Musique sacrée : création d’un Grand Choeur Diocésain à Limoges

Qui chante deux fois prie, disait Saint-Augustin. A l’heure ou celui de Strasbourg a semble-t-il cessé d’exister, c’est donc une grande nouvelle que la création d’un  Choeur Diocésain à Limoges, dont l’objectif immédiat est l’accompagnement de la Messe d’Action de Grâces qui sera célébrée ce 21 septembre en notre Cathédrale Saint-Etienne par Mgr Christophe Dufour pour son départ, mais aussi de toutes les grandes célébrations à venir, parmi lesquelles l’ouverture de nos futures  Ostensions septennales, en avril prochain.

L’appel en a été lancé le 7 septembre dernier à tous les chanteurs, professionnels ou non, individuels ou en chorales par M. Régis Maingot, acteur décisif de notre Diocèse à qui devons entre autres,  et depuis deux saisons,  l’organisation des concerts d’orgue (gratuits) tant appréciés les  dimanches d’août

Partition pour orgue du choral de J.S. Bach
Partition pour orgue d'un choral de J.S. Bach

Et les chanteurs  ne manquent pas dans notre région.

Les volontaires seront ainsi recensés avec précision afin que soit constituée une base de données et  de travail efficace pour  répondre aux différents besoins ou souhaits des paroisses et de leurs clochers.

Certains  sont de ce point de vue  plus démunis que d’autres. Les uns disposent déjà de quelques voix ou de groupes plus ou moins formés, les autres de la présence d’un instrument. Mais la plupart d’entre eux font ce qu’ils peuvent, avec les moyens (souvent réduits) dont ils disposent. Le résultat musical n’est pas toujours très convaincant, eu égard à la beauté requise pour les chants liturgiques et à la Musique sacrée, qui fait par ailleurs l’objet de tant de Festivals et la joie d’autant de profanes souvent aussi détracteurs de notre Eglise, mère des Arts.

Le Service Diocésain de Musique Sacrée animé par le Père J.M. Gaudron permettra  à  court terme de nourrir le registre de toutes nos paroisses, de les aider et de les accompagner, pour que nos messes soient tout simplement plus belles encore,  en leur déléguant le cas échéant chanteurs ou chefs de choeurs lors de certaines célébrations.

Google Book Search : le fabuleux destin des livres

Le monde est devenu en 10 ans une gigantesque base de données où se cotoient le pire (dont on parle le plus) et aussi le meilleur, souvent plus discret. L’entreprise Google, dont, je le précise, je ne touche aucun dividende, a entrepris un projet fabuleux que j’ai découvert récemment et qui vaut qu’on en parle.

La numérisation est, certes, en train de se banaliser, puisque la plupart des organisations, publiques ou privées, y ont désormais recours pour enregistrer, diffuser ou conserver des documents. Mais ce sont LEURS documents.

L’originalité du projet de Google Book réside dans le fait que ses équipes interviennent dans différents lieux pour globaliser l’offre disponible d’ouvrages le plus souvent introuvables ou d’accès difficile.

C’est ainsi que, à partir de mot-clés bien ciblés, on peut en quelques instants, sans quitter sa table de travail et sa maison, accéder à de très vieux ouvrages disséminés dans de nombreuses bibliothèques ou à tout le moins à leur référence précise, car tous ne sont pas totalement lisibles.

Mais quel prodige !

Je me souviens de cette vieille bibliothèque universitaire où, il y a un peu plus de dix ans seulement, on ne pouvait encore accéder à aucun ouvrage sans passer par un fichier rustique, manuel, la queue au guichet avec ses références (pas plus de 3 à la fois) et l’attente qui semblait interminable pour un ouvrage qui venait directement du « magasin » et qui n’était souvent pas le plus pertinent. Des heures perdues, et l’insatisfaction permanente de ne pouvoir consulter sur place que des dictionnaires, annuaires ou autres compilations sans intérêt immédiat. Il faut dire que cette bibliothèque, quasiment unique en France, avait le statut bien particulier d’être à la fois « Municipale » ET « Universitaire ». Le lecteur y était accueilli comme suspect (de salir, d’être ignare, bruyant mais surtout dérangeant). Je crois que tout cela a changé, je l’espère pour cette ville et pour ses habitants. Il y a en France de merveilleuses bibliothèques où l’on se sent attendu, accueilli, où les livres abondent, et plus seulement les livres, où l’on peut les consulter directement sur les rayons et où les systèmes de recherche, de localisation et de réservation sont performants.

