Nanosciences et méga peurs

Film de J. Doniol-Valcroze, 1971.
Film de J.Doniol-Valcroze, 1971

Les nanotechnologies font en ce moment l’objet d’un  débat public. On y apprend qu’elles s’insinuent déjà partout et ont toutes raisons d’inquiéter. Car il en est ainsi de toutes les sciences qui ont des applications, les techniques,  qui peuvent être bonnes OU mauvaises selon la vocation qu’on leur donne mais, et c’est plus redoutable encore, bonnes ET mauvaises tout à la fois.

Si on y associe l’univers de la génétique, ce qui ne semble pas improbable,  on a tout lieu d’être troublé.

Rien de techniquement fameux  ne s’est inventé que des homme n’aient, de longue date,  imaginé. De Vinci à Cyrano, un siècle a suffi pour préfigurer la conquête spatiale que mon siècle a  vécu, et l’ordinateur portable que j’utilise aujourd’hui  était en quelque sorte  annoncé par  la machine  que Blaise Pascal réalisa.

On peut raisonnablement penser, connaissant la nature humaine, que de nouveaux Frankenstein transgresseront sans scrupule toutes les règles qui assurent à l’être humain son intégrité physique, spirituelle et morale. Mais surtout son unicité.

Si les armées rêvent de robocops et autres bladerunners, bien des gens rêvent d’enfants parfaits et d’une réponse médicale illimitée à tous les maux, ce qui  laisse présager  bien des possibles dont le clonage n’est pas le moindre.

Sans doute existe-t-il ici et là des comités d’éthique qui visent à protéger et notre Terre, et notre Humanité. Mais ce qui s’applique sous nos cieux ne s’applique pas encore sous d’autres. Les cyborgs d’Isaac Asimov vont-ils bientôt nous rattraper ?

J’ignore si le débat que j’évoque fait grand bruit :  il mériterait un tapage, puissent mes lecteurs s’en inquiéter…. On ne peut pas TOUT accepter.

Généalogies : l’histoire de nos identités ne fait pas notre nationalité

Saint Martin de Tours
Saint Martin de Tours

La profusion apparente de recherches patronymiques sur les sites généalogiques ne manque pas de m’intriguer. Chacun sans doute espère  savoir au moins d’où il vient, et de qui, ce qui n’est pour certains pas facile, qui ne sont pas nés ou  sont issus de voies trop naturelles ou pire encore non recensées. Dans la plupart des familles ordinaires,  non patriciennes, on connaît souvent l’origine de ses parents, de ses grands-parents même, parfois un peu plus haut encore.

Remonter le temps devient pour certains une véritable obsession. Il  passent des jours, des années,  à reconstituer le fil d’une histoire passée, de destins accomplis qui ne changeront plus rien, espérant découvrir peut-être qu’un de leurs lointains ancêtres fut plus connu ou plus glorieux… qu’ils le seront jamais eux-mêmes. En vérité, je n’en sais rien.

Avoir un nom, un lieu d’origine c’est, déjà, être identifiable, sinon être identifié. Mais l’Administration de ce beau pays n’a, en vérité,  que faire de nos origines : elles ne suffisent pas à nous conférer ce qui fait de nous des Français, notre nationalité, et moins encore ce qui en témoigne : notre carte d’identité.

J’ai par naissance un patronyme porté depuis quatre siècles et demi dans la ville où sont nés mon père et  cinq générations au moins de ceux qui l’on précédé. J’ai eu le malheur,  un jour, de perdre ma carte d’identité et d’en demander le renouvellement,  dans le département de cette même ville. J’avais un passeport, un permis de conduire, un livret de famille, une carte d’assuré social, d’électeur même, autant de pièces pouvant à elles seules justifier d’une identité. Las, cela n’était pas suffisant. Au bout d’un invraisemblable, ubuesque mais véritable  parcours du combattant, je finis, au Tribunal, par obtenir un « certificat de nationalité » que je reçus comme une insulte à la mémoire de mes ancêtres  qui n’avaient jamais quitté ce pays, ce certificat m’étant délivré au vu de cinq ans de déclarations fiscales attestant que je ne l’avais jamais quitté moi-même.

