Sale temps pour Claude Allègre, et pour le bon sens !

 

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Digue d’Ostende, par Luc Viatour

Claude Allègre était hier invité chez Guillaume Durand, comme « Objet de scandale » et je ne comprendrai décidément jamais ce que viennent faire les gens sérieux sur certains plateaux-télé, où  l’art des animateurs consiste à leur éviter de finir leurs phrases, et donc de se justifier.

Mais en fin de compte, le jeu de Guillaume Durand pour le dérouter fut assez habile et Claude Allègre assez madré pour en tirer, à terme,  quelque avantage de plus à l’écoute qu’il suscitait déjà.  Il est apparu clairement au spectateur doué de raison que le fin fonds de tout le problème de ces catastrophes que l’on ne peut éviter réside avant tout dans le gâchis de tout ce qui nous informe à grand prix sans être suivi de l’ACTION concrète et urgente que cette connaissance impose.

Le bon sens n’est plus de saison, je m’époumonne ici à le répéter, ce que fait d’une autre manière M. Allègre, comme l’an passé Laurent Cabrol, puis  tant d’autres avec lui. Et c’est bien là que réside l’imposture qu’il dénonce et qui agite notre dénommé « Journal de référence » (ce n’est pas La Croix, dommage) où les commentaires sont souvent savoureux.

Le catastrophisme ambiant n’est rien qu’une nouvelle culture de soumission, à l’instar de toutes les modes qui viennent, et passent. Mais celle-là ne semble pas près de lasser.

La Nature, qui n’est pas nécessairement bonne ni stable, tend cependant  vers l’équilibre. Certaines espèces, dont l’Homme, peuvent s’adapter à ses caprices. C’est toute la démarche de la connaissance, du progrès et des solutions que quelques  hommes peuvent apporter. D’autres espèces, dont certains  hommes, n’y parviennent hélas  jamais.

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Classé dans Actualité, medias, Presse

Les grenouilles et le Président, une histoire française

Je n’ai rien à imaginer : Esope puis La Fontaine ont déjà tout dit de ce qui agite les peuples définitivement frustrés de ce qu’ils possèdent déjà. Mais je suis excédée  de voir et d’entendre traîné dans la boue, l’invective et jusqu’à la disgrâce le premier de nos citoyens, en charge de notre destinée de Français – fût-elle à présent réduite à seulement deux ans.

Sur ses épaules tombent toutes les calamités : la crise – mais nous sommes déjà « en crise » depuis maintenant 40 ans -, la chute des cours, la chute des corps, les calamités naturelles, industrielles, agricoles, alimentaires, sanitaires, culturelles, sociales, politiques  et judiciaires. C’est bien simple, tout ce qui en France est mauvais, jusques au temps qu’il fait (quand il n’est pas beau) : c’est la faute à Sarkozy.

C’est un peu court. C’est lassant. Et c’est injuste.

Depuis que  je vois passer des Présidents, soit depuis près de quarante ans, c’est tout de même la première fois que j’ai vu, en celui-ci, un homme capable d’aller chercher où elles étaient des compétences reconnues qui n’étaient pas, a priori, de son bord, ni de son clan.

Mais Grands Dieux ! Qu’a-t-il fait  !  Qui peut,  en France, considérer que la compétence puisse, en la matière,  surpasser l’esprit de chapelle ? Chacun d’y voir quelque tournure forcément suspecte, un pied de nez désobligeant à l’Opposition, en tous cas de sournoises manoeuvres. Rares, voire inexistants sont ceux qui trouvent dans la démarche une tentative louable de résoudre,  enfin, ce qui en ce vieux pays semble a priori  insoluble : la question vitale du changement, de l’adaptation dont toutes nos structures ont besoin.

Las ! Notre Président est tombé dès le premier soir sur l’écueil impardonnable  (pour la presse et autres medias) d’avoir fêté sa victoire ailleurs que dans son PC de campagne, au Fouquet’s de tous les pipoles. Il en a même « remis une couche » en préférant, pour ses premières vacances , la compagnie d’un autre Président universellement détesté au séjour balisé de Fort Brégançon. Enfin, il a conquis le coeur d’une des plus belles femmes de France,  de  surcroît « riche et célèbre ».

