Millenium, suite : de la valeur inestimable du mariage

J’ai déjà*, dans un précédent billet, abondamment critiqué ce nouveau « block buster » de la littérature suédoise devenu international et dont chacun ou presque connaît à présent la teneur ou l’histoire. Ce frémissant thriller est donc devenu, tant pour ses éditeurs que pour les ayant-droit de son défunt auteur, un inestimable trésor, sordide objet de convoitise et de rapacité.

On nous dit qu’à Stockholm, on se déchire autour d’un prétendu « testament » de l’auteur, trouvé par sa compagne depuis trente ans, elle-même désavouant ce qui lui restait de famille qu’il avait écarté depuis bien trop longtemps. Il n’avait, à vingt ans, pas grand chose à léguer. Il n’imaginait pas non plus qu’il mourrait à cinquante en auteur à succès, sans le savoir, et sans en profiter.

J’imagine assez bien ce que coûte à sa compagne la démarche de tout créateur : de temps, de présence, de sollicitude et d’abnégation. D’amour, en somme. Car tout se fait, tout se peut, par amour. Surtout quand l’amour se partage. Mais dans ce cas précis, je doute qu’il le fut.

A vingt ans, M. Larson pensait à laisser son peu de biens à un groupe communiste. Du moins manifestait-il là ses choix, et ses volontés.

A quarante, il vivait depuis plus de quinze ans avec une femme qu’il aimait peut-être, qui l’aimait sans doute, puisqu’elle était encore à ses côtés dix ans après. Il n’a jamais pensé alors qu’il pourrait disparaître un jour en la laissant dehors, puisqu’elle vivait chez lui.

Nos lois, ici ou là, ont inventé des subterfuges pour tous ceux qui ne voient dans le mariage qu’entraves et obstacles à toutes leurs libertés. Le « pacs », testament et autres donations leur permettent a minima de protéger cet autre si fragile quand survient le départ, la mort ou l’abandon. Sans s’engager plus loin.

Ce sont paradoxalement ceux pour qui le mariage n’a pas vocation à (pro)créer qui en revendiquent le droit : sans doute ont-ils saisi quelle en est l’inestimable valeur : celle de la construction , évolutive et modulable d’un sentiment qui s’épanouit ou se flétrit au gré de la volonté et de la responsabilité de chacun. Une construction qui peut être durable, si l’on en fait le voeu. A deux.

M. Larson a eu l’honneur de ne pas demander la main de sa compagne. Les communistes suédois pourront se réjouir du cadeau qu’il leur a laissé …..si toutefois ils peuvent justifier qu’ils en sont bien destinataires. La famille, quelle qu’elle soit, a encore des droits.

* sur ce blog : Millénium : Stieg Larson ou la fascination du mal

Publié par

Céleste Brume

quelques mots, au coin du bon sens...que je ne cesse de ressasser depuis.... le piège de Chirac en 2002, le matraquage anti-Sarkozy en 2007, le matraquage pro-Hollande en 2012 et le triomphe de la com' Macron en 2017. Pour que la France DEMEURE.

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