Ceci étant, le prodige de Google Book est de permettre à l’amateur de trouver sans autre effort que celui d’une recherche bien définie, l’ouvrage le plus approprié, dans le délai le plus court. Mais bien plus encore, de découvrir des trésors souvent insoupçonnés.

Je fus ainsi assez époustoufflée de découvrir sur mon écran, en quelques secondes, les pages de vieux Bulletins archéologiques de ma région, bien trop anciens pour être exposés ; que j’aurais pu , certes, consulter sur place, dans le silence et le recueillement des salles spécialisées de nos Archives, mais en y passant une demi-journée. Ces pages-là ne venaient pas de chez moi, mais du bout du monde, d’une université lointaine dans laquelle on pouvait trouver, comme à Uppsala, les publications du monde entier.

Voilà donc un projet qui, parmi d’autres, est réjouissant. Rendre accessible à chacun le fonds commun des connaissances. Les bonnes, il est vrai, comme les mauvaises. Mais c’est un autre sujet.

Zhu Xiao Mei : retour vers la Vézère

J’ai eu la chance de rencontrer Mme Zhu Xiao-mei au Festival de la Vézère, en 2004 je crois. Ou était-ce plus récent ? Le programme avait été modifié au dernier moment, ce qui m’avait permis, avec quelques amis, de trouver facilement des places dans un Festival où elles sont souvent rares, en dernière minute.

Nous avions été subjugués, dans cette assistance, par la sobriété de cette femme discrète qui, installée devant le clavier du Steinway « de service » s’était lancée sans s’interrompre dans l’interprétation intégrale des Variations Goldberg.

Nous étions les uns et les autres plus ou moins accoutumés à l’interprétation parfaite de Glenn Gould, qui revendiquait d’ailleurs cette perfection issue, à l’enregistrement, du montage des meilleures versions. Pour ma part, je n’ai jamais entendu Glenn Gould en concert.

Quelle transcendance, dans l’interprétation de Mme Zhu ! Non qu’elle fut parfaite : est-il possible au meilleur virtuose d’être parfait cinquante minutes durant ? Mais elle était stupéfiante d’authenticité.

Avant de procéder à l’interprétation, Mme ZHU nous avait très simplement signalé que ces variations étaient pour elle, au-delà de l’oeuvre, la représentation de sa vie elle-même. Et quelle vie ! Elle l’a racontée dernièrement dans son autobiographie, ouvrage remarquable au milieu de tant d’autres qui ont dénoncé et dénoncent encore les dégâts causés par le sieur Mao, à l’instar de tant d’autres dictateurs, en Chine et ailleurs.

La rivière et son secret est, au-delà du simple récit de toutes les exactions subies par les victimes de toutes les révolutions, une merveilleuse leçon de musique et d’humanité.

La musique qui lui a été apprise, puis retirée, telle qu’elle l’a vécue, puis retrouvée. L’humanité perdue par toute une génération manipulée, la sienne, puis retrouvée au détour d’une conscience qui pour chacun, finit par se réveiller. Valeurs d’universalité.

Une ode à cette universalité que Mme Zhu a tenté de retrouver ensuite dans nos cathédrales catholiques, pour son plus grand désarroi. Car elle y a constaté à quel point le Communisme dont elle a été victime, avec tant d’autres millions de personnes, s’était inspiré du message évangélique d’amour, de paix et de partage, pour en détourner la substance au profit d’une normalisation des individus parfaitement contraire à l’esprit de Liberté qui est celui du message chrétien.

Mme Zhu Xiao-Mei a eu la chance de trouver sur son chemin quelques amis véritables qui l’ont accueillie, écoutée, guidée vers la nouvelle vie qu’elle mène depuis vingt ans déjà. Elle les évoque très discrètement dans son ouvrage.

Les organisateurs du Festival de la Vézère en Limousin en font partie, et je me réjouis de pouvoir, l’été prochain, retrouver là-bas le plaisir d’écouter à nouveau Zhu Xiao-Mei dans son interprétation des Variations.

Il y a urgence à ne pas la manquer.

Zhu Xiao-Mei : Festival de la Vézère, Eglise de Saint Ybard, le 5 aout 2008 à 19 h