C’était décidément trop pour les grenouilles,  dont on ignore, au fond, ce qu’elles attendent.  Que tout change ?  Que tout redevienne au moins « comme avant »  ? Avant quoi ? Où est ce paradis perdu qu’aucune politique n’est capable de rendre ? On n’a jamais « rasé gratis ». Ceux qui en font la promesse, celle qu’ils essaient de  vendre à chaque élection, se gardent bien de dire qui en paiera le prix, puisqu’il sera payé par d’autres.

Plus de la moitié de notre pays  se gargarise déjà d’une victoire d’opposition aux régionales : mais quelle victoire ? Les régions sont DEJA dans l’opposition. Le rôle premier de l’opposition en ce pays est de s’opposer. Quoi qu’il en coûte.  Il ne s’agit pas de voter pour un programme (quand il y en a un), encore moins pour un candidat, mais d’abord CONTRE M. Sarkozy.

Triste tropisme, qui charrie sur les ondes et dans la presse l’incessante et pesante animosité de ceux qui les animent, réclamant à corps et à cris cet autre roi bien pire que  Jupin, dans la fable, leur envoie.

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Journaliste (F. Aubenas)ou philosophe (BHL) : l’expérience contre le discours

Florence Aubenas était ce matin l’invitée de Marc Voinchet, animateur des Matins. Son dernier livre « Quai de Ouistreham » en a fait d’ailleurs, depuis sa sortie,  l’invitée de tous les plateaux et colonnes.  Il n’y a pourtant rien de nouveau dans sa démarche : Simone Weil, Madeleine Delbrel et tant d’autres se sont immergés, pour les comprendre et les soulager,  dans des vies qui n’étaient pas les leurs. Aujourd’hui et pour quelques temps, Florence Aubenas devient un nouveau centre d’intérêt du microcosme médiatique. Comme le fut, il y a quelques jours encore, le jalousé  Bernard Henri-Lévy. Pensez-donc : une journaliste qui fait, honnêtement,  son métier : 6 mois d’enquête sur le terrain obscur de la réalité,  si loin du confort et du conformisme germanopratins, il n’en faut pas moins pour susciter tant de curiosité, de doute et de suspicion.

Nos éditocrates des Matins, par ailleurs chroniqueurs patentés  qui émargent dans bien d’autres rubriques,  n’en sont pas encore revenus. D’abord qu’on ne l’ait pas reconnue quand elle s’est présentée, au Pôle emploi de Caen, sous sa véritable identité.  Mais quoi d’étonnant, en vérité.  Un agent du Pôle, face à la file d’attente et aux dossiers qui s’empilent peut-il imaginer un seul instant qu’une personnalité, quelle qu’elle soit, se soit glissée dans la peau d’une chômeuse en quête de n’importe quel emploi ? C’est oublier bien vite toute l’acuité de la fameuse « Lettre cachée ». L’évidence le plus souvent nous échappe. La réalité aussi, quand elle est traduite par ceux qui la commentent de loin.

Marc Voinchet, parangon de la culture Radio toujours si prompt à s’ imposer dans l’interview, ne parvient pas à comprendre que l’enlèvement si médiatisé dont Florence Aubenas fut victime n’ait pas fait l’objet de sa part d’un quelconque ouvrage, où elle se serait racontée. Il comprend mal, en somme, qu’elle n’en ait pas tiré profit.

Le profit que va générer ce livre, des lecteurs du Monde  ne manquent pas de s’en indigner. Comme cette Louise, prétendument auteur(e) qui livre (22/02) une critique acerbe du travail accompli. Mais l’eût-elle fait ? Peut-être, pour un bon prix ? Les bobos toujours prêts à la critique ne le sont pas nécessairement à s’engager ailleurs que dans leurs discours, de préférence dans de beaux quartiers.

