Douce nuit, sainte nuit où le Sauveur est né, dans l’humilité

Nativité, Georges de La Tour

L’humilité n’est malheureusement plus à l’ordre du jour pour tous ceux qui ne voient en Noël qu’une occasion de réjouissances et de surenchères gastronomiques. Pour d’autres, ce n’est qu’une fête de famille, ce qui n’est,  au fond déjà pas si mal. Certains même iront , ce soir, participer pour la première fois à la Messe de minuit : peut-être en sortiront-ils transcendés, libérés de leurs contingences.

Pour nous, ce sera la joie de célébrer, en lumières et en musique, la Nativité de notre Sauveur dont le sacrifice marque depuis deux mille et bientôt dix ans le Temps de l’Humanité et de son Histoire ; celle-ci depuis lors ne s’entend plus qu’avant ou après Jésus-Christ. Par cela-même, nous sommes tous concernés.

Je souhaite à tous mes lecteurs un Noël fraternel, joyeux et plein d’Espérance.

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Entre deux solstices, une rédemption suédoise de Henning Mankell

Ile sur la Mer Baltique

« Les chaussures italiennes » : voilà un livre qui peut réconforter, à plus d’un titre,  ceux que leur âge ou leurs regrets inquiètent ou préoccupent,  mais pas seulement. Les lecteurs de Philip Roth me comprendront. Les fidèles de Kurt Wallender seront peut-être surpris, à moins de bien connaître Henning Mankell qui a tant de ressources.

Le retrait du monde, quand il n’est que fuite en avant n’engendre trop souvent qu’isolement,  solitude, puis désarroi. Entre l’écrivain de New York (Nathan Zuckermann) quittant le monde au fond du Massachusetts et le chirurgien de Stockholm (Frederik Wellin) sur un îlot de l’archipel,  il y a au départ une même démarche : fuir, lâchement fuir. Le monde, certes, mais pour le second,  d’abord soi-même.

Pendant quinze ans pour le premier, douze pour le second, passés dans la solitude et l’isolement, ce qui les amène à peu près au même âge, autour de 70 ans.

On sort quelque peu affligé du roman de Roth qui ne nous épargne jamais rien, non sans humour d’ailleurs, de ces redoutables décrépitudes dont nous sommes l’un ou l’autre un jour menacés. Ni de nos désillusions. Et encore moins de cette extinction générale des feux que la Foi, seule, peut limiter.

Que l’on vive à New York, à Stockholm où à Paris, la même absurde vanité domine tous les champs de la vie, rythmés par les courants de bruits, de modes, de pressions, et surtout d’apparences. La pire d’entre elles étant la « quête » d’authenticité, de « transparence » et de sincérité. Rien n’est pourtant plus authentique que la cité elle-même, élevée hors de terre par les hommes sincèrement convaincus qu’ensemble, rassemblés, ils peuvent défier leur solitude. Mais le fantôme de Zuckermann ne planera pas longtemps sur New-York, où plus rien ni personne ne l’attend. L’obsession de son âge, de son état, de son incontinence surtout le ramèneront au « désert ».

Ce qui rend attirant le roman de Mankell, c’est l’espoir qu’il suscite par ce cheminement d’un homme quasiment ordinaire en somme que l’on découvre,  au fil des pages,  brisé par son orgueil plus encore que par sa propre faute. Un homme que le passé, abruptement surgi en la personne d’Harriet, premier amour lâchement abandonné des décennies plus tôt, ramènera finalement, entre deux solstices, au présent d’autres vies que la sienne, à sa propre rédemption et à une vie nouvelle.

Foi, Espérance et Charité : quels prêtres pour les annoncer ?

