Au bonheur de l’esprit français

Je m’interroge en ce dimanche « du Patrimoine » sur l’audience qu’a pu recevoir hier soir la diffusion1 de ce petit bijou fantaisie de Jeanne Labrune. Réalisé en 2001, sous la première présidence chiraquienne, « C’est le bouquet »  nous dépeint avec une drôlerie subtile, assortie de cette finesse propre à l’esprit français, ces fameux « premiers de cordée » dont la présidence Macron voudrait nous imposer le modèle.

Les critiques que l’on peut en voir sur le site d’Allo-ciné ne lui donne pourtant qu’une piètre note, entre 2 et 3 (sur 5, donc moyen). Il est vrai que nos cinéastes, qui depuis des lustres se complaisent dans le malheur, nos édiles dans la laideur et notre presse dans le caniveau, ne donnent guère à voir que haine, violence, sexe, jalousie, guerre, exil et misère qui sont apparemment plus « vendeurs »..

Jeanne Labrune nous fait évoluer ici dans les sphères ouatées de la réussite sociale, du style et de l’élégance, mais elle n’en ménage pas non plus les travers ni ceux de ses personnages qui nous réjouissent à chaque instant par la pertinence de leurs dialogues, l’humour des situations et les rebondissements que suscite l’argument fondateur : un bouquet baladeur dans de beaux appartements haussmanniens.

Une bonne soirée devant la télé, et si loin de la misère du monde, cela valait d’être signalé.

1Chaîne Ciné+ Club

L’horreur médiatique, suite

MV5BMTU0NDA0NDQ3N15BMl5BanBnXkFtZTcwOTQ2NjEyMQ@@._V1._CR0,0,340,340_SS80_Difficile de se passer de lucarne à l’heure des infos, même si l’on sait quasiment d’avance ce qu’on va nous servir. Cela commence dès le matin avec le café et la radio où le ton est déjà donné sur « Les Matins » de ce qui animera la soirée médias. La journée se coule dans ses occupations jusqu’à l’heure bleue d’avant dîner où l’on se rejoint au salon, généralement devant un verre et l’écran des « informations ».

Las ! que de temps perdu pour ces petites dames (I-Télé) ou petits messieurs (BFM-TV) tout imbus de leur petite personne, toujours prêts à sortir leurs griffes pour critiquer, dénoncer, démonter, amplifier, déformer en particulier tout ce qui a été dit, ou fait, en matière de politique, de justice et en général de gouvernement.

Plus tard, à l’heure du dîner, ce sont les vedettes qui prennent leur place sur le parcours quasi obligé des « vingt heures ». Les premiers s’agitaient debout, dans leurs décors d’écrans, les seconds sont confortablement assis devant leur bureau et leur certitude d’être importants et d’être entendus sinon écoutés. Du moins est-ce l’illusion qu’ils s’acharnent à donner. Car tout n’est qu’illusion dans ce rôle savamment construit.

Si rien n’est plus gratifiant pour eux qu’une bonne catastrophe où ils pourront donner toute la mesure de tout ce qu’ils font pour nous aider à la comprendre et à nous y impliquer, leur excitation atteint son comble quand ils peuvent recevoir sur leur « plateau » leurs invités, qu’ils soient pipole ou Chef d’Etat. Quoi de plus médiatique aujourd’hui qu’un pipole sinon notre Président ?

Les pipole invités, ce qui est largement annoncé,  sont rarement là pour être « matraqués », c’est rare, sauf s’ils défrayent la chronique ;  ils font généralement l’objet d’une attention toute particulière sur leur « vécu »,  leur « ressenti » et leurs projets : après tout, ils contribuent à l’audience et servent de faire-valoir à leurs propres interlocuteurs, eux-mêmes déjà pipolisés.

