Ecrire libre pour le plaisir ou pour le profit…. des autres ?

écrire.......
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J’écris depuis toujours. Cela m’a même, longtemps,  permis de vivre. C’était donc par nécessité, même si j’y prenais parfois, et même le plus souvent, le plaisir de le faire bien. Maintenant, je n’écris plus que  par plaisir, ou par cette autre forme de nécessité que m’impose les flux convergents de mon âme, mon coeur et mon cerveau. Parce que je vis et pense ; je crois d’ailleurs que je commence à penser avant de vivre. C’est ainsi. La vie de mon temps m’interroge, me questionne, me harcèle et me dérange. J’aime étrangement la Beauté, la fraîcheur, la candeur, pour ne pas citer l’Innocence.  Autant dire que je ne suis plus de ce monde si empreint de conflits, de rejets, d’intérêts,  de laideur. Mais pareil à ce qu’il fut, en somme, de toute éternité. L’Homme est entre Dieu et Diable, libre d’aller de l’un à l’autre ou même nulle part ailleurs qu’en lui-même. S’il le veut. Je serais tentée de dire : s’il le peut.

Notre esprit seul peut être vraiment libre, pourvu encore qu’il soit construit. De ce point de vue, rien n’est jamais perdu. J’ai toujours en mémoire ce Padre Padrone des frères Taviani, qui représentait assez bien tous les « possibles » pour qui n’a jamais eu la moindre chance de trouver « sa » meilleure place au départ.

J’ai déjà dit ici tout le bien que je pense d’internet et de ce libre accès à tant de connaissances. Encore faut-il qu’elles soient bien exploitées. Cela demande un minimum d’effort,  pas mal, aussi,  de réflexion et de recul et, en amont, de connaissances. J’ai derrière moi plus de cinquante ans de lectures, des années d’études, de recherches constantes sur des sujets les plus variés. Ma mémoire n’en a conservé qu’une infime substance, mais elle est concentrée. Elle fournit le support de mes billets.

Depuis plus d’un an que je « blogue », j’ai vu s’accroître mon nombre de « lectures ». j’avais dès le début indiqué sur mes pages que ce blog était bien indexé, par égard pour les professeurs qui chaque jour sont  confrontés au pillage de « devoirs » en ligne. Il est malgré tout peu problable qu’ils aient le temps de vérifier et quand bien même, ce ne serait qu’un moindre mal, eu égard à ce que l’on voit.

D’autres ont trouvé, dans cette explosion de blogs une nouvelle source de profit. C’est le cas de Paperblog, magazine en ligne qui recense les « meilleurs billets », livrés pro Deo à la lecture publique. Pourquoi pas après tout ? Je serais bien mal fondée à m’en plaindre : on y trouve les miens.

Les statistiques n’ont pas à être « ethniques », mais à prendre en compte des paramètres concrets

C’est agaçant, à la fin, cet usage abusif du terme « ethnique ». On se croirait dans un cours de socio des années 70, en train de rebâcher Mauss et Levy-Strauss. Il est décidément plus facile de parler des bêtes que des hommes.  On usa longtemps d’ un vieux mot, pour définir les différences apparentes des uns et des autres, qui s’appliquait à tous, hommes et bêtes. Mais voilà, plus question de le prononcer. Race. Un mot  aussi signifiant que celui de  racines, qui sont propres à chacun d’entre nous, même quand on les ignore,  et que traînera encore longtemps la généalogie de notre espèce. Un  mot que  Gobineau,  certes,a perverti. Mais oublions un peu Gobineau ! Et souvenons-nous plutôt de Bartolomeo de Las Casas ou mieux encore, lisons ou écoutons Yves  Coppens

Je ne me suis jamais demandé de quelle « ethnie » j’étais. J’ai appris en un temps qui n’a plus court, qu’une classification permettait l’étude et qu’il fallait bien classer. Nous sommes, nous humains,  tous pétris de chair, d’eau et de sang et tous sexuellement compatibles. Mais nous sommes en apparence différents : blancs, cireux, bruns rouges ou noirs de peau ; issus d’origines et de contrées diverses, mélangés, métissés. Et nos chemins nous sont propres, qui nous menés là où nous sommes.