Triomphe de la Foi sur l'Idolâtrie, J.B. Théodon, Gesu, Rome (wikics)
Triomphe de la Foi sur l'Idolâtrie, J.B. Théodon, Gesu, Rome

Je vis dans une paroisse provinciale qui ressemble peu ou prou à celle que décrit  Pietro de Paoli dans son second livre « 38 ans, célibataire et curé de campagne« , à ceci près que mon curé modérateur, qui a déjà  franchi le cap de la soixantaine, a achevé sa formation dans l’essor de Vatican II  et en applique les préceptes.

A l’instar de tant d’autres prêtres devenus de plus en plus rares, il assure au quotidien les charges de sa fonction dans un territoire étendu. Sans doute n’est-il pas seul à la tâche, puisque chez moi comme partout ailleurs,  des laïcs  actifs l’accompagnent dans toutes les équipes pastorales , et l’on ne soulignera jamais assez la richesse du lien social qu’ils entretiennent bien au-delà de leur mission chrétienne.

Sans doute, chez moi comme ailleurs la pratique n’est-elle guère étendue, et c’est pitié de voir, hors des grandes célébrations, nos églises pourtant décorées à peine occupées par une maigre poignée de fidèles. Du moins viennent-ils de tous horizons, milieux et opinions car leur Foi, seule, les réunit. Ceux-là ne sont pas sectaires.

J’ai déjà évoqué dans un de mes anciens billets un évènement déjà banalisé ailleurs qui,  survenu dans mon village, relevait de l’étrange sinon de la nouveauté. Des traditionnalistes tentaient chez nous de s’imposer.

En cette Année sacerdotale vouée aux prêtres,  et alors même que nos Evêques s’emploient à pallier le manque de vocations, j’observe qu’un certain activisme s’opère et lentement s’insinue dans les esprits. Certains paroissiens,  pourtant très concilaires,  n’ont au fond jamais cessé de regretter leurs messes d’antan. Il serait pourtant redoutable que sous l’effet de minorités très largement agissantes, notre Eglise incline à recruter son Clergé au sein de clans ouvertement politisés. C’est déjà pratiquement le cas dans certain diocèse, au grand dam de Mgr Vingt-Trois, qui tend à nous rassurer.

Les Catholiques sont suivis de longue date par Henri Tincq qui leur prédit une longue route mais le triomphe, dans 40 ans, de la religion chrétienne.  Il y a 5 ans déjà, Mgr Pietro de Paoli remettait les pendules du Vatican à l’heure  de 2035 pour arriver, après bien des détours fictifs et de réelles propositions à une conclusion assez proche. La vitalité de la Bonne Nouvelle. Mais après quel chemin !

 

 

Le catholicisme n’a pas à satisfaire à l’hédonisme, et il n’est pas obligatoire !

Crucifixion de Saint-Pierre, F. Lippi, Florence, 1482
Crucifixion de Saint-Pierre, F. Lippi, Florence, 1482

Je serais tentée, comme ce cher Bruno Frappat, de laisser « glisser », devant la chute de tant d’outrance. Passe encore des medias qui ont pour seul penchant la sensation, le saignant, le conforme. C’est toujours par le bas qu’ils trouvent leur audience. Quant aux laïcs, qu’ils fassent après tout ce qu’ils veulent.

Mais quand des catholiques, tels M. Juppé, qui n’a pourtant pas été,  dans sa ville, exempt de soucis ecclésiaux, s’indigne à l’instar de tant d’autres cibles médiatiques de la prétendue position du Pape, je m’insurge.

Benoît XVI est villipendé comme l’est aujourd’hui toute forme de transcendance. Sa hauteur de vue, sa connaissance et son humanité avaient, semblait-il pourtant, fait l’unanimité lors de son dernier passage chez nous. Il est vrai que la ferveur impressionne ceux qu’elle n’atteint pas, qui la méprisent, par manque, sans doute. Ils n’ont de cesse d’en infirmer le sens, pour employer cet euphémisme.

C’est oublier que rien n’oblige. Rien n’est plus difficile que d’être catholique, de vivre au quotidien l’amour de l’autre, la tolérance et le pardon. Et la liberté qui va avec. Car le Chrétien, le catholique EST LIBRE, on ne le répètera jamais assez.

