Quels employeurs pour les « seniors » ? Quelle retraite pour les vieux demain ?

On a considéré, dans les années 80, que les « jeunes loups » étaient une denrée précieuse pour les entreprises. Ce fut la grande époque des golden boys qui, tout frais nantis de brillants diplômes et souvent d’une maigre expérience, se sont vu confier des missions importantes, risquées non seulement pour eux, mais aussi pour ceux qu’ils dirigeaient. Ce fut la grande mode aussi du « toilettage » des entreprises où l’on éliminait d’abord les plus vieux. On ne peut pas dire de ce point de vue que les années Mitterrand aient été fort charitables pour les plus de 55 ans. On a alors largement puisé, et pendant vingt ans, dans le FNE et mis au rencart toute une population active souvent compétente, toujours expérimentée, qui représentait un savoir-faire qui dans bien des cas ne s’est plus transmis.

La France a trop longtemps cultivé ce paradoxe qui a permis de voir, dans le même temps, des cadres dynamiques et autres créateurs divers effectuer des semaines de 60 heures ou même davantage, harassés par des responsabilités, des objectifs et des emplois du temps parfois insupportables, et une population active mise en situation de précarité, choisie ou non, assistée ou pas et dans tous les cas plus ou moins exclue des fruits de la croissance, fût-elle modeste.

Les premiers sont usés avant 60 ans, quand ils n’ont pas succombé, dès 50, à un cancer, une crise cardiaque ou un accident dû à la fatigue. Ils ne sont pas nécessairement enthousiastes à l’idée de prolonger le contrat. Les seconds n’ont pas toujours eu l’occasion d’améliorer leurs positions ni leurs scores, ils ont de surcroît pris de l’âge presque malgré eux et en France, les recruteurs n’aiment pas les vieux.

Cet acharnement à ne considérer l’âge productif qu’entre 25 et 45 ans est exclusivement français. Le calcul des retraites devient d’autant plus simple : un grand nombre de salariés sont donc condamnés à ne cotiser que vingt ans, 25 à trente tout au plus.

La solidarité dans le travail n’est plus depuis longtemps ce qu’elle était. Il faudra bien se résoudre, c’est déjà le cas aujourd’hui pour les moins de quarante ans, à épargner les rentes qui leur permettront, plus tard, de subsister.

A moins que l’on ne considère enfin, chez nous, que l’expérience vaut son pesant d’heures de travail et que les « jeunes retraités » d’aujourd’hui, qui se sont largement investis dans le bénévolat*, représentent à eux seuls une masse de cotisations perdues pour ceux qui les suivront bientôt. On peut d’ailleurs s’interroger sur les limites d’un bénévolat qui est peut-être, pour certains de ses prescripteurs, une autre forme de profit ?

voir étude, sous la direction de Jacques Malet « La France bénévole » http://www.associations-patrimoine.org/filemanager/files/lafrancebenevole2006.pdf

Mourir de faim

Du point de vue purement médical, mourir de faim suppose une lente et douloureuse agonie qui peut durer de 8 à 12 semaines. Du point de vue éthique et religieux, c’est tout simplement inacceptable dans le monde qui est aujourd’hui le nôtre.

Je ne suis pas économiste et ne m’avancerai pas sur les causes d’une famine qui se profile à notre horizon dans les contrées moins heureuses que la nôtre. Même si aucune époque n’a de ce point de vue été épargnée, mourir de faim dans un monde qui offre par ailleurs tant de prospérité ressortit du simple scandale, de la honte, d’une insulte à l’humanité et à son Créateur. Ceci étant, les famines ont souvent pour causes d’autres fléaux que ceux que la nature a toujours imposées, toutes époques confondues.

Le XXème siècle a été le terrain d’une idéologie dont sont encore victimes (Corée du Nord, Cuba ou à présent le Népal) quelques malheureuses nations. Les famines plus ou moins orchestrées* en Ukraine dans les années 30 ou en Chine trente ans plus tard en témoignent. On évalue pour celles-ci l’hécatombe à plus de 35 millions de morts.

De ce point de vue, la carte de la faim, établie par la Food and Agriculture organization (FAO) pointe les zones à risques, au centre desquelles l’Afrique, lieu de conflits incessants et de catastrophes écologiques, détient aujourd’hui le triste record.