Le Président, c’est autre chose, c’est un véritable nanant pour nos présentateurs vedettes, habilités dans toutes  les cours. A la mesure de ce 4ème pouvoir dont ils sont les représentants, ils piquent leurs banderilles avec allégresse dans le corps même de leurs questions jusqu’à, parfois, la maladresse. Comme sur les bas salaires, tout récemment, si l’on pense à ceux que dénonçait en octobre, à la Cour des Comptes, le regretté Philippe Seguin

Claude Chabrol, il y a longtemps, avait réussi, avec Masques, à dévoiler la face obscure de « gens » qui « font la télé ». Sydney Lumet, avec Network,  nous avait déjà montré bien avant tout ce dont ils seraient capables, jusqu’à cette Mort en direct que Bertrand Tavernier avait mise en images.

Un conseil à mes lecteurs : l’info télé se passe très bien de présentateurs. Euronews l’a bien compris. No comment !

L’Oméga des Océans avec Jacques Perrin

Atlantique au Cap de Bonne Espérance

Comme tous les amoureux de la Mer, j’attends avec impatience la sortie du film documentaire de Jacques Perrin Océans.  Il est probable qu’une fois encore, nous allons assister à un formidable spectacle qui fera rapidement le tour du monde, à l’instar de celui de la planète Pandora, de ses Na’vis, de leurs avatars et de leur forêt perdue.

Ces deux spectacles ont en commun leur plaidoyer pour cette Nature qu’ici et là l’Homme a tendance à exploiter bien au-delà, parfois, de la mesure. J’ignore encore ce que J. Perrin va nous montrer, je n’en ai vu que des extraits : ils sont sublimes de beauté. De beauté vraie. De REALITE.

Les plongeurs, les surfeurs, les marins, les voileux dont je suis n’ont qu’une vague idée de ces réalités splendides mais aussi terrifiantes de ce que sont les océans : on ne peut être partout à la fois ni en même temps. Les lecteurs de Jack London, Pierre Loti, Joseph Conrad, Herman Melville, Victor Hugo ou Paul Valéry et  tant d’autres poètes et écrivains de la mer en ont déjà largement nourri au moins leur imaginaire.

Sans doute avons-nous été abreuvés d’abysses et de tempêtes fictives.
Sans doute avons nous vu aussi beaucoup d’images vraies, de Jacques Cousteau à Roger Pernoud, en passant par tant d’excellents reportages. Mais rien n’arrête notre appétit de nouveauté, puisque la réalité se transforme.

Ces océans que nous verrons bientôt sont le fruit d’un travail assurément exaltant mais aussi difficile et dangereux pour ceux qui l’ont accompli : ce qu’ils nous donneront à voir sera en quelque sorte l‘Omega d’une vision actuelle, pas toujours très réjouissante. Un cri d’alarme, pour que cette lettre grecque qui signe le titre ne soit pas symbole de fin.

Au secours de Pierre Etaix, pour que vole son « papillon »

Pierre etaix au Pont tournant, Bordeaux, 23-26 janvier 2010

On croyait enfin réglés les déboires de ce vieil artiste et ses films à nouveaux visibles. Las, il n’en est rien. Il semble que « Yoyo » soit encore bloqué par l’appel de ses détenteurs. Une vilaine histoire de droits, que j’avais déjà  relatée ici.

Son avocat aurait porté l’outrecuidance jusqu’à lui réclamer, me dit-on, la somme de ses honoraires. C’est lourd quand on est fauché, et qu’on est bien obligé, à plus de quatre vingts ans, de gagner sa vie. Une vie qui n’a pourtant pas démérité et dont l’ensemble des créations devrait au moins lui permettre de jouir d’un certain repos sinon d’une certaine aisance.

Cette question de « droits » est sordide.  Qu’en est-il du droit de l’auteur ?

Jean-Michel Guenassia dont j’évoquais hier le bel ouvrage nous livre des pages superbes sur la vieille cinémathèque parisienne, rue d’Ulm, où les lycéens de mon âge ont fait leurs plus immenses découvertes et tant de  cinéastes leurs premières armes. J’ignore si l’on peut encore voir les films de Pierre Etaix, mais si c’est le cas, il n’en tire aucun avantage et pas le moindre centime.