S’il est vrai, et c’est probable, que 20 % de la population française connaît le même sort que  celui des travailleurs précaires,  confinés aux tâches les plus ingrates acceptées, le plus souvent,  de bonne grâce dans l’espoir qu’elles serviront peut-être de tremplin vers un emploi meilleur ou plus durable, il est tout aussi vrai que cette réalité du monde est invisible pour ceux qui le dominent. Comme demeurent invisibles les anonymes, les petits, les sans grade largement décrits et soutenus par un Victor Hugo dont le mode de vie était au demeurant fort éloigné du leur.

Mes lecteurs s’étonneront sans doute de ma réaction : oui, j’écoute France Culture, malgré tout. Il est important de savoir comment, en haut, on perçoit le monde ; de savoir dans quel prisme il est déformé et, le connaissant, d’y échapper.

Il y a dans notre pays quantité de salariés et plus encore de bénévoles qui sont confrontés chaque jour à tous les degrés de la précarité sociale, à tant de vies si modestes, invisibles.  Ils  savent mieux que personne de quelles désillusions, de quel courage, de quels espoirs, de quels bonheurs  aussi  ces vies  sont faites. On ne peut négliger une nouvelle expérience qui a au moins le mérite de les faire connaître pour ce qu’elle sont, réellement.

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Retraites : La pertinence d’Alain Rémond

Oui, mes lecteurs le savent, je suis fan d’Alain Rémond. Aujourd’hui, il résume mieux que quiconque, dans son billet quotidien de La Croix,  le véritable enjeu des retraites.  Avec une (syl)logique implacable, il parvient au constat tout aussi implacable que l’on ne peut, chez nous, rien changer à rien.

Face à l’imbroglio des régimes de retraites, des inégalités voire des privilèges qui les caractérisent, la seule issue possible pour éviter une agitation toujours prompte serait encore, nous dit-il,  de supprimer carrément les retraites.  Cela reviendrait à  supprimer  le travail et par conséquent le chômage. Qui s’en plaindrait ?

Las, l’humour n’est jamais de saison quand il s’agit d’effleurer seulement quelques avantages acquis. On imagine avec quel émoi les futurs retraités de la fonction publique verraient  leurs pensions calculées sur 25 ans de carrière comme ceux du secteur privé.  Encore ceux-là auront-ils bien de la chance de pouvoir aligner le nombre requis d’annuités au-delà de leurs 50 ans dans un pays, le nôtre, où cet âge devient fatidique pour trouver, hors le champ politique,  un quelconque emploi salarié.

Car en matière d’emploi, donc de retraite, le champ politique reste une opportunité, nos territoires en sont la preuve. Nul n’ignore, cela est public, les avantages liés à certaines fonctions au demeurant fort contraignantes. Celles des élus en particuliers dont une partie de la mission, au service certes du plus grand nombre, consiste aussi à s’y maintenir. Pour certains, on peut comprendre pourquoi.

C’est aussi, n’en doutons pas, un des enjeux de nos campagnes (électorales). Il y s’agit aussi d’emplois.

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Information: entre le buzz, l’émotion et la rumeur du complot, la réalité a rarement le dernier mot

Sur Arte cette semaine, la tentative de Daniel Leconte de déjouer les pièges de la désinformation n’aura guère retenu l’attention : 2% d’audience contre 27,4 pour le Dr House. C’est dire tout l’enjeu de l’information.  Un enjeu dont se « foutent »  la plupart des gens qui ne mesurent malheureusement pas les conséquences de ce qu’ils subissent et à quoi cela peut (encore)  les  mener.

David Pujadas, désormais « pure people » mais  libéré ici par le micro de Denis Jeambar,  est tout d’un coup remonté dans mon estime : j’ai bu du miel en entendant ses propos et ceux de ces journalistes  prétendument « en colère », mais surtout affligés de ne pouvoir exercer leur métier autrement que de la façon à quoi les contraint le « marché » , du moins celui des radios-télés. : au plus bas niveau de l’émotion, de la bonne conscience, du micro-trottoir, du bon conseil et du mode d’emploi, bien loin devant la rigueur de l’enquête,  la réserve et l’analyse qui restent encore les vrais critères, du moins pour une certaine presse écrite qui attire cependant de moins en moins de lecteurs. M. Pujadas devrait retourner aux écritures, moins lucratives sans doute que la télé, mais il s’y sentirait bien mieux.