Depuis lors, je dois le dire, je me sens quelque peu étrangère en ce pays qui est le mien.

Nos patronymes ne sont signifiants qu’au regard d’une histoire passée dont le présent efface peu à peu les traces. On en  recense aujourd’hui en France moins d’un million et demi. C’est beaucoup, par rapport à la Chine qui n’en compte que quelques milliers et n’en utilise moins de vingt.

A défaut de statistiques plus concrètes, notre INSEE dispose au moins de ces noms que nous portons encore, ceux qui ont disparu de nos villes et de nos campagnes, de ceux qui y sont apparu et y apparaissent  encore depuis plus d’un demi-siècle d’exils, d’errances et de migrations. Dans le seul département de Seine-Saint-Denis, devenu pour certains le neuf trois, plus d’un millier de noms se sont éteints entre 1891 et 1915, sans doute pour fait de guerre.  Mais entre 1966 et 91, plus de 20.000 y sont apparus,  venus de nos restes d’empire et de tant de  contrées en guerre.

Tous ces hommes et ces femmes dont le nom s’impriment aujourd’hui sur les registres de notre nation sont devenus, s’ils ne l’étaient pas, simplement Français. Ni plus ni moins que tous les  Martin, qui couvrent de leur patronyme l’ensemble de notre territoire, évoquant ainsi  immanquablement ce Romain de Tours , ce bon Saint-Martin dont la bienveillance devrait, chaque jour au moins, nous éclairer.

Les statistiques n’ont pas à être « ethniques », mais à prendre en compte des paramètres concrets

C’est agaçant, à la fin, cet usage abusif du terme « ethnique ». On se croirait dans un cours de socio des années 70, en train de rebâcher Mauss et Levy-Strauss. Il est décidément plus facile de parler des bêtes que des hommes.  On usa longtemps d’ un vieux mot, pour définir les différences apparentes des uns et des autres, qui s’appliquait à tous, hommes et bêtes. Mais voilà, plus question de le prononcer. Race. Un mot  aussi signifiant que celui de  racines, qui sont propres à chacun d’entre nous, même quand on les ignore,  et que traînera encore longtemps la généalogie de notre espèce. Un  mot que  Gobineau,  certes,a perverti. Mais oublions un peu Gobineau ! Et souvenons-nous plutôt de Bartolomeo de Las Casas ou mieux encore, lisons ou écoutons Yves  Coppens

Je ne me suis jamais demandé de quelle « ethnie » j’étais. J’ai appris en un temps qui n’a plus court, qu’une classification permettait l’étude et qu’il fallait bien classer. Nous sommes, nous humains,  tous pétris de chair, d’eau et de sang et tous sexuellement compatibles. Mais nous sommes en apparence différents : blancs, cireux, bruns rouges ou noirs de peau ; issus d’origines et de contrées diverses, mélangés, métissés. Et nos chemins nous sont propres, qui nous menés là où nous sommes.

Que peut faire pour lui  l’administration d’un pays libre et protecteur qui ignore ce qu’est réellement sa population ? On a depuis des années dépouillé des données statistiques tous les paramètres déterminant les spécificités de chacun. Origine géographique, culture ou religion.  Les chercheurs de l’INED ont bien du mérite dans la poursuite de leurs travaux et Michèle Tribalat s’en est largement fait l’écho.

Il semble que tout en ce domaine fonctionne plus ou moins « à la louche » de données parfois arbitraires de telles ou telles organisations, associatives ou pas, relayées souvent sans contrôle par des organes de presse ou des medias qui en font leurs choux gras. Cela n’est pas sérieux. Chacun y va de son « stigmate » quand il ne s’agit que de connaître, comprendre, résoudre ou du moins tenter de le faire.