Le voir sur les planches est aujourd’hui  tout ce  qui reste à son public et son talent n’a pas changé. Certains de toute évidence attendent qu’ils soit mort pour en tirer bénéfice : ils sont détenteurs de ses droits. Ne leur rendons pas ce service : Pierre Etaix est ICI ET IL EST TOUJOURS  VIVANT !

Virus media : Avatars d’un scenario grippé

J’ignore ce qu’à coûté à la production du film  de James  Cameron « ‘Avatar » son plan de communication et peu m’en chaut. Mais il y a toutes les raisons de penser que l’ évident succès du film effacera rapidement les traces de son budget, puisqu’il pulvérise tous les records de recettes. Sans doute est-ce justifié par la nouveauté du « produit » et, en premier lieu, son « efficacité ». C’est là tout le problème de la « com ». Il faut qu’il y ait quelque chose derrière. Quelque chose de crédible.

Etait-ce le cas de la pandémie annoncée ? On peut  se demander s’il ne s’agissait pas tout simplement de transposer dans la réalité une « prédiction » plus ou moins formulée par les web bots du Projet de Conscience globale de Princeton, ou plus sûrement de mettre en oeuvre dans l’urgence l’injonction définie par l‘OMS, dès 2002, d’un plan d’opération tout aussi global pour une pandémie mortelle.

On ne saurait reprocher à nos états libres de prendre en compte la préservation et l’entretien de notre santé : elle est le pôle essentiel de nos vies,  majeur pour celle de nos sociétés.

S’il s’agissait de prévoir le pire d’une épidémie pour pouvoir la « gérer » et c’est bien ce qui,  me semble-t-il a été fait, les dépenses engagées seraient justifiées. Le pire n’étant plus certain, il est aisé à la vulgate d’en souligner aujourd’hui ce qu’il a eu de dispendieux.

Ceux qui nous dirigent sont en permanence confrontés à une opinion critique qui se forge le plus souvent contre eux, selon une loi médiatique commune et implacable avec laquelle ils doivent compter, et qui remet sans cesse en cause la plupart de leurs actes passés,  présents et à venir.

Qu’aurait-on dit, si rien ou trop peu n’avait été fait ?

L’hiver ne fait que commencer et par milliers les gens se confinent dans les salles de cinéma où traînent, comme chacun sait, les germes de divers maux et de leur contagion.

Le dernier avatar de l’Avatar ne serait-il pas de nous faire attraper la grippe ?

Aimer son Ennemi

449px-The_PrisonerDans la tonitruance médiatique des célébrations de Berlin, Arte nous a servi ce soir un de ces contre-exemples qui invitent à la réflexion sur la réalité des choses. Certes son titre assez ridicule « la prison de l’amour » ne laissait rien supposer de la qualité de ce film allemand de Connie Walther (qui sera rediffusé le 15 novembre) et qui nous dit-on scandalisa – on peut a priori les comprendre- les victimes de la Stasi.

Il s’agit là d’une histoire improbable  et pourtant vécue qui défie notre sens commun : celle du coup de foudre réciproque qui saisit dès leur rencontre, au milieu des années 80,  une militante des droits de l’homme arrêtée par la Stasi et son officier interrogateur.

Pendant huit mois, ils s’affronteront lors de son interrogatoire, mené fort courtoisement (rien à voir avec l’ambigü Portier de nuit) et c’est seulement à son terme, une fois le dossier « bouclé » qu’il lui avouera son amour , puis elle le sien,  avant de la mener en prison où elle passera deux ans et demi. Douze ans plus tard, elle parvient à le retrouver : rien dans leur sentiment n’a changé. Lui seul se transforme, conscient enfin de ce qu’il a été et décide, pour la première fois sans doute,  d’assumer  son  choix, libéré grâce à elle de toute influence.

L’amour a ceci de prodigieux qu’il s’installe souvent où l’on ne l’attend pas, par surprise, en somme. Son dard transgresse toutes les lois humaines ne s’attachant, en somme, qu’à celles des cieux , mais  aveugle souvent ses destinataires de leur propre désir. Mais il s’agit ici d’un amour durable, que rien ne semble altérer. L’histoire s’achève comme un conte, par le mariage dix ans plus tard des protagonistes. Vingt deux ans d’amour, en somme, cela n’est pas rien, entre « ennemis ».