L’imposture et la manipulation  dévoilées dans cette « Théma » ont un bel avenir. Pour n’être pas nouvelles, elles ont aujourd’hui l’avantage jamais atteint de pouvoir  diffuser leur venin instantanément,  dans le monde entier et dans toutes les langues et de moduler les opinions. La théorie du complot, quel qu’en soit l’objet,  fait florès et, comme les pires rumeurs,  parvient presque toujours à déjouer toutes les manifestations factuelles de la vérité objective en s’appuyant sur des témoignages, documents ou rapports soi-disant cachés. « La vérité est ailleurs » pour les chercheurs de type  X-files, et pour quantité d’entre nous, assaillis par le doute face aux contradictions de l’information.

J’avoue avoir été sidérée en recevant dernièrement un film sur le 11 septembre. Le montage en était parfait. L’illusion  du « complot » aurait pu marcher si je n’avais pas eu la chance d’être entourée de spécialistes de résistance des matériaux pour qui la cause (de l’effondrement rapide des tours) est entendue.

Quant à la grippe et ses vaccins, vecteurs de calamiteuses  rumeurs, rien ne permettra jamais à ceux qui les ont propagées de les détromper : le discernement et l’analyse sont assez mal enseignés ou mal pris en compte.

En matière de manipulation et de fabrique d’opinion publique, tout est donc possible et malheureusement, sans limite.

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Classé dans Actualité, Information, Investigation, medias, société, télévision

Loto : l’ISF des pauvres

Il est devenu difficile aujourd’hui pour un Parisien d’échapper à l’ISF s’il possède depuis cinquante ans,  dans un bon quartier,  un appartement de  100 m2 souvent acheté à crédit. Cela n’en fait pas pour autant une personne fortunée, mais  il se retrouve simplement taxé à hauteur du prix du mètre carré. Sans doute sa participation à cet impôt sur la fortune est-il sans commune mesure avec ce que rapporterait la part des vraies fortunes, pour la plupart exilées à l’étranger pour y échapper.

De fait, l’ISF ne rapporte pas grand chose à l’Etat : dans les 3 milliards d’euros par an, soit à peu de choses près quasiment la même chose que… le Loto qui lui peut rapporter gros, puisqu’il touche près de 30 millions de joueurs à 6 euros par semaine en moyenne. Sans doute, cela permet-il de « financer » quelques gros gagnants, pas plus de quelques dizaines, mais surtout d’apporter à nos finances un apport presque équivalent  (2,5 milliards d’euros en 2008) à celui de l’impôt précédent.

J’imagine la stupeur de l’opinion si l’on devait lui annoncer que pour financer le chômage, les retraites ou la formation, l’Etat allait prélever à ces 30 millions de joueurs  seulement 10 euros par mois  (ce qui  lui en rapporterait au bas mot 36 milliards par an) !

Le rêve n’a pas de prix,  et si l’on considère aujourd’hui l’addiction dans laquelle tombent souvent  les plus démunis qui, sans plus rien à perdre, engagent dans des mises leurs derniers liards, c’est pour mieux développer d’autres pistes pour les piéger à moindre frais.

La Française des Jeux est en quelque sorte  un des fleurons de nos entreprises. Contrôlée par l’Etat à 72 %, elle emploie 945 salariés et représente un modèle de productivité et de rentabilité, comme on peut le constater sur ce compte-rendu de commission du Sénat.