Que peut faire pour lui  l’administration d’un pays libre et protecteur qui ignore ce qu’est réellement sa population ? On a depuis des années dépouillé des données statistiques tous les paramètres déterminant les spécificités de chacun. Origine géographique, culture ou religion.  Les chercheurs de l’INED ont bien du mérite dans la poursuite de leurs travaux et Michèle Tribalat s’en est largement fait l’écho.

Il semble que tout en ce domaine fonctionne plus ou moins « à la louche » de données parfois arbitraires de telles ou telles organisations, associatives ou pas, relayées souvent sans contrôle par des organes de presse ou des medias qui en font leurs choux gras. Cela n’est pas sérieux. Chacun y va de son « stigmate » quand il ne s’agit que de connaître, comprendre, résoudre ou du moins tenter de le faire.

On ne fait pas de bonnes statistiques sans de bons paramètres. En matière de population, l’origine géographique et culturelle est probablement le plus concret.

La jupe d’Adjani: plaidoyer ET réquisitoire pour l’Enseignement français laïque ET obligatoire

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Classe de lycéens à Kati (Mali) en 2005

Cette « Journée de la jupe » présentée hier soir par ARTE sera je suppose partie droit au coeur de nombreux enseignants, trop souvent nommés « profs » et dénués dès lors, de tout de le poids légitime de leur fonction.

Une classe comme celle-ci, au Mali, les ferait rêver, quand certains, trop d’entre eux cauchemardent aujourd’hui à l’idée de se présenter devant des individus instables et déchaînés dans des lycées qui ne sont pas seulement de banlieues ou de « cités ».

Pour ma part, je salue cette entreprise téméraire. Téméraire, parce qu’elle montre sans aucun doute UNE réalité. Qui ne satisfait a priori que les medias, toujours  si prompts à s’en emparer et à lancer sur le sujet de pieux débats.

Tous les thèmes du malaise social sont abordés ici, avec vigueur, avec excès, mais toujours sur le registre du plausible. Ce qui se passe entre les murs , Laurent Cantet venait de le montrer. Mais les élèves étaient plus jeunes. Ici, ce sont des hommes, déjà, ou presque.

J’avoue n’avoir pas vu en Isabelle Adjani l’actrice mûrie qu’elle est devenue, c’est notre sort à tous, mais la conviction de ce qu’elle représente, à l’instar d’autres  personnalités en vue ou non  issues comme elle d’une immigration extra-européenne, d’efforts, de patience, de contrainte pour parvenir à cet état souverain de citoyen libre,  assumé et autonome.

Certains se gausseront d’une idée qui paraît aujourd’hui dérisoire : la jupe. Sans doute pas tous ceux qu’inquiète le poids des cultures sur le sort de tant de jeunes filles et qui se démènent pour y remédier.

Quant à la violence qui règne, elle fait la une des quotidiens et n’est, malheureusement, pas près de cesser. Molière n’y pourra pas grand chose. Mais le port d’uniforme dans les écoles pourrait peut-être, comme on l’a retrouvé il y a quelques années dans le Bronx et à Manhattan, et comme c’est l’usage un peu partout ailleurs, contribuer à calmer le jeu.

Le catholicisme n’a pas à satisfaire à l’hédonisme, et il n’est pas obligatoire !

Crucifixion de Saint-Pierre, F. Lippi, Florence, 1482
Crucifixion de Saint-Pierre, F. Lippi, Florence, 1482

Je serais tentée, comme ce cher Bruno Frappat, de laisser « glisser », devant la chute de tant d’outrance. Passe encore des medias qui ont pour seul penchant la sensation, le saignant, le conforme. C’est toujours par le bas qu’ils trouvent leur audience. Quant aux laïcs, qu’ils fassent après tout ce qu’ils veulent.

