmes études, ni suivi le même chemin,  sans m’être pour autant jamais égarée dans d’autres voies que celles, ardues,  du questionnement. Y compris celui du A quoi bon ?

La sociologie, inventée il y a plus d’un siècle au coeur d’une société  minoritairement prospère a eu depuis lors pour objet de brosser le portrait chiffré du fait social , et d’en mesurer les effets à l’attention des gouvernants.

La pratique religieuse, le mode alimentaire, le suicide par exemple, sont autant de faits sociaux. De même que les employés, les cadres, les retraités ou les moins de vingt ans en sont autant de groupes. Cela n’est pas en soi d’une grande nouveauté : Démosthène ou Cicéron savaient très bien déjà ce qu’était leur société et de combien de divisions ils disposaient. La nouveauté  réside, depuis plus d’un siècle, dans l’objectif même de cette science sociale. Celui,  louable,   d’éclairer  leurs dirigeants sur les maux de nos sociétés pour qu’ils y portent des remèdes.

Il semble pourtant, à l’aune de tout ce  l’on voit, lit,  et entend, que rien jamais n’aille vraiment comme il faut. On nous sert à tout propos une vision quasi désespérante du monde.

Dans les études sociologiques, tout est en fin de compte terriblement relatif.  Nous sommes aujourd’hui éclairés sur la plupart de nos comportements, de nos modes de vie, de consommation, de pensée, même. Mais est-ce bien nous ? Est-ce bien moi ? En termes de communauté, sans doute. De marketing, assurément. En terme individuel, certainement pas.

Ce que M. Le Goff met en lumière, cette rupture, voire cette vision citée par lui des Libres enfants de Summerhill (1) qui semble opérationnelle aujourd’hui, tout cela, au fond, ne me convainc pas vraiment. C’est faire fi, me semble-t-il, de cette capacité quasi reptilienne des hommes de chaque époque à inventer le monde ou, pour quelques-uns, à le réenchanter.

Une des constantes de l’Humanité est qu’il se trouvera toujours en son sein une minorité d’hommes éveillés, animés d’une Foi quelconque en la Vie et en l’Esprit de l’Homme et capables de drainer assez de force et d’énergie pour en assurer la vigueur, la complétude et l’épanouissement.

Il y a heureusement encore, et il y aura probablement toujours, autour de nous,  beaucoup de talents,  et de merveilleux jeunes gens de trente ou même quarante ans.

Nous avons, à soixante ans et bien au-delà, un regard sur le monde qui sera toujours celui de notre génération, de nos incertitudes, des succès  et des ratés de notre propre histoire. A nous de ne pas entraver le cours de l’éternelle Espérance nécessaire à tous  ceux qui nous suivent et n’ont pas, du moins pas encore, fait l’expérience de nos jours. Celle-là viendra à son tour.

(1)  « Un jour, les jeunes n’accepteront plus la religion et les mythes désuets d’aujourd’hui. quand la nouvelle religion viendra, elle réfutera l’idée que l’homme est né dans le péché. Elle louera Dieu en rendant les hommes heureux. La nouvelle religion réfutera l’antithèse du corps et de l’esprit, ainsi que la culpabilité de la chair. Elle saura qu’un dimanche matin passé à se baigner est plus sacré qu’un dimanche matin à chanter des cantiques- comme si Dieu avait besoin de cantiques pour se satisfaire. Une nouvelle religion trouvera Dieu dans les prés et non pas dans les cieux. Imaginez un moment tout ce qui pourrait être accompli si dix pour-cent seulement des heures passées en prières et en visites à l’église étaient consacrés aux bonnes actions, à la charité et à l’aide au prochain ?« 

Alexandre S. Neill, Libres enfants de Summerhill, Maspéro, 1970, p.216 – Cité par Jean-Pierre Legoff in Le fil rompu des générations, Etudes, février 2009, pp.175-186