Le sens et le goût du jeu,  quel qu’il soit,  est inhérent à notre nature et contribue à nous former. Pourtant, du simple défi aux jeux de l’esprit, en passant par la compétition sous toutes ses formes, il nous ramène bien souvent à la « Case départ » comme au jeu de l’oie. Tenter sa chance est une chose à laquelle sans doute nul n’a échappé au moins une fois.  Parier peut même, comme nous l’a si bien démontré  Blaise Pascal, nous transcender. Mais c’est là une tout autre histoire.

Celle du Loto est celle de la maigre chance offerte à ceux qui n’attendent plus grand chose d’eux-mêmes ni des autres. Il n’y a dans ce  » jeu » ni compétition ni défi, qu’une attente inquiète ou se reconstitue sans cesse un rêve inabouti.

Certains gagnent, il est vrai, ce qui nourrit l’espoir des autres. Ceux-ci font à présent l’objet d’un véritable « suivi », à l’instar de tous les rescapés. Car si la fortune sourit, dit-on, aux audacieux, elle désarçonne le plus souvent ceux que rien n’y a préparés. Les plus habiles d’entre eux auront au moins la certitude de rapporter, à terme, une belle contribution à l’Etat qui, d’un bout de la chaîne à l’autre, est toujours le véritable gagnant de l’enjeu.

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Elections régionales : savoir pour quoi l’on vote, avant même de savoir pour qui !

Hôtel de région du Languedoc, par Ricardo Boffil

Hôtel de région du Languedoc, par Ricardo Boffil

Les élections, quelles qu’elles soient, sont toujours un moment privilégié et excitant dans nos démocraties. Cette mise aux enchères publiques de pouvoirs et de projets, c’est finalement nous, électeurs,  qui en serons les maîtres. Notre choix nous appartient. Ce n’est pas celui des partis qui, chacun à leur manière, mais rarement avec réserve ou modestie, essaient de capter ce vote que nous détenons.

Faut-il voter aveuglément pour un parti au prétexte qu’il nous représente ? Je n’en suis pas si sûre. Mieux vaut d’abord s’assurer qu’il ne nous a pas, déjà, trompé. Et dans le cas présent, dans nos régions.

Depuis 2004, elles appartiennent toutes (sauf deux) aux tenants de l’opposition. La majorité n’a donc plus rien à y perdre, puisque son pouvoir est ailleurs.

La première question qui doit se poser, me semble-t-il, à l’électeur -et c’est en tous les cas la mienne- est : que fait pour moi, pour nous, notre région, et à quel coût. Ce coût, c’est nous qui l’assumons, quasiment à tous les titres et à tous les niveaux, des impositions locales à la contribution de l’Etat (DGF). La seconde question est de considérer l’évolution même de ces dépenses au cours du dernier mandat, sachant qu’elles ont globalement plus que doublé (117 %) en 10 ans. La troisième enfin est d’étudier ce que les candidats  proposent, et surtout à quelles conditions.

Quels que soient les partis, c’est toujours avec l’argent des autres, le nôtre, que sont financés leurs projets. Quant au vote, n’en déplaise à ceux qui s’en abstiennent, il demeure pour le citoyen-payant,  à peu de choses près,  le seul moyen de contrôle, d’approbation ou de sanction des dépenses dont il fait les frais.

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Classé dans Actualité, politique

Vivre simplement

Vivre simplement, c’est à quoi nous invitent les rédacteurs du dernier numéro de Croire aujourd’hui. Sans doute est-ce bien légitime, puisque nous entrons bientôt en Carême, temps de retraite intérieure et collective pour les chrétiens qui préparent dans la pénitence, la prière et l’aumône la Résurrection de Pâques. Pour autant, je suis étonnée de cette invite, tant il me semble naturel, pour un chrétien comme pour la plupart des croyants, de vivre simplement, c’est-à-dire en deçà de tout ce que notre société nous impose, quasiment, de consommer à outrance ou sans réelle nécessité.