Mais quand des catholiques, tels M. Juppé, qui n’a pourtant pas été,  dans sa ville, exempt de soucis ecclésiaux, s’indigne à l’instar de tant d’autres cibles médiatiques de la prétendue position du Pape, je m’insurge.

Benoît XVI est villipendé comme l’est aujourd’hui toute forme de transcendance. Sa hauteur de vue, sa connaissance et son humanité avaient, semblait-il pourtant, fait l’unanimité lors de son dernier passage chez nous. Il est vrai que la ferveur impressionne ceux qu’elle n’atteint pas, qui la méprisent, par manque, sans doute. Ils n’ont de cesse d’en infirmer le sens, pour employer cet euphémisme.

C’est oublier que rien n’oblige. Rien n’est plus difficile que d’être catholique, de vivre au quotidien l’amour de l’autre, la tolérance et le pardon. Et la liberté qui va avec. Car le Chrétien, le catholique EST LIBRE, on ne le répètera jamais assez.

Le Pape est dans son rôle en rappelant sur quoi se fonde notre Eglise, sachant à qui, d’abord, il s’adresse. Ceux-là comprendront et sauront faire la part des choses. La part qu’ils font toujours.

L’hédonisme qui ravage nos sociétés se situe le plus souvent de chaque côté de la ceinture. Bien loin en tous les cas du siège de la Foi, de l’Espérance et de l’Amour qui nous transcendent  le coeur l’esprit et le corps, qui les accueille.

Il est heureux encore, qu’on nous rappelle à ces hauteurs dont tout le matérialisme ambiant nous invite sans cesse à descendre. De ce point de vue, Benoît XVI nous y invite. Libre à chacun d’y penser et de lui rendre grâce, ou pas. Mais alors, que cesse ce vacarme !

Réforme territoriale 2014 : pourquoi pas une nouvelle Province ?

J’ai toujours (ou presque) vécu en province et  n’ai jamais aimé le terme de « région ». Le découpage de nos Régions correspondait déjà assez peu à la culture de leurs territoires (le Bourbonnais est sans doute plus proche du Bourguignon que de l’ Auvergnat et l’Ardéchois   probablement assez éloigné du Savoyard  auquel il est rattaché. Question d’histoire, mais surtout de géographie.

Le Massif Central
Le Massif Central

Ce qu’on nous propose aujourd’hui représente pour certaines d’entre elles un quasi déni. Rattacher l’Auvergne à la déjà immense et puissante Rhône-Alpes, par exemple ; ou même encore, la rattacher au  Limousin, car on est encore sûr de rien. Peut-être dépecer le Poitou pour repeupler le Limousin et agrandir encore l’Aquitaine ? On n’en sait rien.

Il semble que M. Balladur (ou son comité) n’ait pas pensé un seul instant qu’il y avait, dans son projet, une opportunité, peut-être, de redistribuer des cartes jusque là assez mal données. Pourquoi pas, en rognant sur leurs alentours, créer enfin, comme une nouvelle province,  un large Massif Central qui est après tout le coeur de ce pays ?

Par les temps qui courent (et sont encore à venir), qui sait s’il ne sera pas plus agréable de vivre dans tous ces lieux aujourd’hui tranquilles et vastes où bien des gens pourraient trouver une douceur de vivre qu’ils ne trouveront jamais au sein des métropoles surpeuplées qu’on nous annonce de toute part comme l’avenir de nos sociétés ? Que savons-nous de cet avenir, d’ailleurs ?

Quoi qu’il en soit, il faudra « faire avec ».

Quant à la France, elle  est le plus souvent coupée en deux. Quel que soit le gouvernement en place, le projet, les résolutions, les dispositions qu’on leur propose, il y a toujours ches les Français, à parts quasiment égales,  ceux qui sont pour, et ceux qui sont contre. Sauf si demain, et pour de vrai, on rasait gratis. Là, tous les Français,  enfin,  seraient d’accord.