Le Pape est dans son rôle en rappelant sur quoi se fonde notre Eglise, sachant à qui, d’abord, il s’adresse. Ceux-là comprendront et sauront faire la part des choses. La part qu’ils font toujours.

L’hédonisme qui ravage nos sociétés se situe le plus souvent de chaque côté de la ceinture. Bien loin en tous les cas du siège de la Foi, de l’Espérance et de l’Amour qui nous transcendent  le coeur l’esprit et le corps, qui les accueille.

Il est heureux encore, qu’on nous rappelle à ces hauteurs dont tout le matérialisme ambiant nous invite sans cesse à descendre. De ce point de vue, Benoît XVI nous y invite. Libre à chacun d’y penser et de lui rendre grâce, ou pas. Mais alors, que cesse ce vacarme !

L’Amour et l’Espérance surpassent tous les millions, même dans les taudis

C’est, au fond, la grande surprise de ce triomphe de Danny Boyle, Slumdogs Millionaire. C’est aussi la meilleure. L’amour, mais surtout l’Espérance n’ont pas de prix. La vie, elle, ne vaut pas cher dans cette Inde complexe, violente et déroutante qu’il nous invite à visiter de l’intérieur, dans ce qu’elle a de plus tragique, une de ces mégalopoles dont on sait déjà qu’elles sont appelées à s’étendre encore davantage en accroissant chaque jour une misère sans nom.

Gare centrale (Victoria) de Bombay (Mubai)
Gare centrale (Victoria) de Bombay (Mumbai)

Nos zones les plus sinistres et le sort des plus exclus  paraîtraient bien doux aux miséreux de Mumbai, dont certains, comme les héros de cette histoire, parviennent pourtant à s’échapper.

Mais ce n’est pas l’argent, ici, qui triomphe, même s’il est au centre de tout. L’argent sous toutes ses formes : celui que l’on gagne et celui que l’on vole, celui que l’on mérite ou qu’on espère. L’argent propre et l’argent sale. L’argent de la mort. L’argent du hasard ou de la chance qui indéfiniment se recrée et parfois se redistribue sur la tête de quelques gagnants.

« Qui veut gagner des millions ? » fait rêver tous ceux qui pensent que leur vie deviendrait meilleure. Il est vrai que l’argent ne fait pas le bonheur de ceux qui n’en ont pas.

Ce film prenant, dur, magnifique est  un superbe témoignage, un hommage violent mais salutaire au principe même d’Humanité,  celle qui subsiste au fond de certains êtres que tout s’est acharné à détuire et qui demeurent ce qu’ils étaient pétris pour être : des hommes de bonne volonté et d’espérance.

Les « Habits neufs » du Secours Catholique

Simon Leys me pardonnera je l’espère un titre un peu tapageur, compte tenu de ce qu’il évoque, car il n’y a certes ici aucun tapage à annoncer.

Une remise en ordre peut-être. Et à l’heure où le seul mot de « Catholique » finit, dans un déplorable amalgame, par  être plutôt stipendié, il me semble opportun de donner de l’écho à cette mission concrètement charitable, ancrée tout à la fois dans la réalité politique et sociale et dans celle, infiniment ouverte et tolérante, du message ecclésial d’amour du prochain.

Une mission redéfinie depuis un an par son Président, François Soulage et qu’il a dernièrement, dans  mon journal préféré, fort bien rappelée.

La très large part qu’y prennent nombre de personnes de mon entourage m’y invite aussi, car il semble que, bien trop souvent encore, la notion de charité chrétienne demeure assez obscure pour tout un chacun. La définition d’un bénévole me semble de ce point de vue appropriée : « la charité chrétienne, c’est l’amour de Dieu en action« . L’action ne concerne évidemment pas, ici, la seule aide matérielle ou morale  généralement offerte à chaque personne brisée, mais bien, et c’est là toute la différence, la recherche, en lui, de son humanité.