Sans doute sommes-nous confrontés, à certains âges de la vie, à toutes formes de compétitions : pour les adolescents, objets d’un vaste marché, elle est plus rude encore que pour les adultes formés et  libérés en partie – mais en partie seulement, de cette contingence que représentent pour les premiers leur  identité à trouver et pour les seconds leur place à marquer. Les uns et les autres sont, à longueur de temps, matraqués par les courants de mode, les nouveautés, les gadgets et autres produits qu’il faut posséder pour être soi-disant « reconnu » ou « admis » dans tel ou tel groupe, ou se maintenir dans telle  coterie. Ces vanités auxquelles peu échappent dans la première partie de leur vie deviennent plus facilement caduques avec l’âge, mais surtout hors des villes où se concentrent ce genre de défis.

Sans doute les croyants ne sont-ils pas plus épargnés que les autres de toutes ces sollicitations, mais j’observe néanmoins que la spiritualité qui les guide les protège souvent des abus d’une consommation immodérée d’objets et de services nouveaux soumis en tous lieux à leur attention.

Il est de bon ton aujourd’hui de prôner ce qui est durable, d’en appeler à l’économie de ce qu’on a des années durant assez largement gaspillé, comme nos énergies, mais il ne faudrait tout de même pas sombrer dans un autre excès, car il s’agit bien là de nouveaux marchés  soumis comme les autres aux contraintes , aux  enjeux et au public qu’ils visent, le plus large possible.( Se ruiner dans une construction bio-écologique ou se passer d’un sèche-linge fort utile avec des enfants est de ce point de vue signifiant).

Vivre simplement, ne serait-ce pas, d’abord,  vivre selon ses moyens, au plus près de sa nécessité,  en accord avec  son environnement naturel et prioritairement  humain ? En ce temps où notre monde est ouvert à toutes les formes de communications et de solidarités,  ne serait-ce pas avec son propre voisin qu’il s’agirait d’abord d’échanger, avant d’aller parfois très loin proposer une aide qui serait  bienvenue déjà tout près de chez soi ?

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Européens : le bonheur dans la bulle

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Peter de Hooch, Joueurs de cartes

87 % des Européens avouent qu’ils sont heureux. C’est ce que  signale un de ces sondages dont notre opinion est friande. Les Belges, pourtant divisés,  le reconnaissent même à 94 %. Cela ressemble à une bonne nouvelle, en ces temps toujours incertains qu’agite quotidiennement l’annonce des maux du monde. Même si la notion de « bonheur », à l’échelle de ce baromètre, semble confirmer qu’il n’a rien d’éthéré et qu’il se confine plutôt dans la satisfaction de besoins souvent très matériels et de désirs plutôt concrets.

Sans doute n’est-il pas  neutre, ce sondage lancé par une marque de boisson , mais il souligne,  assez curieusement, que les jeunes (15-19 ans) sont plus heureux (96 %) que les vieux. Curieusement, parce qu’à cet âge où l’on se cherche sans nécessairement se trouver, la vie est souvent pesante, l’avenir flou,  les amours incertaines et les boutons désespérants. Du moins était-ce ainsi de mon temps où l’on ne vivait pas encore coincé dans sa « bulle », lié en permanence, avec ou sans fil,   à nos parents, amis et autres « réseaux sociaux ».

L’argent et ce qu’on peut en faire garde pour beaucoup un aspect fascinant, et le gain au Loto un rêve récurrent, même si l’amour et la famille  représentent pour la plupart  la condition première d’un bonheur qu’ils possèdent ou espèrent trouver. Si un grand nombre ne reste pas indifférent aux misères du monde,  ce que prouve une générosité  rarement prise en défaut, c’est le plus souvent sur leur propre cocon et leur épanouissement personnel, que se fixe leur attention.

Le bonheur se définit de tant de manières qu’il semble improbable à mesurer. Celles et ceux qui ont échappé à un quelconque massacre, une catastrophe, un accident, une maladie et que l’on qualifie le plus souvent de rescapés – pour ne pas dire miraculés- ceux-là vivent d’abord plus intensément que les autres, en mode aigü, le « bonheur » d’être tout simplement en vie. Cela n’est pas forcément durable, comme en témoigne le syndrome du survivant dont ils sortent souvent affectés.