Vatican II : l’impossible unanimité des Catholiques

Après tout le tapage dont nous ont gratifié les medias sur cette main tendue par Benoît XVI aux évêques intégristes (et son choix malheureux pour l’un d’eux), le verdict tombe enfin de l’alternative proposée : ils confirment leur rejet de Vatican II.

Rien n’est pour autant réglé dans ces dissensions déjà installées ou en voie de l’être, car on met toujours en lumière la Fraternité Saint-Pie X, qui ne représente qu’une partie des courants anti-conciliaires fûssent-ils seulement traditionnalistes et non intégristes.

Il est vrai que la plupart des autres « contestataires » du Concile, essentiellement traditionnalistes, ressortissent du droit pontifical. Parmi eux,    l’Institut du Christ Roi qui a étendu, depuis 40 ans, son influence (son rejet de toute modernité ecclésiale) dans une grande partie du  monde occidental, tout en s’implantant assez généreusement dans l’Hexagone et particulièrement en Aquitaine et en Limousin.

Accroché depuis 2007 aux libéralités que lui a conféré le Motu Proprio, cet Institut  est soumis,  depuis le 7 octobre 2008,   au droit pontifical, ce qui risque de troubler bien davantage encore un bon nombre de paroissiens coutumiers des messes  ordinaires et fidèles à leur modernité mais bien souvent privés, dans leurs paroisses, des célébrations qu’un manque crucial de prêtres de permet plus d’y proposer.

On peut donc supposer que les vocations  qui paraît-il affluent en nombre dans les séminaires bien nantis de ces fondations essaimeront un jour dans nos régions. Quel choix restera-t-il alors aux fidèles ?

L’Amour et l’Espérance surpassent tous les millions, même dans les taudis

C’est, au fond, la grande surprise de ce triomphe de Danny Boyle, Slumdogs Millionaire. C’est aussi la meilleure. L’amour, mais surtout l’Espérance n’ont pas de prix. La vie, elle, ne vaut pas cher dans cette Inde complexe, violente et déroutante qu’il nous invite à visiter de l’intérieur, dans ce qu’elle a de plus tragique, une de ces mégalopoles dont on sait déjà qu’elles sont appelées à s’étendre encore davantage en accroissant chaque jour une misère sans nom.

Gare centrale (Victoria) de Bombay (Mubai)
Gare centrale (Victoria) de Bombay (Mumbai)

Nos zones les plus sinistres et le sort des plus exclus  paraîtraient bien doux aux miséreux de Mumbai, dont certains, comme les héros de cette histoire, parviennent pourtant à s’échapper.

Mais ce n’est pas l’argent, ici, qui triomphe, même s’il est au centre de tout. L’argent sous toutes ses formes : celui que l’on gagne et celui que l’on vole, celui que l’on mérite ou qu’on espère. L’argent propre et l’argent sale. L’argent de la mort. L’argent du hasard ou de la chance qui indéfiniment se recrée et parfois se redistribue sur la tête de quelques gagnants.

« Qui veut gagner des millions ? » fait rêver tous ceux qui pensent que leur vie deviendrait meilleure. Il est vrai que l’argent ne fait pas le bonheur de ceux qui n’en ont pas.

Ce film prenant, dur, magnifique est  un superbe témoignage, un hommage violent mais salutaire au principe même d’Humanité,  celle qui subsiste au fond de certains êtres que tout s’est acharné à détuire et qui demeurent ce qu’ils étaient pétris pour être : des hommes de bonne volonté et d’espérance.

Le baptême n’est pas un simple ticket d’entrée

Quelle ne fut pas ma surprise, hier soir au Journal de France 2,  de tomber (en cours d’émission)  sur un reportage où il était question du baptême des petits-enfants, ou plutôt de sa déshérence sur le sol français.