On a longtemps considéré, et c’est encore le cas dans certaines provinces, que l’oeuvre charitable émanant de  bonnes personnes ne s’adressait d’abord qu’à leurs protégés, jugés par elles dignes de recevoir leur aide et, parfois, leur attention. De ce point de vue, les catholiques ne sont plus,  et depuis bien longtemps, ce qu’ils étaient. Sans doute trouve-t-on encore chez certains intégristes de tels ouvroirs et de  tels censeurs. Je renvoie mes lecteurs au poids de souffrance que ceux-ci infligent encore à notre Eglise.

Le bénévoles du secours catholique, aujourd’hui, sont gens de tous âges, origines et conditions. Ils ont pour mission première de chercher, jusque dans le dernier des exclus, le rebut, le barbare de notre société cette lumière souvent aveugle qui subsiste  chez certains d’entre eux, ce fil ténu qui les relie encore à leur nom d’Homme, dans un monde qu’ils ont rejeté ou qui les a bannis.

C’est donc bien au-delà de l’aide matérielle, souvent substantielle qu’on accorde en général aux malheureux,  que se situe la mission des bénévoles du Secours Catholique.  La nécessité de cette aide leur est dans la plupart des cas signalée par les services sociaux  qui en jugent sur d’autres critères. Il en faut. Tout autant que, budget oblige, il faut pour ces services que la morale s’en mêle. Celle d’une justification. D’un seuil social de pauvreté.  Hors de ce cadre, toutes les charités sont bienvenues, qui donnent. Mais la détresse, pour un catholique, se mesure aussi sur d’autres critères que ceux  de budgets ou de dons requis.

Il y a, face à la Misère, quelque chose d’autiste, un double regard qui fuit.

Grâce soit donc rendue ici à tous ceux qui ont cet élan, ce courage, cette Foi qui leur permet d’aller vers ces gens de la rue, dont j’ai déjà parlé ici,  les plus meurtris, les plus repoussants de cette lie humaine qui nous afflige,  nous indigne ou nous questionne et qui le plus souvent  rejette une aide jugée par d’autres nécessaire.

Grâce  leur soit rendue ici de regarder les pires d’entre eux,  de chercher dans ces visages, ces discours fracassés la trace de ce qu’ils ont été, qu’ils n’ont pourtant pas cessé d’être, ailleurs, ici : ceux de tous les hommes, universels enfants de Dieu.

Catholiques: vers l’unité, la dissidence ou l’abandon ?

J’avais décider d’arrêter, mais là….. L’incroyable remous que provoque la décision de Benoit XVI de lever quatre excommunications,  le jour même du cinquantenaire de Vatican II, appelle à trop de questions.

L’unité des chrétiens était et demeure l’objectif du fameux Concile. Sa modernité et ses bienfaits  semblent  bien mal perçus encore dans l’opinion,  gavée par des medias toujours enclins à forger des catholiques une image archaïque et affligeante  de ce qu’ils ce qu’ils pouvaient être il y a cinquante ans.  Celle de nos intégristes d’aujourd’hui, en somme. Bornés, rétrogrades et surtout politiques.

Reste que ce  groupe dissident est pourtant bien distinct  de la majorité des catholiques de France, moins audibles sans doute.  Ceux-là  ne sont plus appelés en leurs églises que par leur Foi, l’Espérance et la Joie du partage. Sans artifices superflus. Dans des églises qui, par manque de moyens et de vocations tombent parfois en déshérence.

Tel n’est pas le cas en effet des exclus d’aujourd’hui, invités à nous rejoindre demain, qui sont puissants et si fiers, semble-t-il, d’engendrer ce tapage.  L’enjeu est néanmoins de taille : il leur faudra accepter ce que depuis toujours ils refusent : suivre le Magistère, et par conséquent se soumettre aux évolutions du Concile. Que je sache, il n’a jamais été question, à Rome,  d’en abroger l’esprit. Ou du moins pas encore.