On ne fait pas de bonnes statistiques sans de bons paramètres. En matière de population, l’origine géographique et culturelle est probablement le plus concret.

Crise, relance, investissements : Français figés dans la « negative attitude »

Ecoeurée. Je suis écoeurée par la réaction de tant de Français CONTRE. Contre tout, en somme. Contre le Pape. Contre le Président. Contre le Gouvernement. Contre les mesures. Contre le changement. Contre le mauvais temps.

Certes, il est de bonne guerre que l’on s’oppose. Il en est de meilleure encore que l’on propose. Et que propose-ton ? L’impossible, dans l’immédiat, le court terme. Sans jamais penser à demain.  Ce demain devenu aujourd’hui, il y a plus de vingt ans que la France l’a laissé passer. Le temps perdu par certains doit être rattrapé par d’autres et c’est bien maintenant ce qu’ils essaient de faire. Dans les pires conditions. Une crise qui certes est nationale, mais parce qu’elle touche aussi, plus fort encore,  le monde entier.

Que fait donc Barack Obama, adulé par ces mêmes Français  ? Il lance de grands chantiers (il était temps). Mais quelque soit l’état souvent déplorables des infrastructures aux Etats-Unis,  ce qui n’est pas le cas des nôtres,  leurs universités seront toujours les meilleures, à cause du système qui les fonde : Elles se gèrent elles-mêmes. Que  ceux qui aujourd’hui  prétendent, comme je l’ai entendu dire ce matin,  que l’esprit de compétition qui va maintenant régner dans nos universités autonomes sera un frein à la recherche, que ceux-là fassent  au moins amende honorable de leur hypocrisie.

Il n’y a que les gogos pour croire que la recherche se fait dans la sérénité d’équipes égales et solidaires. Dans ce domaine là plus qu’ailleurs, c’est la qualité des chercheurs et l’esprit de compétition  qui mènent les travaux,  et leur financement qui les fait progresser et parfois aboutir.

La prospérité, dans des sociétés comme la nôtre,  est la seule condition possible à l’indispensable prise en charge des plus faibles et des plus démunis.

Ce n’est pas en se focalisant sur la satisfaction immédiate de besoins certes légitimes que l’on peut parvenir à  retrouver l’équilibre et les emplois perdus. Les conditions d’une nouvelle prospérité passent assurément par l’ adaptation  en cours de tout ce qui chez nous s’est trop longtemps figé : Education, recherche, création, financement et innovation.

On devrait plutôt mesurer la chance de n’être pas, chez nous, au Zimbabwé. De disposer d’une (grosse) poignée d’hommes, de femmes attelés à ce travail  immense qui consiste à gérer, relever et maintenir en bon état de marche un pays assailli par tant de tempêtes, et tant d’acrimonie. Certes, on leur connaît des privilèges, mais ils sont assortis à l’ampleur d’une tâche qui les rend corvéables… à merci.

Oui, je suis écoeurée par tant de dédain, de rejet, de refus quand ce n’est pas tout bonnement de la haine. Cette haine qui n’engendre jamais que le pire, ce pire dont j’aimerais  être sûre qu’il n’est jamais certain.

Dire dans le silence et lire dans le noir : Valentin Haüy, Louis Braille et les donneurs de voix

On fête ces jours-ci le bicentenaire de la naissance de Louis Braille, qui inventa, dans l’institut initialement créé par Valentin Haüy, l’étonnante écriture qui permet depuis aux aveugles de LIRE.

Lire, cela signifie, pour la plupart des hommes, vivre LIBRE.

Libre de pouvoir connaître, comprendre, apprendre, savoir, travailler, s’assumer. On dit souvent, peut-être est-ce vrai, que la privation d’un sens développe l’acuité des autres. L’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher des aveugles sont leur yeux. De ce point de vue, ils ne sont pas atteints de cécité.  Relire Diderot.