Porte du Paradis, Baptistère de St-Jean à Florence
Porte du Paradis, Baptistère de St-Jean à Florence

Il est évident, et le reportage le montrait bien évidemment à l’extrême, que deux options s’opposent : donner le baptême sans discernement,  pourvu qu’on le demande ou bien considérer qu’il s’agit là  d’un engagement qui suppose au moins quelque préparation.

C’était la position soutenue par un prêtre dont je n’ai pas noté le nom et  qui m’est apparu comme parfaitement conforme à ce que doit être son rôle et à ce que j’ai toujours vu pratiquer.

Ce n’était apparemment pas le point de vue d’un représentant de Golias, revue ou mouvement qui s’annonce comme conciliaire et opposé à toute forme d’intégrisme, mais dont l’option du baptême à tout va,  m’a tout de même semblé décalée.

Je venais, l’après-midi même, de tomber sur un commentaire du Père Olivier de La Brosse sur le contenu de cette revue qui adresse régulièrement à l’endroit de  l’Eglise, mais surtout du Vatican, des diatribes  pour le moins virulentes et dont il se demandait, la question semblant alors (1998) encore pendante, si elle pouvait à juste titre se prétendre catholique. Je me demande  ce qu’il faut en penser aujourd’hui.

Nul n’est obligé désormais, par quelque pression sociale que se soit, de souscrire à une religion chrétienne. Afficher son athéisme demeure encore infiniment plus « tendance« , même si nos medias nous annoncent (non sans quelque inquiétude) un retour patent du religieux, là où le sacré serait le bienvenu.

Le baptême d’un nouveau-né n’est pas, comme cela semble être encore le cas pour certains parents un simple ticket, mais le premier des sacrements qui  fait, avec eux,  entrer leur enfant au sein de l’Eglise, dans la communauté des chrétiens. Cela n’est pas rien.

Le refus de croissance, un luxe impossible pour ceux qui n’ont rien

Ce qui fut,  depuis au moins quarante ans, une mode limitée à quelques groupuscules de contrôler voire  rejeter  toute forme abusive de Consommation,  serait en passe de devenir un modèle de comportement pour des tranches de plus en plus étendues de Français, et pas seulement.

Hierarchie des besoins humains, dite Pyramide de Maslow
Hierarchie des besoins humains (Pyramide de Maslow)

Il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui, en temps de crise- et celle que nous n’avons pas encore fini de vivre promet d’être assez fameuse – « l’objection de croissance » ne concerne que les mieux nantis. J’ai encore à l’esprit ce vieux souvenir, la fameuse pyramide de Maslow qui définit,  en quelque sorte, la gradation des besoins humains.

L’impact de l’Ecologie, (suivant Haeckel) indépendamment des enjeux politiques qu’elle représente et dont je me garderai bien de parler ici, a tout de même fini par se faire sentir comme en témoigne le récent rapport Mc Kinsey.  Je ne peux que m’en réjouir, n’ayant jamais été moi-meme adepte ni usager de toutes sortes de gaspillages.

Gaspillage est le terme le plus approprié pour définir la plupart de nos comportements pendant les cinq dernières décennies, en terme de consommation d’énergies, de matières ou d’objets et certainement plus encore de potentiels humains. Mais en revenir,  comme cela semble être en cours aujourd’hui signifie aussi en avoir déjà largemet profité.

Je ne peux donc m’empêcher de penser ici à ceux qui, au bas de l’échelle, ont toujours faim,  n’ont pas d’eau (et moins encore courante) ni même de lieu fixe  et surtout  paisible où ils pourraient tenter de vivre, fût-ce seulement sur leur propre modèle, celui d’une culture qui ne sera jamais la nôtre. Certains sont déjà dans ce cas chez nous, je les évoqués  ici. Ils ne demanderaient pas mieux, certains d’entre eux du moins, que de pouvoir  « consommer » ne fût-ce que a minima.