Hors l’Eglise, il étaient schismatiques. Dans l’Eglise,  ils risquent bel et bien de d’amener des ruptures. Leur arrogance et leurs certitudes,  manifestes depuis le Motu Proprio, leur permettent de penser,  voire de dire,  qu’après avoir gagné le retour en grâce du rite tridentin ( pourtant jamais  exclus du rituel  concilaire), ils parviendront à obtenir l’abrogation du Concile lui-même.

Notre Dame d'Orcival
Notre Dame d'Orcival

Leurs évêques n’ont jamais levé là-dessus leurs réserves. Je leur dédie cette image de Notre Dame d’Orcival, invoquée pour libérer de toute sortes de carcans.  Celui de leur intolérance  est  fameux.

L’ évêque émérite d’Amiens, Mgr Jacques Noyer, exprimait librement dans sa dernière homélie le sentiment aujourd’hui partagé par un grand nombre d’entre nous.

La jeunesse catholique de France témoigne fort heureusement d’une grande clarté à l’égard de sa religion : ouverture, tolérance, charité,  joie et partage en sont la règle. Ses grands  rassemblements en sont la preuve.  Reste à espérer qu’elle parvienne à éclairer tous ceux dont la vocation  se focalise et s’étrécit  encore sur la voie passéiste des courants dissidents.

Je n’ai pour ma part aucune envie de retrouver dans mon Eglise, que j’ai  récemment retrouvée,  tout ce qui m’en avait éloignée il y a tout juste… cinquante ans. C’est, à mon âge, une arête en travers de la gorge qui dégoûte souvent du poisson.

Ostensions limousines : un rappel septennal à l’unité

Les Ostensions limousines, ou présentations septennales des reliques des Saints limousins,  demeurent  encore pour beaucoup de Limousins eux-mêmes  un  sujet d’intérêt, de conférences sinon de débat.

photo A.Mitteau
Ostensions 2002, Aixe sur Vienne

Leur préparation fait l’objet, tous les sept ans et pendant plus d’un an, d’une mobilisation et d’une effervescence assez remarquables, qui en font, de mon point de vue,  leur principal intérêt.

Dans toutes les communes ostensionnaires,   des groupes se sont constitués, des commissions, des comités ;  les gens se sont rencontrés pour organiser les processions, chants, messes, représentations ; pour fabriquer les décorations mises en place au jour dit pour parer les rues, les façades de fleurs et d’oriflammes. Combien de kilomètres de papier, tissu et fil de fer transformés en roses,  en glycines, en fanions aux couleurs de chaque blason ? Combien d’heures, aux veillées, passées à les confectionner, par des mains de tous  âges ?  Combien de réunions, de recherches, de publications, de communications  ?

Quand les périodes électorales exacerbent les opinions et pointent leurs différences, les années ostensionnaires en lissent les aspérités et exaltent les ressemblances, la tradition, la continuité.

Par-delà toutes les obédiences, intérêts ou croyances, elles ont le pouvoir de rassembler. Ces occasions-là, il ne faut jamais les manquer.

La guerre sans fin des enfants d’Abraham

Une guerre récurrente qui fait chaque jour, et en cette nouvelle année plus encore,  l’objet  de sinistres nouvelles.

Pourquoi d’ailleurs cesserait-elle, dès lors qu’elle est portée par une haine incoercible et millénaire, qui surpasse toujours les efforts portés par quelques uns et des plans de paix qui jamais n’aboutissent ?

Depuis soixante ans qu’il existe, l’Etat d’ Israël a su faire, au milieu des conflits,  fructifier  une terre aride,  éduquer ses enfants, leur donner de créer, dans l’effort et la peine mais, aussi, dans la liberté de sa démocratie, une réussite économique et sociale enviable, une prospérité  perçue sans doute, ailleurs,  comme insolente, puisque, dans cet ailleurs voisin, elle n’a jamais été atteinte.