Orion aveugle cherchant le soleil, Nicolas Poussin
Orion aveugle cherchant le soleil, Nicolas Poussin

Les technologies nouvelles permettent, notamment au moyen des sons, de revenir en quelque sorte à l’antériorité du Braille : c’est bien, à l’origine, à partir du sonographe de Charles Barbier de la Serre que Louis Braille a développé son invention : on trouve en effet aujourd’hui tout une gamme d’appareils à reconnaissance vocale qui, du passage piétons au téléphone portable permettent aux mal ou non-voyants de vivre normalement.

Mais lire est aussi -et pour certains, est d’abord- un PLAISIR.

Qui ne se souvient de cette  mutine Lectrice qu’incarnait  si délicieusement Miou-Miou ?  On connaît  aussi ces (coûteux) livres sonores enregistrés par autant d’acteurs prestigieux. Mais on oublie peut-être tous les « donneurs de voix » qui offrent leur petit talent de lecture, et de longues heures d’attention à de nombreuses associations, au bénéfice de mal ou non-voyants souvent modestes. Mais que reste-t-il à l’aveugle qui devient sourd s’il n’a pas appris le braille ?

J’ai la chance d’avoir, aujourd’hui encore, une très bonne vue. Mes lecteurs aussi, sans doute. Ce ne sera peut-être plus le cas un jour.

L’Association Valentin Haüy offre toutes sortes de possibilités d’aide aux aveugles et mal-voyants : apprentissage, rencontres échanges. Si cela ne nous concerne pas aujourd’hui, cela concerne peut-être quelqu’un, maintenant,  tout près de nous.

C’est logiciel, c’est libre et c’est à Limoges : Linux à la BFM

Je me dois tout de même d’en parler ici, puisque je suis après tout un usager actif de tous ces logiciels libres mis fort gracieusement à la disposition du public,  par la communauté GNU.

A moi donc, comme à tant d’autres, les Firefox, Thunderbird, Openoffice et autres logiciels libres qui fonctionnent en dehors du géant américain (que je ne nommerai pas ici), sans s’imposer.

Pour la quatrième fois consécutive, Limoges est en novembre un pôle de liberté cybernétique, si je puis dire, dans l’antre lumineuse de sa belle Bibliothèque.

A tous ceux qui douteraient encore des charmes de cette ville, je renvoie à quelques belles images d’une cité trop longtemps décriée à plus d’un titre, et d’abord celui de ses garnisons appelées maintenant à disparaître, mais qui demeure, au-delà du temps, celle du Feu et de ses Arts, celle aussi d’Auguste Renoir.

Pauvreté ordinaire : état d’urgence et état de marché

Le monde est ainsi fait que de toute éternité (terrestre), l’humanité a toujours été confrontée aux différences qui la forgent et aux constantes inhérentes à toute vie humaine.

La pauvreté ordinaire, (que je différencie ici de celle que provoquent immanquablement les grands cataclysmes naturels ou politiques), est non seulement une de ces différences, mais plus malheureusement encore une de ces constantes. Tout comme le genre, l’âge, l’état de santé ou la capacité des êtres humains.

La pauvreté est néanmoins un état d’urgence qu’il est impérieux à chacun d’essayer de résoudre, au nom d’une foi, d’un idéal ou de la morale la plus élémentaire, et nombreux sont les individus, organismes et associations qui ici ou là s’y impliquent. Mais elle est aussi un sujet qui interpelle pratiquement en permanence, soit parce qu’on y est confronté soi-même, soit par l’information qu’elle suscite et qu’on en reçoit. Et c’est un sujet qui paradoxalement fait vivre bien du monde. Car avec, sans aucun doute, les meilleures intentions du monde, elle est devenue un véritable marché.