 

 

 

 

Tourbillons ibériques : Pedro Almodovar, Carlos-Ruiz Zafon

Ombreduvent

A peine remise du spectacle des  « Etreintes brisées » d’Almodovar, remarquable enchevêtrement de passions humaines et castillanes, je tombe par hasard, comme c’est souvent le cas, sur un livre dont le titre, magique, m’invite à la lecture. Sans doute vais-je apparaître bien naïve aux yeux des hispanistes, et peu « actuelle » aux yeux des autres, mais la culture ibérique m’est,  je l’avoue,  presque étrangère : je n’en connais que les  grandes lignes. Quant à la nouveauté, elle n’a ici aucun sens : les bons livres n’ont pas d’âge. Et celui de Carlos-Ruiz Zafon (2001) pourra se lire encore longtemps.

Cette « Ombre du Vent » plonge le lecteur dès les premières lignes dans ce qu’il  convient d’appeler un émoi haletant et une insatiable curiosité : il ne s’agit ici que de livres oubliés, de passions,  littéraires et humaines et du fil ténu qui sépare et relie le réel de l’imaginaire autour d’une même histoire,  en progrès,  que renouvellent chaque fois de nouveaux éclairages. Sans doute n’y a-t-il là rien d’exceptionnel, –  l’auteur, plein d’un humour sagace, n’hésite pas à évoquer dans ses pages Hector Malot !-(même si l’on pense à Kurosawa) , et l’humour qui fait une part inhérente du livre, comme Barcelone elle-même,  certains personnages mythiques de la littérature hispanique, la fluidité du style – et, il faut le souligner, la remarquable traduction de François Maspéro en font, de mon modeste point de vue, un ouvrage à lire, à faire lire et à conserver.

Certains n’ont pas hésité à dire que Carlos-Luis Zafon avait reçu le Prix Planeta, par confusion sans doute avec son éditeur (Planeta). Je me réjouis en tous cas d’apprendre que ce jeune auteur prolixe a rencontré avec ce livre,  qui n’est pas le dernier sans doute de ses livres pour adultes,  (il a surtout écrit pour la jeunesse)  un succès considérable, bien avant celui emporté – post mortem – par Stieg  Larson dont j’ignore s’il n’est pas, lui, finalement mort usé d’avoir dénoncé le vice et l’horreur qu’il voyait partout.

Certains tourbillons sont plus gratifiants que d’autres, et quitte à briser là quelques heures ou encore quelques jours,  voilà deux voyages qui valent, sincèrement,  le détour….

Soutien à Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière !

Affiche réalisée par Pierre Etaix pour le Festival du Cirque de Nexon
Affiche réalisée par Pierre Etaix pour le Festival du Cirque de Nexon

J’ignorais jusqu’à ce soir les malheurs de Pierre Etaix ,  qui a illuminé nos scènes mais aussi nos écrans  de quelques films merveilleux dont la production devenue défaillante détiendrai encore des droits devenus incessibles. C’est du moins ce que j’ai compris.

J’y suis d’autant plus sensible qu’il fut longtemps  familier du Limousin  qui l’accueillit, à Nexon,  avec son épouse Annie Fratellini pour y fonder leur fameuse Ecole du Cirque, qui devint par la suite un véritable Festival.

Revoir Yoyo, mais aussi Le Soupirant ces petits chefs d’oeuvre d’humour tendre serait nous dit-on devenu impossible.

J’invite donc mes lecteurs à se signaler au plus vite pour que soit sauvés de l’oubli et rendus de nouveau visibles ces fruits si savoureux d’une collaboration sans faille et témoins d’un temps sans doute révolu mais d’une   fraîcheur,  d’un talent et d’une grâce sans âge.

La pétition est en ligne : http://www.ipetitions.com/petition/lesfilmsdetaix/

La pipe de M. Hulot : quand la précaution devient censure, on frémit.