La Palestine au Ier siècle
La Palestine au Ier siècle

Il y a en Palestine comme partout des hommes de bonne volonté qui grâce à Dieu, échappent à cette haine primale fondée,  souvent,  sur l’envie et la cupidité, presque toujours sur la différence et le déni.  Grâce à Dieu, dis-je, celui d’Abraham et donc celui des Juifs,  des Chrétiens, des Musulmans. O combien désunis, ces enfants d’Abraham…..

Comment les hommes pourraient-ils prospérer dans une Palestine en proie à ses propres fractures ,  pour partie galvanisée par un fanatisme religieux qui  ne tend qu’à aliéner ses libertés ? Dans quel but, quelles perspectives, sinon d’éliminer son proche voisin. Tuer l’Autre.

Israël a de son côté pour devise de ne jamais revivre  Massada

Que peuvent les hommes de bonne volonté accablés par  les coups, chaque fois mortels,  des ripostes  qui suivent les provocations, si ceux qui les dirigent n’acceptent pas, un jour, de se réconcilier ? C’est bien sur cette base, comme le rappelle ici Simone Veil  que s’est construite l’Europe, qui vit en paix.

Il n’est pas vain d’espérer que ces deux Etats, dont l’un n’est que partiellement reconnu, puissent enfin, quelque jour lointain, voisiner en paix.

Mourir est inéluctable. Etre « euthanasié » de plein droit ne doit pas l’être.

Une chance que l’euthanasie (la bonne mort) ne soit pas, dans l’immédiat du moins, en passe de devenir légale en France.  Il n’y aurait rien de plus terrible, à terme, pour notre humanité.

Mourir dans la dignité, comme le souhaite l’Association du même nom, est la préoccupation de chacun. Ce mouvement fut à l’origine, et de ce point de vue, une tentative pour résoudre la pesante question de notre longévité, des accidents de la vie, et surtout de tous les maux qui l’accompagnent ; mais cela devient aussi, fort malheureusement, un encouragement au déni du sens inexorable de la vie, qui est d’abord de VIVRE, ce à quoi s’emploient, souvent fort difficilement, la plupart des êtres humains qui luttent (*) pour elle.

Abréger la souffrance, nous dit-on. Mais il semble pourtant que la science, la médecine et notre législation elle-même en donnent le moyen.

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source : wikicommons

Les cas récents et surmédiatisés de malades incurables réclamant un suicide assisté, les procès liés, depuis des décennies déjà, à ces affaires toujours tragiques qui, les uns et les autres, en appelent à nos émotions rendent aujourd’hui le débat malsain. Cette dictature de l’émotion , pour emprunter à Patrick Verspieren, s.j. et à son excellent article (Etudes, sept 2008, pp.149-152) ne mène plus qu’à une regression complète de tout principe d’humanité, (Jean-Claude Guillebaud), qui repose sur les principes les plus élémentaires de la Morale.

S’il est impensable pour un catholique (mais pour d’autres croyants aussi) d’imaginer donner la mort, fût-elle douce, les libres-penseurs peuvent néanmoins concevoir les dérives qu’une telle législation pourrait induire : la suppression progressive (en douceur) de vies perçues comme pesantes, voire inutiles, dans le champ desquelles s’agglutineraient les trop vieux, les trop malades, les trop déviants, les trop… différents. Cela rappelle des souvenirs plus que fâcheux.….

Dino Buzzati donnait déjà un  aperçu éminemment caustique du sort des premiers dans sa « Chasse aux vieux » (Le K et autres nouvelles, Laffont, 1967) ; caustique, donc, et d’autant plus réjouissant que la morale y reprend ses droits : le jour où le chasseur, devenu vieux, est chassé à son tour. Et cela, c’est inéluctable !

* le terme de recherche « lutte pour la vie » génére des millions d’occurrences francophones sur Google !