Les raisons de la pauvreté sont multiples et aujourd’hui fort bien identifiées. On sait qu’elles n’ont pas les mêmes origines selon les latitudes, les états et les cultures. Elles n’ont même, parfois (mais de plus en plus rarement), pas le même résultat. Il est difficile en effet de voir le monde à travers d’autres yeux que les nôtres et de le percevoir par une autre conscience. Enfin, on ne le voit incontestablement pas de la même manière à 20, 40 ou 60 ans.

La population mondiale aurait déjà atteint cette année plus de 6,7 milliards d’habitants et, selon l’ONU, la moitié est déjà urbaine. C’est donc bien dans les villes que la misère est le plus criante, la plus voyante aussi. Même si elle est loin d’être négligeable dans nos campagnes, mais j’y reviendrai.Rome, février 2008

Il est bien difficile en effet de marcher dans les rues de nos villes sans avoir à faire face à ces malheureux souvent sans autre apparence que celle du tas qu’ils forment sur un coin de trottoir, enroulés dans de veilles couvertures et encombrés de sacs pleins de ce qui constitue la totalité de leurs biens.

Certains ont définitivement coupé tous les ponts qui pouvaient encore les relier au monde imparfait qui est le nôtre et refusent catégoriquement l’aide, quelle qu’elle soit, qu’on veut leur apporter. La relecture effectuée par le sociologue Laurent Mucchielli sur l’ouvrage déjà ancien (mais toujours actuel) d’Alexandre Vexliard est de ce point de vue extrêmement pertinente. Mais les clochards ne sont pas néanmoins les plus nombreux parmi ceux que touchent la plus extrême pauvreté.

Car on n’est plus pauvre, chez nous aujourd’hui, comme on le fut jadis, c’est-à-dire il y a moins de vingt ans. Pas de téléphones portables, alors et autres liens satellitaires, outils multi-media de communication,* « magiques » certes, mais dont l’usage est devenu si prégnant qu’il grève outrageusement les petits budgets. Le marketing fait son oeuvre et ses ravages chez les plus démunis de formation et de culture.

Ceci étant, le bon sens qui nous était avant si bien partagé a semble-t-il déserté nos rues et surtout nos écoles où se forme très tôt le goût des « nouveautés » qu’il convient à tout prix de posséder. Des enfants déclarés rois et encensés par le Marché sont devenus les décideurs du mode de vie de parents qui n’en peuvent mais.

Il est facile de devenir pauvre si l’on s’entend à vouloir, toujours, dépenser plus sans penser d’abord à dépenser mieux. Et tout aujourd’hui y invite : sollicitations permanentes à engager de nouveaux frais, offres de crédits, de « promotions », d’économies à réaliser, etc…

Il est vrai que certains très petits budgets n’offrent guère d’autre alternative que de subvenir bien chichement aux premiers besoins. Loger, nourrir, entretenir une famille revient dans bien des cas à résoudre la quadrature du cercle, et certaines personnes ou familles sont de ce point de vue admirables.

On constate bien souvent qu’elles sont animées ou guidées par une éducation, une foi, croyance ou espérance, un souci de l’autre, une charité qui les élèvent hors de la contingence à laquelle le quotidien sans arrêt les confrontent. Toutes les enquêtes montrent que les plus modestes sont toujours les plus généreux.

D’autres, plus ou moins exclus d’un système qui leur échappe, subissent comme un véritable esclavage la pression des sirènes mercantiles qui les invitent en permanence à consommer.

Mais il arrive aussi qu’en accueillant des demandeurs d’aide alimentaire à la fois jeunes et illettrés qui cumulent plus de 1000 euros d’aides diverses, présentent une facture de téléphone portable de 500 euros ou davantage et s’avèrent incapables de gérer le moindre budget, on se demande si c’est bien cela, la pauvreté.

* comme on peut le voir sur cette étude de l’Insee, c’est dans ce domaine que les plus populations les plus modestes ont le niveau de consommation le plus élevé.