On peut donc s’interroger sur le rôle que la plupart des Etats ont bien voulu accorder au travail de leurs démographes, qui ont sans aucun doute largement prévu, et depuis assez longtemps, ce que serait à peu de choses près la situation du Monde aujourd’hui, de sa population et donc de ses besoins vitaux. On imagine mal en effet une quelconque prospective qui ne tiendrait pas compte, en la matière, des études rigoureuses et détaillées réalisées ici et là par par tant de chercheurs sérieux. On peut d’ailleurs se faire une idée (voir le site de prospective de population de l’ONU) de ce qu’il pourrait être demain. Dommage qu’on y ait pas pensé plus tôt, car nous avons aujourd’hui en la matière, à ce qu’on dit, vingt ans d’erreurs derrière nous.

S’il devient difficile pour les pays nantis d’assumer leur devoir d’assistance, il est effarant de savoir que dans certains Etats, pour le plus grand malheur de leurs peuples, les dirigeants ne prévoient ni ne gèrent que pour eux-mêmes le pouvoir et ses attributs dont ils profitent abondamment, sans égard pour leur propre pays ni ses populations. Que des fortunes, parfois fondées sur l’aide humanitaire internationale, souvent sur le détournement de fonds publics, s’amassent hors de leurs frontières et se dépensent … chez nous.

Ceci étant, c’est aujourd’hui que des hommes, des femmes, des enfants, ici ou là, meurent de faim. C’est là le signe d’un mépris inqualifiable. De la science, de la connaissance, de la volonté, de la liberté et du travail des hommes.

* conséquences directes gestions totalitaires

Sondages: la France comme elle est, moitié pour, moitié contre

Le Président Sarközy (de Nagy-Bocsa) a parlé. Les sondeurs on enquêté. C’est une des constantes de notre mode de vie. Le portrait que nous renvoie le dernier sondage (Opinion-way pour le Figaro) est plutôt rassurant : au fond, les Français parlent tous de la même chose, quelles que soient leurs opinions. Ou plutôt, les choix qu’on leur propose en les sondant ne reflètent jamais rien d’autre que les préoccupation des sondeurs, objet de leur contrat. C’est dire qu’on leur laisse assez peu de liberté, aux sondés !

Enfin, une bonne nouvelle : les Français, j’en suis, semblent avoir majoritairement compris la nécessité de la Réforme. C’est plutôt bon signe…. pour l’avenir de leurs enfants. Car il faudra bien sûr attendre. Il faut toujours savoir attendre. D’abord semer. Regarder pousser et, enfin, récolter. Ah, cette impatience ( des medias) à vouloir toujours cueillir ce qui n’a pas encore fleuri !

Il en est un peu de Sarko comme de Badinguet, haï par Victor Hugo puis de nos républiques. Mais nous n’avons plus de Victor Hugo. Et si nos écrivains s’exilent, ce n’est plus que par goût d’ailleurs.

Tout cela est « un peu court », et heureusement on en revient : Napoléon III a donné à la France, avec autorité, une de ses plus prospère périodes, et créé ce qui fut alors sa modernité et qui fait aujourd’hui une grande partie du charme qu’elle conserve (Garnier, Eiffel, Haussmann, Vichy, Compiègne, etc…). Il produisit avant la naissance d’Emile Durkheim, une Extinction du paupérisme qui préfigure les oeuvres à venir en matière de sociologie, tout en écrivant un certain nombre d’ouvrages sérieux.

Il voyait loin, Napoléon III, le tant décrié, et bien au-delà de Sedan. Victor Hugo quitta son exil anglais de Guernesey après 19 ans. Napoleon III faillit bien le croiser, et il y demeure encore : après 135 ans à Farnborough, il faudrait peut être songer à l’en ramener.

Nul ne sait encore ce que sera la France dans quatre ans, mais son Président sait, lui, ce qu’il fera. Les Français auront quatre ans de plus, un paquet de retraités sur les bras, de nouveaux soucis, de nouveaux besoins, de nouvelles attentes. De nouveaux espoirs. Probablement toujours les mêmes. Il leur faut toujours un moment, pour mesurer le temps perdu.

La belle actualité de Mazarin :Esprits frondeurs, étude, roman, série télé

Sans doute est-ce cet air de Fronde, qui règne sur la France depuis …. toujours, qui aura inspiré ces derniers temps pareille diversité dans l’offre : le Cardinal est décidément à la mode !

Madame Simone Bertière , historienne, nous livrait l’an passé une remarquable étude, un long travail de recherche et d’approfondissement sur la personne et l’oeuvre de Guilio Mazarin, y précisant d’emblée sa volonté urgente de « corriger auprès du grand public la déplorable réputation injustement accolée à sa mémoire » . La démarche de Simone Bertière à ceci de remarquable qu’étant devenue spécialiste du pire ennemi de Mazarin, le Cardinal de Retz, elle confesse à ce propos : »Il m’en était resté une sorte de remords envers ce dernier (Mazarin), et le sentiment que je lui devais réparation« .