Nos pays d’Europe sont libres,  accueillants, paisibles et agréables à vivre pour la plus grande partie de leurs ressortissants. La majorité d’entre eux, tous âges confondus, y coulent des jours  heureux bien abrités dans leurs cocons. A cet égard les Bulgares, Européens depuis trois ans, se montrent un peu plus exigeants : ils considèrent significativement  que le bonheur passe par la découverte (les voyages) et le don de soi (bénévolat). Voilà qui est plutôt réjouissant. Mais qu’en sera-t-il dans dix ans, et même avant ?

Pour autant nous leurrons pas : ce sondage  n’a d’autre  finalité que d’étudier plus en amont les parts d’un gigantesque marché où le partage est surtout fondé sur celui des boissons que l’on consomme, où, comment et avec qui.  Et pour la célèbre marque, d’en imposer.

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Classé dans société

L’horreur médiatique, suite

MV5BMTU0NDA0NDQ3N15BMl5BanBnXkFtZTcwOTQ2NjEyMQ@@._V1._CR0,0,340,340_SS80_Difficile de se passer de lucarne à l’heure des infos, même si l’on sait quasiment d’avance ce qu’on va nous servir. Cela commence dès le matin avec le café et la radio où le ton est déjà donné sur « Les Matins » de ce qui animera la soirée médias. La journée se coule dans ses occupations jusqu’à l’heure bleue d’avant dîner où l’on se rejoint au salon, généralement devant un verre et l’écran des « informations ».

Las ! que de temps perdu pour ces petites dames (I-Télé) ou petits messieurs (BFM-TV) tout imbus de leur petite personne, toujours prêts à sortir leurs griffes pour critiquer, dénoncer, démonter, amplifier, déformer en particulier tout ce qui a été dit, ou fait, en matière de politique, de justice et en général de gouvernement.

Plus tard, à l’heure du dîner, ce sont les vedettes qui prennent leur place sur le parcours quasi obligé des « vingt heures ». Les premiers s’agitaient debout, dans leurs décors d’écrans, les seconds sont confortablement assis devant leur bureau et leur certitude d’être importants et d’être entendus sinon écoutés. Du moins est-ce l’illusion qu’ils s’acharnent à donner. Car tout n’est qu’illusion dans ce rôle savamment construit.

Si rien n’est plus gratifiant pour eux qu’une bonne catastrophe où ils pourront donner toute la mesure de tout ce qu’ils font pour nous aider à la comprendre et à nous y impliquer, leur excitation atteint son comble quand ils peuvent recevoir sur leur « plateau » leurs invités, qu’ils soient pipole ou Chef d’Etat. Quoi de plus médiatique aujourd’hui qu’un pipole sinon notre Président ?

Les pipole invités, ce qui est largement annoncé,  sont rarement là pour être « matraqués », c’est rare, sauf s’ils défrayent la chronique ;  ils font généralement l’objet d’une attention toute particulière sur leur « vécu »,  leur « ressenti » et leurs projets : après tout, ils contribuent à l’audience et servent de faire-valoir à leurs propres interlocuteurs, eux-mêmes déjà pipolisés.

Le Président, c’est autre chose, c’est un véritable nanant pour nos présentateurs vedettes, habilités dans toutes  les cours. A la mesure de ce 4ème pouvoir dont ils sont les représentants, ils piquent leurs banderilles avec allégresse dans le corps même de leurs questions jusqu’à, parfois, la maladresse. Comme sur les bas salaires, tout récemment, si l’on pense à ceux que dénonçait en octobre, à la Cour des Comptes, le regretté Philippe Seguin

Claude Chabrol, il y a longtemps, avait réussi, avec Masques, à dévoiler la face obscure de « gens » qui « font la télé ». Sydney Lumet, avec Network,  nous avait déjà montré bien avant tout ce dont ils seraient capables, jusqu’à cette Mort en direct que Bertrand Tavernier avait mise en images.

Un conseil à mes lecteurs : l’info télé se passe très bien de présentateurs. Euronews l’a bien compris. No comment !

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