Mourir de faim

Du point de vue purement médical, mourir de faim suppose une lente et douloureuse agonie qui peut durer de 8 à 12 semaines. Du point de vue éthique et religieux, c’est tout simplement inacceptable dans le monde qui est aujourd’hui le nôtre.

Je ne suis pas économiste et ne m’avancerai pas sur les causes d’une famine qui se profile à notre horizon dans les contrées moins heureuses que la nôtre. Même si aucune époque n’a de ce point de vue été épargnée, mourir de faim dans un monde qui offre par ailleurs tant de prospérité ressortit du simple scandale, de la honte, d’une insulte à l’humanité et à son Créateur. Ceci étant, les famines ont souvent pour causes d’autres fléaux que ceux que la nature a toujours imposées, toutes époques confondues.

Le XXème siècle a été le terrain d’une idéologie dont sont encore victimes (Corée du Nord, Cuba ou à présent le Népal) quelques malheureuses nations. Les famines plus ou moins orchestrées* en Ukraine dans les années 30 ou en Chine trente ans plus tard en témoignent. On évalue pour celles-ci l’hécatombe à plus de 35 millions de morts.

De ce point de vue, la carte de la faim, établie par la Food and Agriculture organization (FAO) pointe les zones à risques, au centre desquelles l’Afrique, lieu de conflits incessants et de catastrophes écologiques, détient aujourd’hui le triste record.

On peut donc s’interroger sur le rôle que la plupart des Etats ont bien voulu accorder au travail de leurs démographes, qui ont sans aucun doute largement prévu, et depuis assez longtemps, ce que serait à peu de choses près la situation du Monde aujourd’hui, de sa population et donc de ses besoins vitaux. On imagine mal en effet une quelconque prospective qui ne tiendrait pas compte, en la matière, des études rigoureuses et détaillées réalisées ici et là par par tant de chercheurs sérieux. On peut d’ailleurs se faire une idée (voir le site de prospective de population de l’ONU) de ce qu’il pourrait être demain. Dommage qu’on y ait pas pensé plus tôt, car nous avons aujourd’hui en la matière, à ce qu’on dit, vingt ans d’erreurs derrière nous.

S’il devient difficile pour les pays nantis d’assumer leur devoir d’assistance, il est effarant de savoir que dans certains Etats, pour le plus grand malheur de leurs peuples, les dirigeants ne prévoient ni ne gèrent que pour eux-mêmes le pouvoir et ses attributs dont ils profitent abondamment, sans égard pour leur propre pays ni ses populations. Que des fortunes, parfois fondées sur l’aide humanitaire internationale, souvent sur le détournement de fonds publics, s’amassent hors de leurs frontières et se dépensent … chez nous.

Ceci étant, c’est aujourd’hui que des hommes, des femmes, des enfants, ici ou là, meurent de faim. C’est là le signe d’un mépris inqualifiable. De la science, de la connaissance, de la volonté, de la liberté et du travail des hommes.

* conséquences directes gestions totalitaires

Sondages: la France comme elle est, moitié pour, moitié contre

Le Président Sarközy (de Nagy-Bocsa) a parlé. Les sondeurs on enquêté. C’est une des constantes de notre mode de vie. Le portrait que nous renvoie le dernier sondage (Opinion-way pour le Figaro) est plutôt rassurant : au fond, les Français parlent tous de la même chose, quelles que soient leurs opinions. Ou plutôt, les choix qu’on leur propose en les sondant ne reflètent jamais rien d’autre que les préoccupation des sondeurs, objet de leur contrat. C’est dire qu’on leur laisse assez peu de liberté, aux sondés !

Enfin, une bonne nouvelle : les Français, j’en suis, semblent avoir majoritairement compris la nécessité de la Réforme. C’est plutôt bon signe…. pour l’avenir de leurs enfants. Car il faudra bien sûr attendre. Il faut toujours savoir attendre. D’abord semer. Regarder pousser et, enfin, récolter. Ah, cette impatience ( des medias) à vouloir toujours cueillir ce qui n’a pas encore fleuri !