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une Américaine apparemment "résistante"

Il y a une petite dizaine d’années déjà, on avait « effacé » sur une célèbre photo la cigarette d’André Malraux, incorrigible tabagique,  à l’instar de presque tous ses contemporains.

Aujourd’hui, c’est à la pipe de Monsieur Hulot, qu’on s’en est pris à ce qu’en disait aujourd’hui sur France-Culture,  une descendante de l’auteur. On se croirait chez Georges Orwell, dans ce 1984 où s’affairent dans de sinistres bureaux tous ceux qui ont pour mission de réinventer chaque jour l’histoire, l’économie et les statistiques, le plus souvent en effaçant ce qui pourrait nuire à ces images fabriquées.

Pour emprunter à Pierre Assouline : « Vite, aux abris ! »

Vincent Van Gogh, par lui-même
Vincent Van Gogh, par lui-même

Je ferai court, prise que je suis par une véritable nausée de cette bien-pensance immonde qui émascule un peu plus chaque jour tout ce qui chez nous a couleur de virilité, à commencer par le courage d’affronter la réalité. Celle, pour le moins, qui fut.

Je laisse seulement imaginer à quelles retouches il faudrait  procéder pour gommer ce qui a été représenté. Ah oui, ils ont fumé !

N’y-a-t-il  vraiment aujourd’hui rien de plus urgent à faire  qu’à « rectifier »  les « erreurs » passées ?

Catholiques (suite) : vers un nouveau Concile ?

le Vatican
le Vatican

C’est la question que je me pose après avoir entendu fortuitement, ce matin, sur les ondes de France Inter, un de ces débats  limités qui les animent régulièrement. Il faut dire que les hôtes étaient choisis : Jean-Pierre Mignard, Président de Désirs d’Avenir, et Frédéric Lenoir, philosophe dont l’Oracle della Luna ne m’avait pourtant pas déplu et qui, entre autres, dirige Le Monde des religions,  et qui en appelaient à Vatican III.

Les Catholiques font débat, à cause d’un Pape qui n’est assurément pas conforme à l’image qu’il lui conviendrait de donner aujourd’hui à un public élargi,   croyant ou non.  Jean-Paul II était populaire ; il est clair que Benoît XVI ne l’est pas. Il fut pourtant, on ne le rappellera jamais assez , l’un des artisans novateurs de Vatican II.

Décidément, ce Concile à qui je dois,  comme beaucoup, d’avoir après bien des années d’absence finalement rejoint l’Eglise, semble toujours pour certains un sujet de fracture. Une auditrice très âgée, 92 ans, s’interrogeait ce matin sur la désertion des églises après Vatican II. Mais avait-elle oublié que la guerre, déjà, s’en était chargée ?

Vatican II n’était-il pas, déjà, la réponse à une attente d’ouverture et de modernité que soulignait,  on ne peut plus intensément dix ans avant, l’étonnant ouvrage de Béatrix Beck, ce Léon Morin, prêtre que Jean-Pierre Melville nous rendit immuable sous les traits facétieux et charmants d’un Jean-Paul Belmondo tout regonflé du souffle qu’il avait perdu peu avant chez  Godard ? Il faut relire ce petit livre dont l’auteur s’est récemment éteinte : il est d’une étonnante actualité :  même si l’époque a bien changé, les chemins de la Grâce, et de la conversion, eux ne varient certainement guère. Il lui faut bien, à l’origine, quelque Beauté, qu’elle soit du corps, qu’elle soit de l’âme, puisque la Beauté,  dont le Démon imite  si bien les traits, n’est pourtant que de Dieu Lui-même.

Quant à cette mission, que le prêtre Morin va s’appliquer à mener dans la campagne en cette fin d’Occupation, elle est plus que jamais d’actualité quand on mesure la pénurie, la déshérence de nos paroisses rurales en temps ordinaire.

Ce n’était pas le cas cette année au temps de Pâques, dans nos églises, en Limousin  où l’on célèbre les 71 èmes Ostensions de nos Saints. Les fidèles y furent nombreux à témoigner de leur Foi.