Comme le chantait Léo Ferré il y a si longtemps déjà, « les temps sont difficiles…. ». C’était à l’époque où la Chine, une grande partie de l’Inde dormaient encore.  Si pour elles  les temps sont devenus et deviendront encore (probablement)  meilleurs, c’est bien à leur croissance qu’elles le doivent.  C’est généralement le cas de tous les pays qui peuvent offrir à la plus grande partie de leurs habitants un certain niveau de bien-être et de prospérité qui ne s’épanouissent à terme que dans la paix et un certain nombre de libertés.

Si le tropisme exercé sur le monde par l’Orient est en voie de supplanter celui de l’Occident,  il me semble (bien modestement) beaucoup plus opportun de modifier notre type de croissance que de souscrire à son refus.  Les conséquences n’en paraissent que trop évidentes. en tous cas pour nous.

Certains Matins sur France-Culture … on part écouter RTL

On l’aura compris, il y a longtemps que j’écoute France-Culture. Pour une bonne et simple raison :  pas de publicité commerciale et nombreux centres d’intérêt.

L’éloge du savoir, par exemple, qui permet aux plus isolés de suivre, comme s’ils y étaient, des cours du Collège de France ou de telle Université  où un Maître de son domaine aura professé.

Les enjeux internationaux, dont  Thierry Garcin, autre maître du genre, rend pour nous presque lumineux les méandres obscurs.

730px-microphone_studio (wikicommons)Et toujours, ces Matins, autrefois animés par Jean Lebrun qui avait tant d’égards pour nos campagnes et ceux qui vivent bien loin de tous ces petits feux parisiens.

Las, que ces Matins m’agacent, qui ont pris avec ses successeurs d’autres couleurs, trop vives et parfois si acides.

Ces chroniqueurs, dont on se demande parfois s’ils sont là par pure estime (les petits copains) ou parce qu’ils ont vraiment quelque chose à dire qui ne concerne pas qu’eux-mêmes.  Du fiel, le plus souvent répandu sur d’autres. Certains, la plupart même, rêvent encore au « Grand Soir », comme cette Clémentine Autain qui vient tous les jeudis déverser sa bile amère sur ce qu’ont pu faire, pendant la semaine, les gouvernants. Quoi qu’ils aient pu faire d’ailleurs, qui ne soit pas conforme au rêve stalinien.

Ce qu’il y a de bien, dans ces Matins, c’est la tranche d’âge : aucune n’est laissée en chemin. Il y a les vieux camarades comme Catherine Clément,  les libres-penseurs très matures, tel A-G. Slama qui est décidément partout, ou Marc Kravetz, ce fin portraitiste dont la diction, un comble pour la radio,  devient chaque jour plus inaudible. J’allais oublier la jeunesse de Mademoiselle de Kervasdoué qui fait rarement dans la dentelle dans sa revue de presse internationale.

Ces Matins donc, autour de notre beau Normalien, allez, vous savez bien, cet Ali Badou si prisé, ces matins, donc, ressemblent de plus en plus au premier salon où l’on cause, et où l’auditeur que je suis se demande ce qu’il est venu faire ici où rien ne réjouit vraiment que la critique et la révolte mais où manque cependant l’ingrédient suprême à qui tient salon : le sens du Ridicule qu’il faut conserver pour soi-même.

Ali Badou recevait ce matin l’auteur d’un livre que Nancy Huston elle-même porte semble-t-il aux nues   : il  relate ses années de prison après un casse manqué. Voilà donc comment aujourd’hui remporter un succès, une présence sur les plateaux et sur les ondes, à commencer (peut-être) par celles de France Culture, et ses salons très parisiens où l’on s’émeut de tant d’innocence : vols, exactions meurtres qu’importe, s’il font au moins un bon livre. Affligeant.

J’ai fini par tourner le bouton pour retrouver, sur RTL, un Jean-Michel Apathie toujours  incisif mais surtout moins enclin à s’esbaudir devant les turpitudes et à passer,  comme tant d’autres,  de la rhubarbe au séné.