Il en est un peu de Sarko comme de Badinguet, haï par Victor Hugo puis de nos républiques. Mais nous n’avons plus de Victor Hugo. Et si nos écrivains s’exilent, ce n’est plus que par goût d’ailleurs.

Tout cela est « un peu court », et heureusement on en revient : Napoléon III a donné à la France, avec autorité, une de ses plus prospère périodes, et créé ce qui fut alors sa modernité et qui fait aujourd’hui une grande partie du charme qu’elle conserve (Garnier, Eiffel, Haussmann, Vichy, Compiègne, etc…). Il produisit avant la naissance d’Emile Durkheim, une Extinction du paupérisme qui préfigure les oeuvres à venir en matière de sociologie, tout en écrivant un certain nombre d’ouvrages sérieux.

Il voyait loin, Napoléon III, le tant décrié, et bien au-delà de Sedan. Victor Hugo quitta son exil anglais de Guernesey après 19 ans. Napoleon III faillit bien le croiser, et il y demeure encore : après 135 ans à Farnborough, il faudrait peut être songer à l’en ramener.

Nul ne sait encore ce que sera la France dans quatre ans, mais son Président sait, lui, ce qu’il fera. Les Français auront quatre ans de plus, un paquet de retraités sur les bras, de nouveaux soucis, de nouveaux besoins, de nouvelles attentes. De nouveaux espoirs. Probablement toujours les mêmes. Il leur faut toujours un moment, pour mesurer le temps perdu.

Laurent Cabrol : écologie du bon sens, bonne nouvelle pour la Terre

M. Cabrol est sympathique. Il nous annonce chaque matin, sur Europe 1, le temps qu’il fera chez nous et l’on en fait grand cas partout, du temps qu’il fait. Mais il ne s’intéresse pas seulement au temps qu’il fait, mais à celui qui fut. Après avoir été viré de TF1, où l’on apprécie pas trop ces seniors qu’il conviendrait pourtant de laisser travailler, il vient de publier un livre au Cherche Midi qui va déranger plus d’un écologue : Et si la Terre s’en sortait toute seule ?

Depuis le temps que le catastrophisme ambiant nous annonce le pire, du méthane que dégagent les flatulences des animaux (on ne parle quasiment jamais des vents, exhalaisons et autres pestilences humaines) en passant par les pesticides et autres OGM (qui en obèrent pourtant l’usage), la Terre n’en aurait plus pour très longtemps. Il est vrai que nous n’avons jamais été si nombreux à l’exploiter.

Il est donc plutôt réjouissant de se replonger dans l’histoire de notre petite planète qui a connu, depuis qu’on peut s’y consacrer (à son histoire), bien des tourments, des transports, des transferts et autres mutations. Contre lesquels l’Homme ne pouvait pas grand chose, sinon s’adapter. Aux glaciations, comme à ce réchauffement, que tout le monde nous annonce. Mais le pire n’est jamais certain.

Chaque époque subit ou affronte les caprices d’un climat que nul encore n’est parvenu à maîtriser. C’est à peine si l’on parvient, à grand renfort de modèles et d’algorithmes de plus en plus sophistiqués, à prévoir précisément ce qui se passera au-delà de cinq jours. La Terre demeure un mystère, puisqu’on ne peut encore dominer ses comportements. On l’écoute, on l’observe, on évalue les risques qu’elle fait planer sur nous, plus lourds à certaines périodes et en certains endroits. Mais au fond, qu’y pouvons-nous ?

Respecter notre environnement devrait être bien naturel en somme, et les Terriens sont de plus en plus nombreux à s’en préoccuper. Mais dans le même temps, ils exigent de plus en plus de ce que leur petite planète, si belle, si bleue, peut leur donner.

Elle existait avant nous, elle nous survivra peut-être. Dieu seul sait, d’ailleurs, jusqu’où nous irons.