J’ignore encore sous quels auspices se présente la toute récente publication du Pour l’amour de l’enfant Roi : Jules Mazarin – Anne d’Autriche, d’ Alain-Gilles Minella paru le 13 mars aux éditions Perrin.

Présenté avantageusement par l’éditeur (et les revendeurs) comme : « La biographie d’un couple uni dans le pouvoir et dans l’adversité, par un véritable amour et par l’ambition de faire de Louis XIV le plus grand roi du monde. » cet ouvrage a toute les chances de rencontrer un large succès, puisque déjà renommé, sur un site commercial : La Reine et le Cardinal

C’est avec ce titre, donc, que le succès pourrait être au rendez-vous en 2009 sur notre écran avec la diffusion qu’on nous annonce (tournage en cours), d’un téléfilm porté par l’acteur Philippe Torreton qu’il n’est plus nul besoin de présenter. Il est précisé sur les fiches disponibles que le scénario n’est pas l’oeuvre de M. Minella, historien, mais bien celle de Jacques Santamaria, scénariste.

J’ignore, vu de ma petite lorgnette, ce qu’il adviendra de la vision nouvelle que les Français pourront avoir sur ce Cardinal italien qui mena si bien, au final, notre pays, et dont quelques rares auteurs, aujourd’hui, tentent de réhabiliter la vie et l’oeuvre. Espérons que leur tâche n’aura pas été vaine.

Laurent Cabrol : écologie du bon sens, bonne nouvelle pour la Terre

M. Cabrol est sympathique. Il nous annonce chaque matin, sur Europe 1, le temps qu’il fera chez nous et l’on en fait grand cas partout, du temps qu’il fait. Mais il ne s’intéresse pas seulement au temps qu’il fait, mais à celui qui fut. Après avoir été viré de TF1, où l’on apprécie pas trop ces seniors qu’il conviendrait pourtant de laisser travailler, il vient de publier un livre au Cherche Midi qui va déranger plus d’un écologue : Et si la Terre s’en sortait toute seule ?

Depuis le temps que le catastrophisme ambiant nous annonce le pire, du méthane que dégagent les flatulences des animaux (on ne parle quasiment jamais des vents, exhalaisons et autres pestilences humaines) en passant par les pesticides et autres OGM (qui en obèrent pourtant l’usage), la Terre n’en aurait plus pour très longtemps. Il est vrai que nous n’avons jamais été si nombreux à l’exploiter.

Il est donc plutôt réjouissant de se replonger dans l’histoire de notre petite planète qui a connu, depuis qu’on peut s’y consacrer (à son histoire), bien des tourments, des transports, des transferts et autres mutations. Contre lesquels l’Homme ne pouvait pas grand chose, sinon s’adapter. Aux glaciations, comme à ce réchauffement, que tout le monde nous annonce. Mais le pire n’est jamais certain.

Chaque époque subit ou affronte les caprices d’un climat que nul encore n’est parvenu à maîtriser. C’est à peine si l’on parvient, à grand renfort de modèles et d’algorithmes de plus en plus sophistiqués, à prévoir précisément ce qui se passera au-delà de cinq jours. La Terre demeure un mystère, puisqu’on ne peut encore dominer ses comportements. On l’écoute, on l’observe, on évalue les risques qu’elle fait planer sur nous, plus lourds à certaines périodes et en certains endroits. Mais au fond, qu’y pouvons-nous ?

Respecter notre environnement devrait être bien naturel en somme, et les Terriens sont de plus en plus nombreux à s’en préoccuper. Mais dans le même temps, ils exigent de plus en plus de ce que leur petite planète, si belle, si bleue, peut leur donner.

Elle existait avant nous, elle nous survivra peut-être. Dieu seul sait, d’ailleurs, jusqu’où nous irons.

tags : Villepin, otages, etc…Note aux « pompeurs » de blogs

J’ignore pour quelle raison un de mes articles a été reproduit sur un site (Chateau de hautefort) intégralement dédié à M. de Villepin. Cela pourrait laisser croire à ses lecteurs que j’y ai joint ma prose. Il n’en est rien. Cela n’est que le produit d’un copier-coller dont je ne suis pas responsable. Ce que j’écris, je l’écris comme un message dans une bouteille, lancée dans la vague internet. Il y a toujours quelque rivage où la bouteille (et son message) viennent se jeter. Je n’ai pas choisi celui-là et n’ai rien à voir avec M. de Villepin, ses idées, ses propos et ses affidés. Voilà, c’est dit.